Les salaires des femmes toujours à la traîne derrière ceux des hommes

Photo: FreeDigitalPhotos

La Journée internationale des droits de la femme, qui tombe ce mardi 8 mars, est l’occasion de se pencher sur les inégalités qui persistent entre hommes et femmes, notamment sur la question cruciale des salaires. Selon les dernières données du ministère tchèque du Travail et des Affaires sociales, les salaires des femmes augmentent bien moins que ceux des hommes depuis la crise, que ce soit dans le secteur privé ou public.

Ministre du Travail et des Affaires sociales, Michaela Marksová Tominová, photo: Filip Jandourek, ČRo
Le salaire brut médian atteint par la moitié de la population active s’avère être un cinquième plus faible chez les femmes que chez les hommes, dans le secteur privé. Dans le secteur public, la différence entre les salaires médians des hommes et des femmes s’élève jusqu’à 12%.

« Les salaires bruts mensuels ont augmenté plus vite chez les hommes que chez les femmes. Le niveau des salaires des femmes est bien plus faible que celui des femmes sur le long terme, » constate le ministère du Travail à propos des données collectées pour la première moitié de 2015. Mais le ministère estime que la situation était la même les années précédentes également.

L’an dernier, au cours des six premiers mois, le salaire brut médian des femmes s’élevait à 19 374 couronnes (soit environ 717 euros), présentant une augmentation interannuelle de 2,4%. Mais chez les hommes, cette augmentation s’est élevée à 3,3% pour atteindre un salaire brut médian de 24 576 couronnes (910 euros). Dans le secteur public, les salaires des hommes ont également augmenté davantage que celui des femmes. Le salaire brut médian des femmes a augmenté de 3,8% pour atteindre 24 405 couronnes au cours de la première moitié de 2015, contre une augmentation de 4,9% pour les hommes pour atteindre 27 844 couronnes.

Photo: FreeDigitalPhotos
A noter que dans le secteur privé, les salaires médians des hommes ont connu une croissance constante et plus importante que celui des femmes pendant trois ans d’affilée, soit depuis 2013. Avant cette date, les salaires des femmes augmentaient plus vite.

Une des raisons avancées pour ces salaires moindres chez les femmes est qu’elles se concentrent souvent dans des professions moins bien rémunérées telles que le secteur de la santé ou de l’éducation. En outre, elles occupent souvent des positions hiérarchiques inférieures et sont davantage freinées dans leur carrière par de longs congés maternité. Toutefois les inégalités salariales persistant, à poste et travail égaux, les femmes ont tendance à être moins bien payées que leurs collègues masculins.

Une analyse de la société Gender Studies montre en outre que l’écart entre les revenus des hommes et des femmes en poste à des positions supérieures et ayant fait de longues études tend à augmenter. Tandis que les femmes ayant seulement le baccalauréat gagnent en moyenne un cinquième de moins que les hommes ayant le même niveau d’études, les femmes diplômées reçoivent en général 30% de salaire en moins que leurs collègues à diplôme égal.

Ces salaires inférieurs ont des répercussions directes sur les retraites des femmes qui bénéficient de pensions bien moindres que celles des hommes.