Les pays du V4 inquiets pour l’unité de l’Union européenne

Robert Fico, Beata Szydlová, Bohuslav Sobotka et Viktor Orbán, photo: ČTK

Les chefs de gouvernement des quatre pays du groupe de Visegrád (V4) étaient réunis ce mercredi à Prague. La rencontre a permis au premier ministre tchèque Bohuslav Sobotka de passer symboliquement le relais de la présidence du groupe à la Pologne tandis que le premier ministre slovaque, Robert Fico, effectuait sa première visite officielle à l’étranger depuis sa réélection en mars dernier. Au menu des discussions entre les quatre dirigeants : les questions européennes et évidemment la problématique des réfugiés.

Robert Fico, Beata Szydlová, Bohuslav Sobotka et Viktor Orbán, photo: ČTK
La position de la Hongrie, de la Pologne, de la Slovaquie et de la République tchèque n’a pas évolué et leurs chefs de gouvernement l’ont rappelé à nouveau à Prague ce mercredi : les quatre pays centre-européens sont opposés à la réforme du droit d’asile voulue par l’Union européenne et évidemment à la répartition obligatoire des réfugiés via des quotas.

Pour autant, les uns et les autres ont semblé vouloir nuancer leur approche de cette crise migratoire qui les agite tant depuis de longs mois pour mettre l’accent sur les sujets qui divisent actuellement et menaceraient l’Union européenne. Il a notamment été question de la possibilité du Brexit, à deux semaines du vote des Britanniques sur leur maintien ou non au sein des Vingt-Huit. Le groupe de Visegrád voit d’un mauvais œil l’éventualité d’une UE rétrécie à Vingt-Sept, comme l’a déclaré le premier ministre tchèque Bohuslav Sobotka :

« Lors de nos discussions ce mercredi sur les questions européennes, nous avons exprimé l’intérêt commun que nous avons à ce que la Grande-Bretagne reste dans l’Union européenne. La Grande-Bretagne est un partenaire important en Europe et nous pourrons mieux faire face aux défis qui se posent à l’Union européenne si le Royaume-Uni reste en son sein. »

Remarqué pour ses saillies offensives à l’encontre de l’accueil des réfugiés, le premier ministre slovaque Robert Fico, qui déclarait par exemple récemment que « l’islam n’a pas sa place en Slovaquie », estime que le scénario d’une fragmentation de l’Europe est aujourd’hui plus probable que celui d’une intégration plus approfondie. C’est peut-être pourquoi l’homme politique, dont le pays prend la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne dans trois semaines, a semblé vouloir faire preuve d’ouverture envers les autres pays européens :

Bohuslav Sobotka et Robert Fico, photo: ČTK
« Nous aimerions remettre à l’ordre du jour européen des sujets positifs. Sur des sujets aussi sensibles que les migrations, nous serions heureux de pouvoir nous concentrer sur les choses sur lesquelles nous pouvons trouver un accord et de mettre de côté les choses qui nous divisent. Parmi les choses positives, il y a par exemple la décision politique de mettre en place un corps européen de gardes- frontières et de garde-côtes. Faisons en sorte de réaliser ensemble ce projet. »

Réélu au mois de mars dernier et désormais à la tête d’une coalition comprenant son parti social-démocrate SMER-SD et d’autres formations dont les nationalistes du Parti national slovaque (SNS), Robert Fico effectuait ce mercredi son premier voyage officiel à l’étranger. La première visite du premier ministre slovaque s'effectue traditionnellement chez le voisin tchèque. M. Fico avait planifié un premier voyage en avril, mais avait dû y renoncer pour des soucis de santé.

Avec son homologue tchèque, il a pu évoquer le sujet de l’énergie, les deux pays ayant fait le choix du nucléaire, et les transports. Une thématique qui tenait particulièrement à cœur à Bohuslav Sobotka :

Photo: Phil Richards, CC BY-SA 2.0 Generic
« A mon avis, il est possible de communiquer de façon intensive sur la question de la modernisation des liaisons ferroviaires. Nous travaillons actuellement sérieusement à la possibilité de raccorder la République tchèque à l’Europe de l’Ouest avec des lignes à grande vitesse. Nous souhaitons construire le tronçon entre Berlin et Prague et travailler sur la ligne existante entre Prague, Brno et Bratislava. La question de la modernisation du corridor ferroviaire entre la frontière slovaque et Bratislava est, dans ce cadre, très importante. Il s’agit d’améliorer la capacité et la vitesse sur la ligne entre Břeclav et Bratislava et c’est l’une des priorités pour la communication entre nos deux pays. »

M. Fico et M. Sobotka ont également eu l’occasion d’évoquer les commémorations que leurs pays organisent conjointement en 2018 : celles du centenaire de la naissance de l’Etat tchécoslovaque et celles du cinquantenaire de l’écrasement du Printemps de Prague par les troupes du pacte de Varsovie.