Les chansons qui ont accompagné la Révolution de Velours

Unos 10 000 mil estudiantes realizaron una marcha a la céntrica Plaza Venceslao...

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la musique ou plutôt la chanson a été une partie importante des journées mémorables de novembre 1989 qui ont donné le coup d’envoi à la chute du régime communiste. Pour ceux qui les ont vécues, certaines chansons demeurent inséparablement liées aux événements de l’époque et aux lieux où elles ont retenti, chantées par des solistes ou par la foule, le plus souvent par les deux.

La place Venceslas en novembre 1989
La place Venceslas est la principale place de la capitale tchèque, qui se trouve au cœur de la ville et qui est souvent désignée comme les Champs Elysées de Prague. C’est un large boulevard avec nombre de palais et bâtiments de valeur, bordé de deux rangées de tilleuls et fermé dans sa partie supérieure par le Musée national. C’est aussi un centre très animé de la vie sociétale et commerciale. Le haut de la place est dominé par la statue équestre dédiée à Saint-Venceslas, patron des pays tchèques. La place Venceslas – Václavské náměstí – a été le témoin de plusieurs événements marquants de l’histoire du pays. Il n’est guère surprenant que cela soit sur cette place que les Pragois se sont rassemblés en novembre 1989 pour protester contre le régime communiste. Lors d’une des premières manifestations augurant la chute du régime détesté, toute la place chantait la chorale consacrée justement à Saint-Venceslas. Faut-il ajouter que l’émotion était au rendez-vous ?

Jaroslav Hutka, photo: CTK

Au fur et à mesure, la place Venceslas, aussi grande soit-elle, s’est avérée trop petite pour accueillir les foules qui voulaient dire non au régime communiste. Ainsi les manifestations dont Prague a été le témoin au cours de la fameuse « semaine de novembre 1989 » se sont déplacées sur la grande esplanade de Letná, située non loin du Château de Prague, et qui avait été auparavant le lieu des grands rassemblements communistes. La chanson qui y a retenti le plus souvent s’appelle « Náměšť ». Son interprète Jaroslav Hutka venait juste de rentrer de son exil hollandais. On écoute un enregistrement authentique.

Karel Gott et Karel Kryl, photo: CTK
Karel Kryl est un autre chanteur qui, après l’occupation du pays par les chars soviétiques en 1968, avait décidé de quitter le pays. Lors de son retour à Prague, 21 ans plus tard, les Pragois lui ont réservé un accueil plus que chaleureux. Sur la tribune, devant quelques centaines de milliers de personnes, il a chanté aux côtés de Karel Gott, « chanteur de tous les régimes », l’hymne national qui était à l’époque encore commun pour les Tchèques et les Slovaques.

Marta Kubišová et Václav Havel
Ecoutons pour finir cette émission par la chanson Prière pour Marta qui est devenue une sorte d’hymne des journées révolutionnaires de novembre 1989. Avec cette chanson, son interprète Marta Kubišová, interdite pendant les vingt années de la normalisation communiste, est réapparue sur le devant de la scène.