Presse : en attendant un nouveau directeur à la tête de la Télévision tchèque

Télévision tchèque

Cette nouvelle revue de presse revient sur le concert donné à Prague par le chanteur américain Bruce Springsteen avant de s’intéresser aux enjeux liés à l’élection d’un nouveau directeur de la Télévision tchèque. Au sommaire aussi l’affaire des bitcoins dans la perspective des prochaines élections législatives et la fin de la carrière de Petra Kvitová, double championne de Wimbledon.

La presse tchèque a accordé beaucoup d’attention au concert donné, dimanche dernier, à l’aéroport de Letňany à Prague, devant près de 60 000 spectateurs, par Bruce Springsteen dans le cadre de sa tournée européenne. Et pas seulement à cause des qualités musicales du chanteur de 75 ans. Le chroniqueur de Deník N observe :

Bruce Springsteen à Prague | Photo: Vít Šimánek,  ČTK

« Alors que les États-Unis semblent se désagréger en direct, la tournée européenne de Bruce Springsteen apporte un message simple, mais d’autant plus important : lorsque les institutions échouent à défendre la démocratie, il ne reste plus que les gens ordinaires. Unis pour un instant par une énergie commune, nous pouvons repartir plus forts et persévérer dans la conviction que les mauvais moments vont passer. Mais pour cela, nous devons agir. »

Selon le chroniqueur, il est difficile d’exprimer l’absurdité de la situation. « Cet Américain de renommée mondiale, l’une des plus grandes légendes de l’histoire de la musique et icône vivante de la ‘bonne vieille Amérique’, a chanté au cœur de l’Europe centrale sa tristesse liée à la situation actuelle dans son pays bien-aimé. Très probablement, il pensait que notre expérience historique nous permettrait de comprendre sa profonde frustration. Entendre cette nostalgie dans un anglais américain depuis la scène, sur laquelle flottait, outre le drapeau tchèque, le drapeau américain, était toutefois glaçant », écrit-il avant de raconter :

« Pendant au moins trois heures, Prague a semblé être une ville libre et ouverte d’esprit offrant un refuge pour une rencontre cosmopolite amicale entre des personnes de toutes générations partageant les mêmes idées, venues des quatre coins du monde. Pour un moment, on a pu croire que le monde était un endroit où il fait bon vivre, » indique le journal qui relève encore la présence dans le public du président tchèque Petr Pavel.

La TV tchèque en quête d’un nouveau directeur

La Télévision tchèque n’a toujours pas de nouveau directeur. Aucun des cinq finalistes n’a en effet obtenu les dix voix nécessaires des membres du Conseil de la télévision lors des trois tours de scrutin. En attendant le vote qui se poursuivra la semaine prochaine, l’éditorialiste du quotidien Hospodářské noviny estime que cette hésitation n’a pas vraiment d’importance et que le principal enjeu pour l’avenir de ce média demeure ailleurs :

« Ce qui est essentiel pour l’avenir de la Télévision tchèque se jouera les 3 et 4 octobre, lors des élections législatives. En cas de victoire du mouvement ANO, le service public tel que nous le connaissons aujourd’hui prendra très probablement fin. Andrej Babiš, leader de la principale formation d’opposition,  déclare vouloir supprimer la redevance audiovisuelle et confier le financement des médias publics au budget de l’État. De même, il entend fusionner la Télévision tchèque et la Radio tchèque. A première vue, il s’agit de changements formels. Mais en réalité, les deux projets signifieraient la subordination du service public à la majorité au pouvoir, pendant que le directeur de la TV tchèque ne pourra que s’adapter passivement à la nouvelle situation. »

Certes, le financement des médias publics par l’État est courant dans plusieurs pays de l’Union européenne. Mais d’après le journal, il existe de très grandes différences dans le fonctionnement de ce système, dans l’ouest et le nord de l’Europe d’une part, et la Hongrie ou la Slovaquie d’autre part :

« En Europe centrale, en particulier lorsque les populistes sont au pouvoir, la volonté de dominer les médias est tout à fait évidente et historiquement vérifiable. Voilà pourquoi le système de leur financement a une importance capitale. »

Législatives 2025 : le rôle des petites villes

Ce sont les petites villes de 10 000 à 25 000 habitants, qui sont une centaine en Tchéquie, qui influenceront considérablement les élections législatives prévues en octobre prochain, estime le site Seznam Zprávy. L’auteur de l’article explique :

Photo illustrative: Hana Slavická,  Radio Prague Int.

