« Les relations tchéco-slovaques sont un exemple en Europe »

La réunion des gouvernements tchèque et slovaque à Bratislava, photo: ČTK

Pour la quatrième fois de l’histoire, les gouvernements tchèque et slovaque étaient réunis à Bratislava lundi. Un peu plus d’une semaine après le sommet européen, cette rencontre interministérielle a permis d’évoquer certains dossiers clefs tant de l’actualité européenne que des relations bilatérales. Surtout, elle a été l’occasion de réaffirmer les liens très forts qui unissent les deux pays.

La réunion des gouvernements tchèque et slovaque à Bratislava, photo: ČTK
L’histoire de la relation tchéco-slovaque, c’est un peu celle de ces couples qui se marient, puis divorcent, affirment à qui veut bien l’entendre qu’ils restent quand même de bons amis avant finalement de s’apercevoir qu’ils n’étaient somme toute pas si mal que ça ensemble, et décident au bout du compte de se remarier. Bien entendu, Tchèques et Slovaques n’entendent pas aller aussi loin dans leur rapprochement et reformer ensemble un Etat commun. Mais, preuve que leurs rapports sont plus que jamais au beau fixe, ils prévoient quand même de célébrer ensemble, en 2018, le vingt-cinquième anniversaire de leur divorce et de la partition de la Tchécoslovaquie. En 2018 toujours, les deux pays se souviendront du 100e anniversaire de la création de la Première République tchécoslovaque ou encore des douloureux événements de 1968.

Ainsi donc, les deux cabinets ont passé un certain temps à se féliciter de la qualité de leurs relations de voisinage. Particulièrement friand de ce genre d’occasions, Robert Fico a même cité cette union tchéco-slovaque en exemple pour de nombreuses régions de l’Union européenne (UE). A l’heure où les possibles conséquences du résultat du référendum sur le « Brexit » au Royaume-Uni suscitent quelques craintes en Europe centrale, le Premier ministre slovaque a rappelé le danger qui existait que la République tchèque et la Slovaquie se retrouvent en marge du projet d’intégration européenne.

Robert Fico et Bohuslav Sobotka, photo: ČTK
C’est aussi dans cette optique que Prague et Bratislava envisagent la nécessité de leur rapprochement et de leur solidarité sur des dossiers bien concrets, comme celui bien entendu, inévitable, de la migration, comme l’a rappelé Robert Fico :

« Nous souhaitons une protection complète et systématique des frontières extérieures de l’UE, ainsi qu’une coopération avec les Etats dont sont originaires les migrants. Nous pouvons leur proposer une aide d’ordre financier ou infrastructurel. Ce qui importe, c’est de retenir les migrants dans leurs pays. »

Un discours qui, à peu de choses près, a été également celui de son homologue tchèque, Bohuslav Sobotka :

« L’accord entre la République tchèque et la Slovaquie reste le même, à savoir que les quotas de répartition contraignante des réfugiés représentent une voie sans issue. Il n’est pas possible dans l’état actuel des choses de poursuivre ces discussions alors que la priorité pour l’Europe est de rester unie. »

La réunion des gouvernements tchèque et slovaque à Bratislava, photo: ČTK
Les deux pays souhaitent également approfondir leur travail en commun dans des domaines comme le domaine extérieur. Alors que la République tchèque est le deuxième partenaire commercial de la Slovaquie, le reste du monde continue toujours d’associer les deux Républiques à un seul et même Etat, la Tchécoslovaquie. C’est pourquoi Robert Fico aimerait faire revivre une marque « Made in Czechoslovakia » autrefois très appréciée sur certains marchés tiers.

Les deux parties ont également signé certains accords relatifs à la défense de l’espace aérien commun, ainsi qu’à l’amélioration des liaisons routière et ferroviaire entre deux pays conscients de l’importance de leur position géographique au cœur de l’Europe. Une position qu’ils veulent également stratégique entre le Nord et le Sud.