Vers une meilleure prise en charge des anciens combattants
Début septembre est entré en vigueur un amendement à la loi destiné à améliorer la prise en charge des personnes ayant servi dans des missions, essentiellement militaires, à l’étranger : il concerne tout particulièrement les anciens combattants, issus des rangs de l’armée, mais aussi des membres de la police tchèque ayant servi à l’étranger et dans une moindre mesure du personnel civil.
Est-ce l’effet du retour de la guerre sur le sol européen ? En tout cas, la Tchéquie a décidé de mieux prendre en charge ses anciens combattants. Signé par le président tchèque le 17 juillet dernier, l’amendement qui va dans ce sens est entré en vigueur le 3 septembre. Selon les initiateurs de l’amendement, la loi datant de 2002 ne répondait plus depuis longtemps aux besoins réels des anciens combattants. La nouvelle loi vise à créer un système de prise en charge comparable à ceux qui existent dans d’autres pays membres de l’OTAN.
A la tête du département des anciens combattants au ministère de la Défense, Robert Speychal détaille les principales avancées :
« L’amendement introduit deux types de changements. Il y a des changements visibles, comme des allocations supplémentaires, et les changements moins visibles, qui concernent le travail de l’agence d’aide aux anciens combattants ou les programmes spécifiques qui leur sont destinés. Pour cela, nous nous inspirons beaucoup de ce qui se fait à l’étranger. Parmi les mesures visibles, nous avons valorisé les allocations. Ainsi, les 25 000 couronnes que les anciens combattants peuvent demander tous les ans peuvent désormais être dépensées pour un éventail plus large de besoins : cures thermales, soins dentaires, services nutritionnels, prise en charge psychologique, etc. Il existe également une toute nouvelle allocation pour les anciens combattants qui ont besoin de soins en permanence, que ce soit dans des établissements médicalisés ou à domicile. Ils doivent répondre à des critères stricts, mais cette allocation peut atteindre 25 000 couronnes par mois. Nous savons déjà que la plupart des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale y auront droit et qu’ils en bénéficieront. »
Une des principales nouveautés est également l’allocation que pourront désormais demander les proches qui accompagnent un ancien combattant dans son programme de soin, si son état de santé l’exige.
Autre changement important : la possibilité de demander le statut d’ancien combattant à titre posthume. Au total, 30 soldats – 29 hommes et une femme – ont perdu la vie lors de missions étrangères dans l’histoire moderne de l’armée tchèque. Cependant, la plupart d’entre eux n’ont pas été officiellement reconnus comme anciens combattants. Le colonel Robert Speychal explique :
« Il y a déjà un sens symbolique, car la plupart des soldats tombés au combat au cours de ces dernières décennies sont morts lors de leur toute première mission. En outre pendant 20 ans, la loi partait du principe que vous deviez vous présenter de votre vivant pour bénéficier du statut d’ancien combattant. C’était donc une situation injuste pour les familles. Ce changement a aussi des conséquences juridiques, car nous disposons d’un outil important, à savoir le Fonds militaire de solidarité créé il y a dix ans en collaboration avec l’ONG Caritas République tchèque. Tous les ans, en novembre, nous organisons une collecte en vendant des insignes en forme de coquelicots. Grâce à ce nouveau statut, les familles des soldats tombés au combat obtiennent le droit de recevoir à vie une aide issue de ce fonds. »
D’après la loi, sont considérées comme « anciens combattants », ou « vétérans » toutes les personnes qui ont été envoyées par la Tchéquie pour une opération à l’étranger dans le cadre d’une mission alliée de l’Union européenne ou de l’OTAN. Les militaires représentent 90 % de ce groupe, mais d’autres personnes peuvent également bénéficier de ce statut comme les membres de la police tchèque qui ont servi à l’étranger, au Kosovo par exemple. Dans une moindre mesure, il peut également s’agir de civils issus des rangs du service diplomatique qui ont servi pendant un certain temps dans une zone de guerre. La loi fixe également le temps que ces personnes ont dû passer sur place pour pouvoir bénéficier de ce statut.
Actuellement, la Tchéquie compte plus de 16 600 anciens combattants et l’impact de ce nouvel amendement sur le budget de l’Etat sera d’environ 31 millions de couronnes l’an prochain, et devrait atteindre 97 millions d’ici 2030. Parmi ces anciens combattants, 52 sont encore des vétérans de la Seconde Guerre mondiale.