Les Tchèques vivent à l'étranger

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Environ 2 millions de Tchèques vivent à l'étranger. Astrid Hofmanova.

Il y a des communautés tchèques un peu partout dans le monde. Vous les trouvez non seulement en Europe où ils sont les plus nombreux, en Slovaquie, en Allemagne, en Autriche et en Suisse, mais aussi aux Etats-Unis où, selon les dernières statistiques, vivent 1 299 000 Américains d'origine tchèque. Une nombreuse communauté tchèque vit aussi en Israël, au Brésil, en Argentine ou en Afrique du Sud. De petits groupes de compatriotes tchèques se trouvent aussi là où l'on s'y attend le moins : au Soudan, en Chine, au Kenya ou en Nouvelle Calédonie. Au XIVe siècle déjà, le missionnaire tchèque Oldrich Cech séjournait au Tibet et en Chine et notre originaire, de son surnom Protiva, est devenu, vers la fin du XIXe siècle, le chef jardinier du schah perse. En Tanzanie, au bord du lac Tanganyika, la Tchèque Ruth Lanyova a un hôtel.

La tradition de l'émigration tchèque remonte à la période d'après la Bataille de la Montagne Blanche, en 1620, l'intolérance confessionnelle étant aussi à l'origine de l'émigration au XVIIIe siècle. Dans les années vingt du XXe siècle, c'est surtout la crise économique qui pousse les Tchèques à chercher du travail aux Etats-Unis. Encore aujourd'hui, on peut y trouver une petite Bohême au coeur de l'Amérique. Plus exactement, dans l'Etat de l'Iowa. Si vous consultez, par exemple, l'annuaire téléphonique de la ville de Spillville, où séjournait aussi Antonin Dvorak, vous trouverez des noms tels que Ron Maly, John Karas, les Klimesh, Hlubucek ou Cherny, des noms très fréquents en Tchéquie. A l'époque, des dizaines de milliers de Tchèques et de Moraves vivaient dans l'Iowa, représentant ainsi la plus nombreuse colonie tchèque d'outre-mer.

Au XIXe siècle, beaucoup de Tchèques ont trouvé leur seconde patrie en Ukraine, attirés par la vision de terres fertiles. Stanislav Marek, président d'une association tchèque dans le village de Malinovka, non loin de Kiev, raconte l'histoire de son grand-père qui a appris aux villageois à cultiver les tomates. Sa récolte a à tel point enchanté un noble local qu'il ne devait plus payer la taxe foncière. Vers la fin de l'ère soviétique, environ 10 000 Ukrainiens se déclaraient Tchèques.

Les Etats-Unis, le Canada, la République sud-africaine et l'Australie, voilà les destinations préférées des émigrés tchèques ayant fui le régime communiste.

Beaucoup de Tchèques ont acquis une position importante à l'étranger. Rappelons au moins l'ex-Président du Brésil, Juscelin Kubitchek, l'ex-ministre canadien Otto Jelinek ou l'ancien chef de la diplomatie américaine, Mme Madeleine Albright. Cela dit entre les originaires tchèques et leur patrie d'origine il n'y a pas de lien comparable à celui qui règne entre les Hongrois, les Polonais ou les Slovaques. Tandis que les originaires de ces trois pays ont retrouvé déjà leur statut de citoyens, la Tchéquie ne s'intéresse pas trop à ses ressortissants. La première grande rencontre avec ces derniers a eu lieu à Prague en 1998. Ce n'est donc que ces dernières années que l'on arrive à améliorer ces relations.

Auteur: Astrid Hofmanová
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