Les défis à relever pour la social-démocratie tchèque

Photo: Filip Jandourek, ČRo

Dans cette nouvelle revue de presse, nous évoquerons d’abord le regard d’un politologue sur les défis à relever par le Parti social-démocrate (ČSSD). Un autre politologue, dans un entretien publié dans un magazine très lu, analyse, lui, l’intégration européenne. Nous nous intéresserons également à ce qu’il en dit, comme à une information relative au commerce de différents articles à l’effigie de personnages controversés de l’histoire, parmi lesquels Adolf Hitler. Enfin, les arbres fruitiers qui sont menacés par les caprices de la météo ou encore le renouvellement de la culture des asperges en Tchéquie feront l’objet également de notre attention.

Photo: Filip Jandourek, ČRo
Après les différents rebondissements dont la scène politique tchèque a été le théâtre ces deux dernières semaines, et dont le Parti social-démocrate a été un des principaux acteurs, la question se pose de savoir si le principal parti de la coalition gouvernementale s’apprête à retrouver un second souffle ? C’est du moins la question qu’a soulevée le politologue Lukáš Jelínek dans le journal en ligne Deník Referendum :

« Ce qui intéresse les électeurs, ce ne sont pas les différentes pirouettes qu’effectuent les politiques, mais les démarches concrètes. C’est pourquoi le ČSSD se doit d’achever le travail qui a été entrepris jusqu’à présent par le cabinet de Bohuslav Sobotka tout en préparant sa campagne électorale qui devrait reposer sur des thèmes socio-démocrates authentiques : les droits sociaux, le développement des services publics, la suppression des écarts entre un groupe restreint de fortunés et les groupes défavorisés. Seule une social-démocratie défendant ce type de programme sera lisible pour les gens et en mesure de renouer avec ses précédents succès. »

Par ailleurs, il convient de faire comprendre à l’opinion publique que l’actuelle crise gouvernementale est un combat pour le caractère politique et démocratique du pays. Tel est, toujours selon le politologue Lukáš Jelínek, un des principaux défis que les sociaux-démocrates sont aujourd’hui appelés à relever. Ils n’y parviendront toutefois que s’ils forment un parti fort et stabilisé.

A qui plaisent les tee-shirts à l’effigie d’Adolf Hitler ?

Photo: Naše vojsko
Des tee-shirts et des tasses à l’effigie de Tomáš Garrigue Masaryk, Saddam Hussein, Marilyn Monroe, Miloš Zeman ou encore Vladimir Poutine… Et, tout dernièrement, ces mêmes articles portant les portraits de Staline, Hitler et Reinhard Heydrich. C’est ce que propose la maison d’édition Naše vojsko (Notre armée) dans sa librairie à Prague et sur internet. L’hebdomadaire Respekt a apporté plus d’informations à ce sujet:

« Naše vojsko publie en premier lieu des livres avec des thèmes militaires. La maison d’édition a suscité la controverse pour la première fois l’année dernière en publiant le livre Mein Kampf le jour de l’anniversaire d’Hitler. Comme l’ouvrage était accompagné, tel un avertissement à ses lecteurs, d’une préface signée d’un avocat et de l’Union tchèque des combattants pour la liberté, sa publication ne pouvait faire l’objet d’une accusation pour propagation du nazisme. A ce jour, près de 25 000 exemplaires ont été vendus. En ce qui concerne la vente de tee-shirts et de tasses à l’effigie de hauts dignitaires nazis, elle a soulevé les protestations de toute une série d’associations, de survivants à l’Holocauste et de combattants antifascistes. »

Le propriétaire de la maison d’édition incriminée se félicite quant à lui de l’intérêt accru des clients et du succès commercial de ses activités, plusieurs centaines de personnes ayant acheté différents de ces articles controversés en l’espace de deux mois. Pour lui, il ne s’agit pas de néonazis, mais de gens ordinaires qui veulent tout simplement se rappeler certains chapitres de l’histoire ou monter un canular. Evidemment, cet avis est loin d’être partagé par tout le monde. D’ailleurs, comme le remarque le magazine Respekt, la police, qui examine le dossier, pourrait considérer la chose comme une infraction à la loi.

