Les révoltes de l'année 1968 et leurs conséquences en Europe

Srpen 1968, Václavské náměstí

Le hasard fait parfois bien les choses. La semaine dernière, le ministère français de l'Education nationale a présenté le premier manuel d'histoire commun aux élèves français et allemands pour préparer le bac qui, pourtant, ne traite que la période de l'après-guerre depuis 1945 à nos jours. La même semaine, le centre culturel polonais à Paris a organisé un colloque historique sur l'année 1968 et ses révoltes en Pologne, à Prague et à Paris. Notre collaborateur parisien Jiri Slavicek nous a téléphoné :

Chercher le dénominateur commun entre « mars polonais », la révolte estudiantine à Paris au mois de mai et le « Printemps de Prague 1968 » semble encore plus compliqué que la création du manuel d'histoire franco-allemand préparé par cinq professeurs d'histoire allemands et autant de français qui ont tous reconnu qu'ils divergent toujours entre eux sur la question de l'influence américaine en Europe de l'après-guerre. Comme le reconnaissaient tous les participants à ce colloque, les historiens comme les hommes politiques, pour l'instant le seul point commun de ces révoltes semble être le fait qu'elles ont toutes échoué, tandis que bon nombre de leurs participants ont, d'une manière ou d'une autre, dominé la vie politique de leur pays jusqu'à nos jours.

La génération de 1968, en ce moment, lâche prise mais très lentement. Bon nombre de révoltés d'histoire se retrouvent aujourd'hui au Parlement européen à Strasbourg, mais comme le disait le professeur Eisler, l'auteur du livre « L`année 68' en Pologne » livre sur les conséquences des révoltes de l'année 1968 qui ont provoqué une vague d'antisémitisme sans précédent en Pologne et amené les chars soviétiques à Prague, alors que Paris s'accrochait, après sa révolte estudiantine de 1968 à ses vieilles certitudes qu'elle perd douloureusement aujourd'hui, la compréhension commune de ces événements semble être encore plus difficile à réaliser que le manuel d'histoire franco-allemand, mais s'avère tout aussi nécessaire pour les écoliers de l'Europe de demain.