L’intérêt chinois pour l’achèvement de la centrale de Temelín divise la sphère politique

Temelín, photo: Archives de Radio Prague

L’intérêt des Chinois pour l’achèvement de la construction de la centrale nucléaire de Temelín, en Bohême du Sud, divise la sphère politique tchèque. Le ministre de l’Industrie et du commerce par exemple, le social-démocrate Jan Mládek, considère cette option très sérieusement. Chez d’autres, et en particulier chez les représentants du parti civique démocrate (ODS), on considère que la Chine pourrait menacer la sécurité énergétique de la République tchèque.

Temelín, photo: Archives de Radio Prague
En avril dernier, un premier appel d'offres pour la construction de deux nouveaux réacteurs à Temelín a été annulé en avril dernier en raison de doutes sur la viabilité économique du projet, le gouvernement ne voulant plus garantir le prix de l'électricité. La compagnie française Areva était alors candidate aux côtés de deux autres sociétés. Depuis, Prague a affirmé à plusieurs reprises songer à agrandir l’une des deux centrales nucléaires du pays, sinon les deux, suscitant notamment l’intérêt de firmes chinoises, mais également coréennes par exemple.

Le gouvernement de Bohuslav Sobotka songe ainsi à rouvrir un appel d’offres pour Temelín. Si des entreprises asiatiques veulent y participer, elles devront toutefois obtenir un certain nombre de licences pour correspondre aux critères de construction en vigueur dans l’Union européenne. Cependant, Richard Brabec, le ministre de l’Environnement, à l’instar de Jan Mládek, ne voit aucune raison qui empêcherait la Chine ou la Corée du Sud de présenter leur offre. Au contraire, plus il y aura de concurrents, plus la République tchèque aura de chance de choisir une proposition de qualité à un coût moindre.

L’ODS ne l’entend toutefois pas de cette oreille et Zbyněk Stanjura, le chef du groupe parlementaire de cette formation de droite, estime que la sécurité énergétique de la République tchèque devrait être le critère prioritaire pour sélectionner le futur constructeur de la centrale, devant le prix et la qualité. Trois ans après la catastrophe de Fukushima, une donnée rapproche néanmoins la majorité des grands partis tchèques, qui restent tous en faveur de l’énergie nucléaire.