« Le mouvement ANO d’Andrej Babiš, principale formation d’opposition, de concert avec le parti d’extrême droite SPD, aura du mal à battre la coalition  Spolu (Ensemble) à Prague ou dans les métropoles régionales, voire dans leurs satellites. Cela dit, ANO avance désormais depuis les zones rurales et les périphéries plus éloignées du pays, où il domine traditionnellement, vers les plus grandes agglomérations situées au centre du pays. Ainsi, la Tchéquie risque de reproduire le scénario qui a marqué la dernière élection présidentielle en Pologne. Le parti Fidész de Viktor Orbán, lui aussi, obtient ses meilleurs résultats dans les régions éloignées. »

Il semble donc impossible, comme l’estime le journaliste de Seznam Zprávy, d’arrêter l’ascension d’ANO qui, tout en prétendant se situer à gauche de l’échiquier politique, a des chances d’imiter les méthodes et donc les succès des « conservateurs » du Fidész hongrois ou du PiS polonais. « Toutefois, une analyse détaillée des précédents résultats électoraux en Tchéquie montre que le modèle polonais ou hongrois ne doit pas nécessairement fonctionner de manière automatique ici », rassure-t-il.

L’affaire des bitcoins ne devrait pas éclipser d’autres sujets graves

Toujours à propos des prochaines législatives tchèques, l’hebdomadaire Respekt publie un article intitulé « L’affaire des bitcoins est un problème grave, mais les élections doivent porter sur d’autres sujets », signé d’un ancien ministre des Finances, Ivan Filip :

Source: Mohamed_hassan,  Pixabay,  Pixabay License

« L’affaire de don suspect de bitcoins au ministère de la Justice ne s’estompera probablement pas avant les élections. Il est tout à fait compréhensible qu’elle ait suscité des réactions de la part de l’opposition et exerce une forte pression sur le gouvernement. Malheureusement, c’est un événement qui, une nouvelle fois, va contribuer à transformer le débat électoral. Au lieu d’une confrontation entre programmes et propositions visant à améliorer le fonctionnement de l’Etat, il s’agira d’une confrontation entre tous les participants visant à désigner celui qui est le pire et qui a commis le plus d’actes répréhensibles. »

L’article constate que tout cela se produit à un moment où le monde traverse une période de changements fondamentaux et extrêmement dangereux qui augmentent les risques non seulement en Europe, mais aussi dans l’équilibre mondial en général :

« La situation internationale n’était pas aussi grave avant les dernières élections. Cette fois-ci, nous allons voter à une période historique complètement différente et nous avons la possibilité d’influencer l’évolution non seulement de notre pays, mais aussi de toute l’Europe centrale pour de nombreuses années. La politique est aujourd’hui plus importante que jamais et ceux qui pensent qu’elle ne les concerne pas pourraient bien se rendre compte trop tard qu’ils se sont trompés. »

« Si le scandale des bitcoins éclipse cette réalité, ce sera la pire conséquence de cette affaire », souligne l’article de Respekt.

Tennis : retour de Petra Kvitová à Wimbledon

Ce jeudi, la joueuse de tennis tchèque Petra Kvitová, 35 ans, a annoncé qu’elle allait mettre un terme à sa carrière professionnelle après le tournoi de l’US Open. En attendant, elle participera au tournoi de Wimbledon grâce à une wild-card attribuée par les organisateurs. L’occasion pour le chroniqueur sportif du journal Mladá fronta Dnes de remarquer qu’elle est la seule joueuse non britannique à avoir obtenu cette opportunité :

Petra Kvitová | Photo: Kristýna Hladíková,  ČRo

« Double vainqueur de Wimbledon, Petra Kvitová, a également remporté 31 tournois sur le circuit WTA. Actuellement 572e joueuse du classement, elle  a fait son retour sur les courts cette année après une pause maternité et la naissance de son fils Petr. Depuis son retour, elle n’a remporté qu’un seul des sept matchs auxquels elle a participé. Elle n’a été victorieuse qu’au tournoi de Rome en mai, en battant Irina-Camelia Begu. La semaine dernière, elle a été éliminée au premier tour du tournoi de Londres après une défaite en trois sets contre Beatriz Haddad Maia. »

Le chroniqueur rappelle également qu’à Wimbledon, Petra Kvitová s’était qualifiée pour les huitièmes de finale il y a deux ans avant d’être battue par Ons Jabeur.