L’interdiction de rouler une partie du week-end pose de gros problèmes aux camions

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C’est déjà pour la troisième année que les TIR et les camions en général ne peuvent rouler sur les autoroutes et routes tchèques pendant une partie du week-end. Quels sont les problèmes engendrés par cette mesure prise par le gouvernement dans l’intérêt de la sécurité routière ?

En Tchéquie le « Stop » aux camions sur les autoroutes et les routes a été institué en raison de l’intense trafic routier qui y règne surtout au début et à la fin du week-end. Ainsi donc, la circulation est interdite aux « routiers » pendant les grandes vacances, donc les mois de juillet et août, le vendredi de 17.00 à 21.00, le samedi de 07.00 à 13.00 et le dimanche de 13.00 à 22.00. Il s’agit de tous les camions qui dépassent les 7,5 tonnes, à l’exception du transport de certains produits, denrées fragiles, lait ou autres. Pendant le reste de l’année, ces camions sont interdits de circulation le dimanche après-midi seulement. Les routiers et les compagnies de transport reconnaissent, certes, le bien-fondé de cette mesure pour la sécurité routière, mais le problème est que les routiers sont obligés de s’arrêter pendant une partie du week-end. Qu’à cela ne tienne, de toute manière ils sont tenus de faire des pauses et ne peuvent théoriquement rouler plus de 9 heures par jour. S’arrêter oui, mais où ? En effet, il existe un déficit crucial d’aires de repos et de stationnement sur les aoutoroutes et routes tchèques ! Quelles sont les complications que rencontrent les routiers ? On écoute l’un d’eux, Miroslav Brus :

« En Tchéquie je suis obligé de rechercher une aire de stationnement une heure ou même deux heures à l’avance. Je planifie cela en fonction du passage de la frontière, donc cela peut être Prague ou les grandes villes, car ailleurs il y a peu d’aires de repos. Cela veut dire que je passe une partie de la journée à réfléchir où je vais m’arrêter pendant la nuit. »

Le problème du stationnement des routiers pour la nuit ou pendant une partie du week-end ne touche pas que la République tchèque. De nouveau le routier Miroslav Brus :

« Le problème n’existe pas qu’en Tchéquie, mais dans tous les pays d’Europe, en dehors de la France peut-être. En Allemagne ou en Tchéquie, après 19 heures vous n’avez plus aucune chance de trouver une place. En France, les autoroutes sont privées et payantes et il existe beaucoup d’aires de repos, avec de vastes possibilités de stationnement et des équipements sanitaires, de restauration et un service parfait. »

L’Etat explique l’insuffisance d’aires de stationnement pour les routiers par le manque de moyens financiers. Il ne promet pas d’amélioration rapide et pour cela les routiers et les compagnies de transports demandent l’abolition de l’interdiction de rouler sur les autoroutes et routes tchèques pendant une partie du week-end. Les revendications sont aussi d’ordre économique : réduction sur les tarifs de péage, remboursement d’une partie de l’impôt à la consommation sur les carburants en raison de la hausse constante de ceux-ci. En dépit de cela, le ministère des Transports examine la possibilité d’élargir l’interdiction de rouler pendant une partie du week-end à toute l’année. Le nombre d’accidents graves causés justement par les camions augmente constamment et c’est un argument de poids.