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3) Mariánské Lázně : cette année à Marienbad

Mariánské Lázně

Après avoir visité, dans le cadre de notre série estivale, les villes d’eaux de Karlovy Vary et Františkovy Lázně, nous allons nous rendre à Mariánské Lázně, pour l’ultime étape de la découverte du fameux « triangle thermal » de Bohême de l’Ouest.

Chacune de ces trois villes possède un (ou plusieurs) monuments emblématique(s) qui, mis à part leurs sources minérales, font leur réputation. Ainsi, à Karlovy Vary, ce serait probablement l’Hôtel Pupp ou la statue du chamois sur un rocher qui surplombe le centre-ville, tandis que Františkovy Lázně, a pour symbole la statue d’un petit garçon, František (François), qui n’est pas sans rappeler le Manneken-Pis de Bruxelles et que les femmes touchent à un endroit précis pour tomber enceintes.

La fontaine chantante | Photo: Miloš Turek,  Radio Prague Int.

La ville de Mariánské Lázně, quant à elle, est réputée par sa fontaine chantante : une attraction touristique plutôt moderne, car elle n’a été inaugurée qu’en 1986. La fontaine joue chaque heure impaire un morceau de musique classique et s’illumine le soir venu.

Une station thermale bicentenaire

Mariánské Lázně en 1899 | Photo: public domain

Mariánské Lázně (connue aussi sous le nom allemand de Marienbad) est une ville de 13 000 habitants située à 170 km à l’ouest de Prague. Elle fait figure de la deuxième cité thermale du pays, après celle de Karlovy Vary. Son histoire est relativement récente : Mariánské Lázně a reçu le statut de commune en 1808 et dix ans plus tard, en 1818, elle a été consacrée ville d’eaux.

Mariánské Lázně | Photo: Klára Stejskalová,  Radio Prague Int.

Mariánské Lázně doit son importance et sa réputation à la multitude de ses sources thermales : elles sont une centaine à jaillir dans les environs de la ville-spa, entourée des collines de la belle forêt de Slavkovský les. La ville elle-même est riche de 40 sources, dont 6 sont curatives, utilisées pour soulager diverses affections, cardiaques, rénales, digestives, gynécologiques, respiratoires ou métaboliques, ainsi que les maladies de la peau. Chargées en gaz carbonique, les sources de Mariánské Lázně ont la particularité d’être toutes froides, à la différence de celles de Karlovy Vary. Pour les bains curatifs, l’eau minérale doit donc être réchauffée.

Mariánské Lázně | Photo: Klára Stejskalová,  Radio Prague Int.

Parcs et palais en lieu et place des marais

Le buste de Johan Josef Nehr à Mariánské Lázně | Photo: Brück & Sohn,  Wikimedia Commons,  public domain

Ce sont les moines prémontrés du monastère de Teplá, situé non loin de la future cité thermale, qui ont découvert les vertus des sources locales, mentionnées dans des documents pour la première fois au XVIe siècle. Barbora Tintěrová du Bureau d’information touristique de Mariánské Lázně explique :

La statue de Karel Kašpar Reitenberger à Mariánské Lázně | Photo: Brück & Sohn,  Wikimedia Commons,  public domain

« Le médecin du monastère Johan Josef Nehr, ainsi que l’abbé Karel Kašpar Reitenberger ont testé les sources au début du XIX siècle. Ils les ont analysées et ont commencé à les exploiter. Ces deux hommes, ainsi que l’architecte paysagiste Vaclav Skalník qui a créé le vaste parc de la ville, sont considérés comme les fondateurs de la cité thermale de Mariánské Lázně. Václav Skalník a réalisé un travail impressionnant, en transformant les marais qui se trouvaient ici en un magnifique jardin anglais. Il a d’abord créé le parc autour duquel ont été ensuite construits les bâtiments. »

Mariánské Lázně | Photo: Kateřina Ayzpurvit,  Radio Prague Int.

