Le vin tchèque à l’honneur à Paris

Photo: www.czechcentres.cz/paris

La cinquième édition de la Fête du printemps se tenait, mardi, au Centre culturel tchèque à Paris. A cette occasion, et comme chaque année désormais à l’approche du printemps, un jury composé de sommeliers français et tchèques établit un classement des meilleurs vins tchèques et moraves en concours. Après une présélection à Prague, environ 70 vins blancs, rouges et pétillants sont donc dégustés en présence d’un public français curieux et intéressé, comme nous l’a confirmé Jitka de Préval, directrice du Centre tchèque :

« Effectivement, ce concours attire tous les ans une grande attention du public, aussi bien des amateurs qui veulent découvrir des vins un peu ‘extraordinaires’ qu’ils ont rarement l’occasion de goûter que des professionnels. Cette année, nous nous sommes adressés à pratiquement tous les cavistes de Paris, nous espérons donc qu’ils viendront participer en tant que témoins mais aussi déguster les meilleurs vins tchèques et moraves. Et puis ce concours est surtout très intéressant pour les sommeliers français qui ont désormais bien compris que le vin et sa production se mondialisaient et sont donc amenés à connaître d’autres régions viticoles que les françaises. Cela leur permet d’approfondir leurs connaissances et d’avoir un savoir-faire pour notre région, l’Europe centrale, où les vins sont quand même différents. Ils peuvent ainsi ensuite à leur tour faire découvrir à d’autres les qualités de ces vins-là. »

-D’une manière générale, depuis cinq ans qu’existe le concours, quels sont les types de vin tchèque les plus appréciés par les sommeliers français ? On sait que la République tchèque est plus réputée pour ses vins blancs que rouges. Retrouve-t-on cet a priori également dans les appréciations du jury ?

« C’est tout à fait vrai. Les vins blancs tchèques sont très bien notés, ils reçoivent même parfois des notes d’excellence. Par contre, les vins rouges sont toujours à la traîne, et ce pour une simple raison qui est le manque d’ensoleillement. Le terroir tchèque n’est pas propice aux vins rouges qui ont besoin de mûrir plus longtemps. Mais les vins qui battent vraiment les records d’appréciation, ce sont les vins de paille, des vins doux où les Tchèques ont maintenant un très grand savoir-faire. Ces vins-là sont très appréciés. »

-On peut donc dire qu’il n’y a absolument rien de paradoxal au fait que des vins tchèques soient présentés en France…

« Non, ce n’est pas du tout paradoxal, d’autant plus que d’après ce que j’entends depuis cinq ans, le vin est souvent produit par des jeunes viticulteurs qui ont appris les meilleures techniques et technologies. Ils se sont renseignés auprès des grands maîtres. Il s’agit d’une technique traditionnelle mais appliquée dans des conditions souvent meilleures, supérieures, car des investissements de départ importants ont été effectués. Le vin produit et sélectionné vaut vraiment les meilleurs vins français. Je parle bien évidemment toujours des blancs, laissons les rouges de côté. C’est pourquoi l’organisation de notre concours n’a rien de paradoxal, au contraire. Nous espérons toujours que nos viticulteurs seront capables de produire en quantité suffisante pour que les vins puissent être exportés. Car c’est là aussi un problème : pour l’instant, les quantités produites ne permettent pas de les exporter massivement. »