Le rapport gouvernemental calcule les bénéfices de l’adhésion tchèque à l’UE

Photo: Barbora Kmentová

Cette année, dix ans se sont écoulés depuis l’adhésion tchèque à l’Union européenne. A cette occasion, le gouvernement a publié un rapport officiel qui calcule les bénéfices de l’appartenance du pays à l’UE. Radio Prague a évoqué les principales conclusions de ce rapport avec un de ses auteurs, l’économiste Aleš Chmelař.

Aleš Chmelař, photo: CEPS
« La conclusion principale de ce rapport c’est qu’il y a beaucoup de choses dans l’Union européenne dont profite la République tchèque sans qu’on le voit. On voit les transferts directs du budget européen. Ce que l’on voit moins, ce sont toutes les transactions qui n’auraient pas eu lieu et la stabilisation du pays qui n’aurait pas lieu sans que la République tchèque ne rejoigne l’UE en 2004. »

Ce rapport, qui s’intitule « L’évaluation économique des dix années de l’adhésion tchèque à l’UE », présente en une centaine de pages une grande quantité de données dont Aleš Chmelař sélectionne l’essentiel :

« Le chiffre phare du rapport, c’est trois mille milliards de couronnes (environ 110 milliards d’euros) dont la République tchèque a indirectement bénéficié de par son adhésion à l’UE. Ceci s’ajoute aux fameux 333 milliards de couronnes (environ 12 milliards d’euros) dont on a profité grâce aux transferts directs du budget européen. A ces 333 milliards on peut aussi ajouter des 72 000 ou 74 000 emplois créés, des milliers de maisons reconstruites, des milliers de kilomètres de routes construites et reconstruites. Mais cela sont des chiffres de comptabilité. On voulait démontrer qu’il y a aussi des transferts invisibles de l’économie elle-même. Par exemple, chaque année on bénéficie seulement de l’existence du marché unique à hauteur de 100 milliards de couronnes (3,7 milliards d’euros), ce qui n’est pas négligeable car il s’agit environ de 2 % du PIB tchèque. »

Le rapport est organisé en plusieurs chapitres selon les différents scénarios qui explorent chacun un degré différent de l’engagement tchèque au sein de l’UE. Aleš Chmelař poursuit :

Photo: Barbora Kmentová
« Quand on regarde l’appartenance de la République tchèque à l’UE, on peut se demander, s’il n’y avait pas eu une stratégie meilleure que celle que l’on avait choisi. Nous voulions démontrer qu’il n’y avait pas un seul chemin. On aurait pu se positionner de la même manière que la Suisse ou bien on aurait pu participer à l’intégration européenne un peu plus comme le fait la Slovaquie ou de manière moyenne comme la Pologne. Ainsi, nous voulions savoir ce que l’UE a apporté à la République tchèque dans le niveau actuel de son implication et quelles seraient les alternatives. Je pense que l’existence de ces alternatives constitue le seul moyen pour démontrer qu’il y a une marge de manœuvre pour améliorer la situation de la République tchèque. »

Le rapport se veut être une contribution au débat plus large sur l’avenir de l’implication tchèque au sein de l’UE. A l’instar de la Pologne ou de la Slovaquie, la République tchèque nécessite alors, selon Aleš Chmelař, un débat rationnel portant sur les coûts et les bénéfices de son appartenance à l’UE. Même si le rapport envisage plusieurs scénarios, dont un qui serait la sortie de l’UE, il en découle qu’une attitude proactive serait toujours plus bénéfique au pays car elle lui permettrait de participer à la négociation des mesures ; des mesures que la République tchèque devra de toute manière appliquer.