Mettre fin aux débats politiques sans fin autour de la loi antitabac

Photo: Archives de Radio Prague

Dans cette nouvelle revue de presse, nous vous proposerons d’abord plusieurs réactions suite au rejet par la Chambre des députés de la loi antitabac, avant de brosser un bref portrait d’un eurodéputé tchèque influent et de dire quelques mots sur une nouvelle initiative lancée en vue de pouvoir recenser et identifier l’ensemble des victimes des précédents régimes totalitaires. Le phénomène de plus en plus fréquent des sacrements du baptême à l’âge adulte et les préparatifs de la sélection tchèque à l’Euro de football 2016, tels sont les deux autres sujets qui seront également traités.

Photo: Archives de Radio Prague
La Tchéquie demeure l’unique pays de l’Union européenne à ne pas avoir de loi antitabac. C’est un constat qui a été mis en relief dans les éditoriaux de l’ensemble des journaux de cette semaine en réaction au rejet par la Chambre des députés dudit texte. Une des nombreuses analyses qui ont été consacrées à ce sujet, publiée sur le site novinky.cz, constate cependant que ce vote a provoqué des émotions plus fortes qu’il ne le mérite, car rien de très grave ne se serait finalement passé. L’auteur de cet article explique pourquoi :

« D’abord, il faut souligner qu’une loi qui stipule une certaine restriction de la cigarette existe d’ores et déjà en République tchèque. Ainsi, on voit cohabiter des restaurants, des cafés et des bars où la cigarette se voit interdite à côté d’autres où l’on peut fumer. Tout le monde a alors la possibilité de choisir l’un ou l’autre. En même temps, on voit augmenter le nombre de restaurants non-fumeurs. »

D’un autre côté, selon les chefs cuisiniers de plusieurs restaurants renommés qui ont été interrogés sur le site aktuálně.cz, « la Tchéquie se serait une nouvelle fois éloignée des tendances modernes, car dans les pays de l’Europe occidentale, on ne fume plus dans les restaurants ». Le rejet de la loi antitabac signifie pour eux ni plus ni moins qu’une manifestation de « jeux politiques populistes ».

Petr Honzejk, du quotidien Hospodářské noviny, a pour sa part noté que désormais près de 70% des Tchèques désapprouvaient à leur tour la possibilité de fumer dans les restaurants. Et de souligner que le rejet de la loi antitabac, « une disposition clé, qui devait faire sortir la Tchéquie du milieu mental de l’Asie centrale en la dirigeant vers l’Europe, était le fruit du chaos au sein du groupe des députés du mouvement ANO d’Andrej Babiš ». Un mouvement qui fait partie de la coalition gouvernementale et dont certains membres ont pourtant voté contre le texte.

Pavel Svoboda classés parmi les 40 eurodéputés les plus influents

Pavel Svoboda, photo: Archives de Radio Prague
L’eurodéputé tchèque Pavel Svoboda représente une des « grandes figures » de l’Union européenne. C’est ce qu’a titré l’édition de samedi dernier du quotidien Lidové noviny en se référant au site Politico qui a dressé la liste d’une quarantaine de députés parmi les plus influents du Parlement européen en le classant en 21ème position. Il s’agit de représentants politiques qui n’ont pas de grands contacts en dehors du Parlement européen mais qui, au sein de ce dernier, jouent pourtant un rôle important. Le journal a précisé :

« Expert en droit européen, Pavel Svoboda du parti chrétien-démocrate (KDU-CSL), 54 ans, est l’unique Tchèque qui figure dans ce palmarès. En tant que président de la commission des affaires juridiques, il est aussi l’unique représentant tchèque a diriger une commission du Parlement européen. C’est à cette fonction que Pavel Svoboda lui-même attribue le classement qui lui a été décerné par le site Politico, média politique fondé à Washington. »

Le quotidien Lidové noviny remarque que même si cette appréciation a de quoi réjouir l’eurodéputé Pavel Svoboda, elle n’aura que très peu de répercussion sur le public tchèque. Selon les résultats issus d’un récent sondage effectué par l’agence STEM, seulement un quart des Tchèques interrogés feraient aujourd’hui confiance au Parlement européen. Jamais auparavant, cette institution n’a été dans le pays aussi mal vue.