Un des regards qui dénoncent l’Union européenne

Alexander Tomský, photo: Alžběta Švarcová, ČRo
« Nous n’avons pas besoin de vivre dans un empire supranational. » Telle est l’idée qui est défendue, dans la dernière édition de l’hebdomadaire Reflex, par le politologue et éditeur tchèque Alexander Tomský, qui a passé une importante partie de sa vie en Grande-Bretagne et qui, dès son retour au pays, s’est fait connaître comme un des adversaires déterminés de l’Union européenne (UE). Alexander Tomský explique pourquoi il estime que la République tchèque pourrait bien vivre en étant isolée :

« On trouve beaucoup de petits pays comme le nôtre dans le monde qui se passent d’une telle appartenance. Il n’est pas nécessaire de faire partie d’un empire, que ce soit pour des raisons économiques ou sécuritaires. Un empire porte préjudice à l’économie parce qu’il est trop grand et trop bureaucratique, mais aussi parce que, tôt ou tard, il stagnera comme toute grande entreprise. Un empire ne se maintient qu’à la force de son pouvoir qui n’est pas démocratique. Il va de soi que les Etats nouent des alliances en matière de sécurité, mais l’UE s’est formée sur un complexe hérité de la Deuxième Guerre mondiale et en se faisant une fausse idée de ce qu’est le nationalisme. »

Toujours selon Alexander Tomský, le Brexit est un tournant historique, car il marque le début de l’éclatement de l’UE. Et quelle idée qui devrait être soutenue par l’ensemble de « l’intelligentsia raisonnable » le politologue se fait-il de l’avenir ? Il affirme voir celui-ci comme un marché libre, un Conseil de l’Europe sans subventions, sans intégration, sans Parlement européen et sans 55 000 bureaucrates trop payés.

Mauvaise saison pour les arbres fruitiers

Photo: Archives de Radio Prague
Les caprices de la météo inquiètent les arboriculteurs tchèques, plus particulièrement ces derniers jours, et ce même si la production nationale de fruits ne couvre qu’une faible partie des besoins des consommateurs tchèques. L’éditorial publié dans une des dernières éditions du quotidien Mladá fronta Dnes a rapporté :

« Après un mois de mars très chaud, les températures nocturnes ont fortement baissé, devenant même souvent négatives au petit matin. Un temps pluvieux et venteux associé à des températures très basses compose un cocktail très nuisible, voire même fatal, pour certains arbres fruitiers. Un nouveau retour du gel autour des Saints de glace, comme cela se produit souvent, signifierait une bonne fois pour toutes que les récoltes de fruits seront très mauvaises cette année. Les abricotiers et les pêchers, et dans une moindre mesure les cerisiers, les poiriers et les pruniers, seront plus particulièrement touchés. Comme elle l’a déjà été à plusieurs reprises ces dernières années, c’est la région de la Moravie du Sud qui est la plus touchée par ces caprices de la météo.»

L’ampleur des dommages pourra être estimée plus précisément lors des semaines à venir. Le journal note cependant qu’en l’état actuel des choses, les pertes seront inférieures à celles enregistrés l’année dernière, quand les basses températures avaient duré plus longtemps au printemps et endommagé la quasi-totalité de la récolte prévue des fruits.

L’asperge, un légume que les Tchèques apprennent à apprécier

Photo: Ivana Vonderková
Le quotidien économique Hospodářské noviny s’est penché sur la culture de l’asperge, un légume qui n’était pas très recherché jusqu’à peu encore, mais que les Tchèques ont découvert ces dernières années et qu’ils continuent d’apprendre à apprécier. Le journal rappelle que les champs d’asperges qui s’étalaient dans la région de Mělník, en Bohême centrale, ont été supprimés au début de l’ère communiste, avant d’être renouvelés dans les années 1990 essentiellement par des cultivateurs néerlandais. Depuis, les asperges sont cultivées et vendues avec succès par un producteur local. Le journal précise:

« C’est par hasard que l’entrepreneur Jiří Šafář est devenu le plus important producteur tchèque d’asperges. Après avoir acheté une entreprise néerlandaise au bord de la faillite en 2012, il a récolté et vendu tout ce que ses prédécesseurs avaient cultivé. Depuis, il récolte chaque année, entre fin mars et fin juin, des centaines de tonnes d’asperges, dont un tiers est destiné à l’export, surtout vers l’Allemagne voisine. A noter que les restaurants en Tchéquie et en Allemagne respectent un accord tacite qui veut qu’ils ne peuvent proposer de l’asperge à leurs clients qu’à compter de la mi-avril. »

Enfin, le journal remarque que l’asperge se vend à bien meilleur marché sur le marché tchèque qu’à l’étranger, et ce histoire de ne pas décourager les clients pour lesquels les bas prix constituent un critère déterminant dans leurs choix d’achats. Malgré ce constat, l’unique grand producteur d’asperges en République tchèque entend désormais s’orienter davantage sur la clientèle locale.