Moto : le GP de République tchèque ne disparaîtra pas

Casey Stoner, photo: CTK

Menacé de disparition en raison de son déficit et de la volonté des pouvoirs publics de ne plus participer au financement de son organisation, le Grand Prix moto de République tchèque devrait pourtant rester à Brno et ne pas disparaître du prestigieux championnat du monde de vitesse. Tandis qu’une foule importante s’est de nouveau enthousiasmée pour les performances des pilotes de vendredi à dimanche derniers, hors de la piste les responsables politiques ont, eux, promis d’accorder une nouvelle aide aux organisateurs du Grand Prix dans les prochaines années.

Casey Stoner, photo: CTK
Comme chaque année, le Grand Prix moto de République tchèque comptant pour le championnat du monde de vitesse et disputé le week-end dernier a été un grand succès populaire. Près de 240 000 spectateurs ont assisté aux trois jours de compétition à Brno et à la victoire du pilote australien Casey Stoner sur Honda dans la catégorie reine des MotoGP.

Photo: CTK
Mais la principale information du week-end pour les amoureux de sport automobile en République tchèque et en Europe centrale est que le Grand Prix de République tchèque, très apprécié également des pilotes, se tiendra bien de nouveau l’année prochaine. Les organisateurs ont reçu l’assurance, dimanche, des responsables politiques du pays et de la région que le Grand Prix bénéficierait encore de leur soutien financier dans un proche avenir. Au moins 40 millions de couronnes (1,6 million d’euros) en provenance des deniers publics seront donc accordés aux organisateurs, cette somme étant destinée à être reversée à la société Dorna Sports, qui détient les droits commerciaux du championnat du monde et inscrit ainsi Brno au calendrier de celui-ci. Environ la moitié de ces 40 millions de couronnes proviendra du ministère de l’Education et des Sports, comme l’a confirmé le ministre Josef Dobeš :

Josef Dobeš
« Nous nous sommes entendus sur les dates et les événements qui devraient avoir la priorité absolue dans le calendrier, car je prépare actuellement une nouvelle conception du soutien au sport. Or, si le meeting d’athlétisme d’Ostrava, dont nous souhaitons qu’il fasse partie de la Ligue de diamant, bénéficie de cette priorité, il ne fait aucun doute qu’il en va de même pour le Grand Prix moto à Brno. Le Grand Prix rencontre un grand succès cette année et aura donc sa place dans le calendrier non seulement l’année prochaine mais aussi dans les années à venir. »

Depuis quelques années, l’Etat envisage pourtant de ne plus aider la société propriétaire du circuit Masaryk à Brno et organisatrice en tant que telle du Grand Prix, et ce malgré le succès populaire jamais démenti de celui-ci et les importantes rentrées d’argent qui en découlent pour la ville de Brno, la région de la Moravie et la République tchèque dans son ensemble. On estime ainsi que les diverses dépenses de logement, d’alimentation et autres faites par les spectateurs tout au long du week-end de course, de vendredi à dimanche, rapportent à l’Etat quelque 200 millions de couronnes (près de 8,2 millions d’euros). Toutefois, si le Grand Prix contribue à renflouer les caisses de l’Etat et aussi grandement à la promotion et à la bonne image du pays à l’étranger, il n’en reste pas moins un événement très cher et déficitaire pour ses organisateurs. Autant de raisons qui, selon ces derniers, justifient une aide publique. Or, la semaine dernière encore, le ministre des Finances, Miroslav Kalousek, avait comparé le Grand Prix moto de Brno à une fête foraine et déclaré que son organisation était une affaire de business comme une autre et que, en tant que telle, elle ne méritait aucune subvention publique. Comme d’autres responsables politiques, le ministre de l’Education et des Sports défend, lui, une position singulièrement différente. Après avoir assisté au Grand Prix dimanche, Josef Dobeš a expliqué pourquoi :

Photo: CTK
« Je dois reconnaître que j’ai été impressionné par l’ambiance qui règne autour du circuit. Mais je dois dire aussi que le soutien des participants étrangers est peut-être encore plus important que celui de la partie tchèque. C’est donc la première fois que je me rends compte à quel point le Grand Prix moto de République tchèque est un événement important dans le monde et à quel point il intéresse les étrangers. Et c’est à nous, Tchèques, de nous adapter à cet engouement. »

Inscrit au calendrier du Championnat du monde et organisé à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Brno depuis 1987, le Grand Prix de République tchèque sera donc bien de nouveau organisé en 2012.

Casey Stoner, photo: CTK
Mais avant de penser à la prochaine édition, le Grand Prix 2011 a réservé son lot d’émotions. Dans la catégorie reine des MotoGP, notamment, Casey Stoner a signé une victoire importante dans la lutte pour le titre mondial. Le pilote australien, qui a profité de la chute de l’Espagnol Dani Pedrosa, a remporté son sixième succès depuis le début de la saison. Grâce à cette victoire, Casey Stoner possède désormais 32 points d’avance au classement général du Championnat du monde sur son équipier chez Honda Dani Pedrosa.

Karel Abraham, photo: CTK
Déception, en revanche, pour Karel Abraham, contraint à l’abandon pour sa première apparition devant son public dans la catégorie reine. Victime d’une chute dans le 5e tour, le pilote tchèque a finalement jeté l’éponge dans le 9e tour, très déçu, comme il l’a confié à l’issue de la course. Karel Abraham :

« La chute dont j’ai été victime était une chute sans gravité. Je suis donc remonté sur ma moto et j’ai repris la course. Grâce aux chutes des autres pilotes, je suis remonté à la 15e place, mais comme j’ai rarement de la chance ici à Brno, j’ai eu un problème technique, la machine n’avançait plus, il y avait de la fumée et ça m’a contraint à abandonner pour de bon. »

Jakub Kornfeil, photo: CTK
La satisfaction, côté tchèque, est donc provenue du second pilote en lice à Brno. Dans la catégorie des 125 cm3, Jakub Kornfeil s’est classé 7e, soit son meilleur résultat depuis le début de saison.