Les profs ne pointeront plus au chômage pendant les vacances d'été

Foto: archiv Českého rozhlasu - Radia Praha

Des professeurs embauchés pour une période de dix mois et mis au chômage durant les vacances d’été, c’est la situation, peu répandue mais réelle, à laquelle doit mettre fin un projet d’amendement adopté ce mercredi en troisième lecture par les députés. Des parlementaires qui étudient également une autre proposition concernant cette fois tous les salariés, la suppression des trois jours de carence, un délai durant lequel les employés en arrêt maladie ne bénéficient pas d’indemnités.

Photo: Jana Šustová,  Radio Prague International
Ils sont professeurs dix mois de l’année, chômeurs durant les vacances d’été. Un phénomène depuis longtemps pointé du doigt et que le ministère de l’Education juge « immoral » et « indigne ». Le gouvernement a donc soumis à l’approbation des législateurs un projet d’amendement à la loi sur les travailleurs pédagogiques qui prévoit d’interdire la possibilité d’employer un enseignant pour une durée inférieure à douze mois, sauf dans certains cas précis comme par exemple dans le cadre du remplacement d’un collègue en absence prolongée.

Dans l’opposition de droite, on juge le projet inutile. D’après Petr Fiala, le président du parti civique-démocrate ODS, cette pratique, unanimement dénoncée, n’en est pas moins très minoritaire. Une loi n’est selon lui pas nécessaire pour ces cas qui devraient être réglés directement dans les écoles concernées. Pour convaincre les sceptiques, le ministère de l’Education a donc produit des statistiques en se basant sur les données couplées du Bureau du travail (l’équivalent tchèque de Pôle emploi) et du ministère des Finances. 4000 professeurs, 3,7% du total du corps enseignant en République tchèque, seraient ainsi sujets au chômage durant l’été, contraints de tabler sur une réembauche à la rentrée en septembre. Ce qui permet à la ministre sociale-démocrate Kateřina Valachová de répondre à l’opposition :

Kateřina Valachová,  photo: Archives du Gouvernement tchèque
« Les données du Bureau du travail ont de nouveau démontré que ce problème est bien réel. Il importe peu de déterminer où, dans quelles écoles, cette pratique est la plus répandue. Ce qui est clair, c’est que des professeurs s’enregistrent auprès du Bureau du travail durant l’été. La dotation pour les salaires, versée par l’Etat et le ministère de l’Education, est pourtant basée sur douze mois de travail. En tant que ministre de l’Education, j’aimerais savoir comment cette pratique est possible et où disparaissent ces moyens financiers affrétés. »

Certains membres de la majorité expriment cependant également quelques doutes sur la pertinence de l’amendement. Président du comité parlementaire pour la science et l’éducation, Jiří Zlatuška, du mouvement ANO, estime ainsi que si les professeurs ne pourront plus être recrutés sur la base d’un contrat de 10 mois, cette durée pourra être portée à 22 mois, ce qui limite le problème sans le supprimer. Autant d’éléments sur lesquels doivent désormais se pencher les sénateurs.

C’est justement un sénateur, et même le vice-président de la Chambre haute du Parlement, le social-démocrate Zdeněk Škromach, qui est à l’origine d’une autre proposition qui pourrait aussi permettre à des salariés qui ne travaillent pas de percevoir tout de même de l’argent, non pas parce qu’ils seraient en vacances, mais dans le cas des premiers jours d’un arrêt maladie. Depuis six ans, il existe en effet un délai de carence, trois jours durant lesquels un employé malade ne perçoit aucune indemnisation. Le projet de sa suppression, dénoncé par les représentants du patronat, est soutenu par les syndicats comme l’explique Vít Samek, le vice-président de la Confédération tchéco-morave des syndicats :

Vít Samek,  photo: Filip Jandourek,  ČRo
« Pour les gens disposant de hauts revenus, il peut sembler étrange que quelqu’un fasse des histoires pour quelques couronnes, mais pour les personnes qui gagnent 9 000, 10 000 ou bien 15 000 couronnes, chaque journée de salaire perdu représente un bien précieux. De notre point de vue, il est essentiel de supprimer ces trois jours de carence, ou bien de s’arranger pour que le montant des indemnités pour les autres jours soit significativement revu à la hausse. »

A la Chambre des députés, les communistes portent une proposition similaire. Grâce au vote positif mardi dernier des sociaux-démocrates, dont le parti est la première force gouvernementale, le projet va pouvoir être étudiée par le comité parlementaire pour la politique sociale. Il a en revanche suscité l’opposition à droite, où l’on considère que le délai de carence dissuade les employés de prendre un arrêt maladie, avec en particulier un vote négatif chez une majorité des parlementaires des deux autres formations de la coalition gouvernementale, le parti chrétien-démocrate et le mouvement ANO. L’accord de coalition prévoit pourtant la suppression des jours de carence, mais sans préciser les moyens de mettre en œuvre cette mesure.

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