Les décrets du président Benes de nouveau sur le tapis

Edmund Stoiber à Nuremberg, photo: CTK

Les appels à l'abrogation des décrets du président Benes ont de nouveau retenti, le week-end écoulé, aux journées sudéto-allemandes, à Nuremberg.

Edmund Stoiber à Nuremberg, photo: CTK
Le ministre allemand de l'Intérieur, Otto Schily, et le Premier ministre bavarois, Edmund Stoiber, ont invité à Nuremberg à l'abrogation des décrets du Président Benes qui avaient créé, rappelons-le, un cadre juridique au transfert des Allemands des Sudètes et à la confiscation de leurs biens. Les deux politiciens se sont cependant abstenus d'en faire une condition à l'entrée de la Tchéquie dans l'Union européenne. Edmund Stoiber, candidat de l'opposition CSU au poste de chancelier fédéral aux législatives automnales, est cependant prêt à faire de la question sudéto-allemande une question européenne. Il veut que la Tchéquie se montre distante de cette partie de son passé. L'attitude des Tchèques envers les décrets est, selon Stoiber, un critère de leur capacité et de leur maturité d'entrer dans l'Union. Une critique sévère a été adressée par lui aux politiciens tchèques pour leurs déclarations sur les Allemands des Sudètes, plus particulièrement pour celle du vice-premier ministre, Vladimir Spidla. Celui-ci a dit, au journal Suddeutche Zeitung, que le transfert des Allemands était une source de paix dans l'après-guerre. En ce qui concerne les dernières déclarations du chef de la CSU, Vladimir Spidla juge qu'elles dépassent le cadre de la déclaration tchéco-allemande de 1997 qui est un document réglant les rapports réciproques et que les deux parties se sont engagées à respecter. D'autres politiciens tchèques ont réagi aux appels du Premier ministre bavarois à l'abrogation des décrets Benes en indiquant qu'ils ne négocieront plus avec personne à ce sujet... Un appel à la compréhension, au respect et au dialogue a été tout de même fait à Nuremberg : dans le cadre des journées sudéto-allemandes, une messe a été célébrée par l'archevêque d'Olomouc, Jan Graubner. Il est d'ailleurs le premier ecclésiastique tchèque à l'avoir fait.