Compter et identifier les victimes des régimes totalitaires

Le cimetière de Ďáblice à Prague, photo: Mojmir Churavy, CC BY-SA 4.0 International
Le nombre précis de personnes qui ont été victimes des persécutions nazies et communistes n’est pasconnu à ce jour en République tchèque. De même, des milliers de familles dans le pays ne savent pas où se trouvent les dépouilles mortelles de leurs proches. Le site aktuálně.cz a informé d’une nouvelle initiative issue de la Chambre haute du parlement afin de changer cette situation. Elle propose que les lieux des fosses communes soient répertoriés comme des sites culturels et que les restes des victimes puissent être exhumées afin d’être identifiées. L’auteur du texte consacré à ce sujet écrit également :

« La fosse commune la plus connue dans le pays est celle qui se trouve dans le cimetière de Ďáblice à Prague qui semble abriter jusqu’à 14 000 cadavres. C’est là-bas que les experts ont exhumé et identifié, il y a deux ans de cela, les restes du prêtre Josef Toufar, un des martyres les plus connus de l’arbitraire communiste. Mais ce dernier ne constitue qu’un exemple rare d’une telle procédure, car il existe dans le pays beaucoup d’autres fosses communes, à peu près une centaine, dans lesquelles demeurent enterrés des gens anonymes. »

Cette proposition de loi jouit désormais du soutien des ministères de la Défense et de la Culture. Selon les experts, les Tchèques devraient s’inspirer d’autres pays en Europe, car la Pologne, par exemple, a ouvert un tel processus d’identification il y a cinq ans déjà.

Ces Tchèques qui accèdent au sacrement du baptême à l’âge adulte

Mirek Topolánek, photo: Štěpánka Budková
Mirek Topolánek, chef du gouvernement entre 2003 et 2006, et ancien président du Parti civique démocrate (ODS), qui était à l’époque la principale formation de droite dans le pays, s’est converti au christianisme. Cette information est une de celles que cet ancien homme politique révèle dans un ouvrage intitulé ’Surtout ne pas se chier dessus’ (‘Hlavně se neposrat’) récemment publié et dans lequel il récapitule les vingt années de sa carrière politique. La parution du livre qui est assez mal accueilli par la critique a permis à Kristýna Novotná de situer ce constat, sur le site echo24.cz, dans un plus large contexte et de rappeler certains autres cas de représentants politiques nationaux qui ont entamé le même passage spirituel. Nous citons :

« La conversion de Mirek Topolánek répond aux tendances qui se manifestent depuis quelques années au sein de la société tchèque et qui traduisent l’augmentation du nombre de personnes qui reçoivent le sacrement du baptême à l’âge adulte. Topolánek n’est pas l’unique haut représentant politique local à s’attacher à la foi. A rappeler le cas de l’ex-Premier ministre, Stanislav Gross, pour lequel le christianisme est devenu un point de repère, peu avant sa mort, à l’âge de 46 ans. C’est aussi, par exemple, Alexander Vondra, ex-chef de la diplomatie tchèque et de la Défense qui se prépare à l’heure actuelle au sacrement du baptême. »

A en croire le dernier recensement de la population effectué en 2011, depuis les années 1990, le nombre de croyants était en baisse. Toutefois, les dernières données ont vu leur nombre augmenter, au profit notamment de l’Eglise catholique qui est la principale Eglise du pays et qui compte près d’un million de fidèles.

En attendant l’Euro 2016

Photo: ČTK
L’Espagne, la France, l’Italie et l’Allemagne. Tels sont les principaux favoris de l’Euro 2016 de football pour le gardien de but de la sélection tchèque, Petr Čech. Avant le départ de la Reprezentace mercredi pour un stage de préparation en Autriche, il s’est confié aux journalistes :

« Même s’il s’agit déjà de mon quatrième championnat d’Europe, je me réjouis de ma participation comme si c’était mon premier Euro. Je pense que ce championnat sera beaucoup plus équilibré que le Mondial, car il n’y a pas d’équipes vraiment faibles. Et aussi, d’un point de vue des supporters, l’Euro représente le meilleur des tournois, car il a une atmosphère particulière et positive. Et comme l’Europe est petite, les fans peuvent se rendre assez facilement sur les lieux de sa tenue. »

Portier du club londonien d’Arsenal, Petr Čech, 34 ans, a déjà également participé au Mondial 2006 en Allemagne, le seul lequel la sélection tchèque s’est à ce jour qualifiée. Son rêve serait aujourd’hui évidemment de participer en finale de cet Euro et de le remporter.