Ecole, police, armée : l’Etat tchèque recrute

Photo: Filip Jandourek, ČRo

12 000 postes de fonctionnaires pourraient être créés l’an prochain, principalement dans l’éducation mais également dans l’armée et la police, selon le projet de budget 2016 que la coalition gouvernementale de Bohuslav Sobotka étudie mercredi. En parallèle, les agents de la fonction publique devraient à nouveau bénéficier d’une hausse de salaire de l’ordre de 3% dès le mois de novembre.

Photo: Filip Jandourek,  ČRo
Presque partout en Europe, les politiques d’austérité visent en premier lieu les fonctionnaires. Leur nombre a été ou est en passe d’être drastiquement diminué dans des pays comme la Grèce, la Grande-Bretagne ou l’Italie. En France, les effectifs stagnent et les salaires sont gelés depuis 2010. La République tchèque est sur le point de prendre une voie différente : après plusieurs années de stagnation, le nombre de fonctionnaires, 424 000 environ cette année, pourrait augmenter de 3% en 2016 et leurs salaires être revalorisés.

Cela concerne en premier lieu l’éducation. Depuis 2007, en raison d’années de dynamisme démographique, le nombre d’enfants à intégrer l’enseignement primaire ne cesse de croître. En conséquence de quoi, la Tchéquie a besoin de nouveaux professeurs ainsi que de personnel scolaire pour encadrer ces chérubins. Pour la rentrée 2015, environ 800 enseignants ont déjà été embauchés alors que 11 000 élèves supplémentaires fréquentent le système éducatif tchèque. Le plan de budget 2016 prévoit le recrutement de 6000 personnes, des nouveaux professeurs, mais aussi « des psychologues et des pédagogues, pour assurer la qualité de l’enseignement », a précisé la ministre, la sociale-démocrate Kateřina Valachová.

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C’est également l’armée qui va accueillir de nouvelles recrues. 1250 personnes seront nouvellement employées par le ministère de la Défense, qui évoque les nouvelles menaces auxquelles fait face l’Europe, notamment en Ukraine, et l’engagement de Prague auprès de l’OTAN de renforcer son budget de 1 à 1,4% du PIB d’ici 2020.

2020, c’est également l’horizon choisi pour ramener les effectifs de la police à leur niveau d’avant crise, à 44 000 hommes et femmes. Cela représente 4000 nouveaux gardiens de la paix, dont le recrutement, parfois difficile (cf : http://radio.cz/fr/rubrique/faits/les-postulants-policiers-buttent-sur-les-tests-psychologiques), débute dès l’an prochain. A l’Intérieur, on table sur l’embauche de 2500 employés. Le ministre, Milan Chovanec, a précisé :

Photo: Kristýna Maková
« Sur ces 2500 personnes, 1100 seront affectées à des postes en lien avec les migrations et parmi elles, 800 policiers. Le reste doit travailler au ministère sur les tâches liées à l’adoption de la loi sur la fonction publique. »

Le projet de budget envisage une hausse de 10 milliards de couronnes, c’est-à-dire 370 millions d’euros, pour les dépenses liées aux salariés de la fonction publique. Car le gouvernement veut également, comme l’an dernier et comme le promettaient les sociaux-démocrates lors de la campagne législative de l’automne 2013, augmenter leur salaire. Il est question d’une hausse de 3%, potentiellement plus élevée pour certaines catégories professionnelles, valable dès novembre prochain. Alors que le corps enseignant tchèque est un des moins bien rémunéré en Europe, cette augmentation s’accompagne dans l’éducation, secteur sous-financé depuis plusieurs années, d’un autre changement que décrit Kateřina Valachová :

Kateřina Valachová,  photo: Archives du Gouvernement
« A partir du 1er novembre, la grille des salaires des professeurs et des travailleurs pédagogiques sera modifiée. Dans le cas des professeurs, cela signifiera non seulement une nouvelle revalorisation lors du passage à un échelon supérieur mais également un changement pour ceux qui disposent de plusieurs années d’expérience et pour lesquels la grille actuelle des salaires n’est pas appropriée. Je considère qu’il faut changer cette grille de façon à ce que son évaluation soit plus juste. »

Dans les partis d’opposition de droite, on crie au scandale. Pour Petr Fiala, le leader du parti civique-démocrate ODS, le gouvernement serait en train de créer un monstre bureaucratique tout en mettant des bâtons dans les roues aux honnêtes travailleurs, aux entrepreneurs. Il fait ainsi référence à la mise en place d'un registre électronique centralisé des recettes des entreprises, qui doit tracer le paiement de la TVA, et pour lequel quelques centaines de fonctionnaires vont également être recrutés par le ministère des Finances.