Hôtes prestigieux

Mariánské Lázně en 1920 | Photo: public domain

Avec sa colonnade aux voûtes métalliques, ses magnifiques édifices néo-classiques et Art Nouveau, ses pavillons, parcs, statues et fontaines, Mariánské Lázně nous rappelle à chaque coin de la rue son passé glorieux. En effet, la cité a toujours attiré des hôtes prestigieux, parmi lesquelles le roi d’Angleterre Edouard VII, Goethe et Chopin qui y ont vécu, chacun pour sa part, des histoires d’amour qui les ont profondément marqués, Mahler, Nietzsche, Tolstoï, Edison, Freud, Kipling, Kafka ou Twain.

La statue de J. W. Goethe à Mariánské Lázně | Photo: Soňa Vaicenbacherová,  ČRo

Si, dans les Nouveaux Bains, on trouve aujourd’hui encore des bains romains ou une Cabine impériale qui accueillaient les têtes couronnées, un circuit pédestre intitulé « Stezka spisovatelů » invite les visiteurs des spas à la découverte des traces des célèbres écrivains venus à Mariánské Lázně pour soulager leurs maux et leurs afflictions.

Cette note romantique a peut-être aussi inspiré Alain Robbe-Grillet et Alain Renais qui ont choisi le nom allemand de la ville pour le titre de leur film « L’Année dernière à Marienbad », tourné pourtant en Bavière et dont l’histoire n’a rien à voir avec Mariánské Lázně.

Toutefois, la ville est bel et bien liée au cinéma : en août 1946, elle a donné naissance au célèbre Festival international du film, déplacé dès l’année suivante à Karlovy Vary… Depuis 2016, le Festival du film de Marienbad, certes plus modeste que celui de Karlovy Vary et consacré au cinéma expérimental, renoue avec cette tradition.

Mariánské Lázně | Photo: Klára Stejskalová,  Radio Prague Int.

Retour aux sources

La source la plus célèbre,  Křížový pramen | Photo: Kateřina Ayzpurvit,  Radio Prague Int.

Mais revenons aux eaux curatives de Mariánské Lázně. Y a-t-il une source incontournable dans la ville ? Voici la réponse du médecin de la station Pavel Knára :

« Généralement, tout le monde veut goûter l’eau de la source la plus célèbre, Křížový pramen. Or elle contient énormément de minéraux. Elle est notamment très riche en sodium et sa consommation n’est pas recommandée aux personnes souffrant d’hypertension et de troubles cardiaques, ainsi qu’aux personnes âgées. »

La source Rodolphe | Photo: Levap75,  Wikimedia Commons,  CC BY-SA 3.0

« Personnellement, je propose aux curistes de goûter la source Rodolphe, Rudolfův pramen, que j’apprécie particulièrement. Elle contient beaucoup de calcium et de magnésium et peu de sodium, de ce fait, elle est vraiment bienfaisante. »

Enfin, qu’en est-il de la source Marie (Mariin pramen) qui a donné son nom à la station thermale ? Pavel Knára :

« Ce n’est pas une source d’eau minérale, mais une source de gaz carbonique naturel. Elle est utilisée dans les traitements thermaux, pour des injections de gaz thermal par exemple. Nous avons une particularité ici, c’est le ‘bain de gaz de la source Marie’ (appelé en tchèque Mariino jezírko, ndlr). C’est une cure très appréciée dans la station. Assis sur un fauteuil dans un bassin vide, les curistes inhalent du CO2 enrichi d’oxygène. C’est un soin anti-âge on peut dire, qui régénère les cellules et qui stimule la circulation. »

La source Marie | Photo: Tadeáš Bednarz,  Wikimedia Commons,  CC BY-SA 4.0

Mariánské Lázně invite à découvrir une autre facette de la République tchèque, en plongeant ses visiteurs dans l’ambiance rétro romantique très XIXe siècle et en leur proposant de s’adonner au bonheur des spas.

Mariánské Lázně en hiver | Photo: Kateřina Ayzpurvit,  Radio Prague Int.

La semaine prochaine, nous quitterons la Bohême de l’Ouest pour nous rendre à l’autre bout de la République tchèque. On vous donne rendez-vous à Jeseník, dans le massif montagneux de la Moravie du Nord, pour le nouvel épisode de notre série sur les plus belles stations thermales tchèques.

Pour en savoir plus sur Mariánské Lázně :

https://www.marianskelazne.cz/en/

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