Les œuvres de Jan Zrzavý de retour au château de Telč

La galerie du château de Telč présente une trentaine d’œuvres de Jan Zrzavý

L’artiste tchèque Jan Zrzavý (1890-1977) est de retour au château de Telč après près de 20 ans d’absence. La galerie du château présente depuis le 22 juillet et pour tout le reste de l’année une trentaine de ses œuvres, dont certaines n’ont pas été exposées au public depuis longtemps. La ville Renaissance de Telč a fait partie des nombreuses sources d’inspiration de cet artiste considéré comme une des personnalités clés de l’art moderne tchèque.

Jan Zrzavý au château de Telč | Photo: Galerie nationale de Prague

Reconnaissable à son béret noir et à sa barbe blanche, Jan Zrzavý a été un des habitants emblématiques du quartier de Malá Strana à Prague, jusqu’à sa mort en 1977. Mais ce peintre emblématique de l’entre-deux-guerres est également associé à la France, et tout particulièrement à la Bretagne, devenue sa terre promise et le sujet d’innombrables tableaux. Même plus tard, lorsqu’il vivra à Prague et décidera de ne plus retourner en France suite aux Accords de Munich, il continua de peindre des ports avec des barques, des maisons bretonnes, et autant de thèmes liés à cette région qu’il portait dans son cœur.

Adam et Eva au château de Telč | Photo: Institut national du patrimoine,  CC BY-NC-ND 4.0 DEED

Mais la France n’était pas la seule source d’inspiration de celui qui est parfois considéré comme le plus breton des peintres tchèques. La ville de Telč, située dans sa région natale de la Vysočina, l’a également été : son attachement à cette petite cité Renaissance s’est encore renforcé après sa rencontre avec l’intendant du château d’alors, un certain Bohumil Norek qui lui fit découvrir une statue d’Adam se dressant dans la cour principale.

Jan Zrzav 'Cléopâtre',  1942–1957 | Photo: Galerie nationale de Prague

Entre 1988 et 2007, la galerie du château de Telč a exposé l’artiste. Puis plus rien. Les travaux d’aménagement effectués au château pour faire revivre sa galerie d’exposition ont permis d’envisager ce retour des œuvres de l’artiste, grâce à une collaboration fructueuse avec la Galerie nationale. De nombreuses œuvres, certaines rarement voire jamais montrées au public, comme une de ses trois « Cléopâtre » ou le portrait de mademoiselle Tydlitatova, pas exposée depuis 80 ans, y sont à voir depuis une semaine. Commissaire d’exposition de la Galerie nationale, Alice Němcová développe :

Alice Němcová  (à droite) | Photo: Luboš Pavlíček,  ČTK

« J’aimerais que l’on considère Zrzavý dans toute sa complexité et dans toute son ampleur, que l’on commence à comprendre qu’à travers ses autoportraits, la représentation de lui-même sous les traits d’un homme ou d’une femme, Zrzavý mettait un masque. Mais ce masque dévoilait paradoxalement certains fragments de sa personnalité. »

Que ce soit via ses tableaux ou via des archives, l’exposition de Telč entend permettre aux visiteurs de découvrir davantage l’artiste-peintre né il y a 135 ans :

« Nous avons également des enregistrements de la Radio tchécoslovaque grâce auxquels vous pouvez écouter Jan Zrzavý qui raconte différents épisodes de sa vie. »

Il en va ainsi de cette archive sonore où Zrzavý raconte la tristesse de son premier Noël à Paris.

Le portrait de mademoiselle Tydlitátová | Photo: Galerie nationale de Prague

Intitulée « Rêve de réalité » et ouverte toute l’année, l’exposition est divisée en dix parties ou chapitres qui guident le visiteur à travers les thèmes clés de l’œuvre de Zrzavý, des autoportraits à ses toiles inspirées par l’œuvre de

Léonard de Vinci, en passant par les premières œuvres de la période de son appartenance à l’association artistique, Sursum. Ne sont pas oubliés les motifs bibliques et les paysages paradisiaques, qui débouchent sur des tableaux de la Bretagne, étroitement liés à sa perception de sa région natale, la Vysočina.

Les œuvres de Jan Zrzavý au château de Telč | Photo: Luboš Pavlíček,  ČTK
Auteur: Anna Kubišta | Source: iROZHLAS.cz
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