Toujours vivant 37 ans après, le dernier condamné à mort en Tchéquie espère retrouver la liberté
Il est la dernière personne à avoir été condamnée à mort en Tchécoslovaquie. Le jugement avait été prononcé en 1988. Mais un an plus tard, alors qu’il aurait dû être exécuté, le régime communiste s’effondrait et, dans la foulée, la peine de mort était abolie. Depuis, Zdeněk Vocásek, dont la condamnation avait alors été commuée en une peine de réclusion criminelle à perpétuité, reste emprisonné. Ce mercredi, un tribunal de Bohême du Nord se prononcera sur sa nouvelle demande de libération conditionnelle.
Reconnu coupable de deux meurtres particulièrement brutaux espacés de quelques mois dans des affaires de règlements de comptes personnels et d’une tentative de meurtre, Zdeněk Vocásek, qui était alors âgé de vingt-sept ans et qui avait reconnu les faits après son arrestation par la police, a été condamné à mort, à Prague, le 8 septembre 1988.
Un an plus tard, après d'abord que son appel n'a pas abouti et que le président de la République Gustav Husák a rejeté sa demande de grâce, il était placé en cellule spéciale dans l’attente de l’exécution de sa peine, par pendaison, initialement prévue le 6 décembre 1989.
Mais entretemps, le 17 novembre, la révolution de Velours se mettait en marche et aboutissait, en l’espace de seulement quelques semaines, à la chute du régime communiste dans l’ancienne Tchécoslovaquie.
Dès son arrivée au pouvoir, Václav Havel, l’ancien dissident devenu président, s’empressait de faire abolir la peine capitale, et cinq mois plus tard, en mai 1990, le Parlement adoptait une réforme du code pénal qui remplaçait l’exécution par une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Et c’est ainsi que, trente-cinq ans et quelques mois plus tard, Zdeněk Vocásek est toujours en vie. Avec toujours, aussi, l’espoir de retrouver, un jour, la liberté. Et ce, désormais, peut-être même dans un proche avenir.
Ce mercredi, en effet, le tribunal régional de Most (Bohême du Nord), région où se trouve l’établissement pénitentiaire où Zdeněk Vocásek est actuellement incarcéré, devra statuer sur la demande de remise en liberté conditionnelle formulée par celui qui, au fil des années, est devenu le plus ancien détenu de Tchéquie.
En 2007, au moment de sa première demande de libération, et alors qu’il se trouvait alors encore derrière les barreaux de la prison de haute sécurité de Mírov (Moravie du Nord), Zdeněk Vocásek, qui a changé son nom de famille en Navrátil pendant son séjour en prison, s’était brièvement exprimé sur ses conditions de détention dans un reportage diffusé par la Télévision tchèque.
« Depuis vingt ans, je peux dire que c’est toujours la même chose, toujours et encore. Et rien de tout cela n’a vraiment de sens. Malgré tout, je regarde la télévision, je lis le télétexte, donc je sais très bien tout ce qui se passe dehors. Je lis aussi des romans, sur l’amour et ces choses-là, où il est aussi possible de trouver des émotions. »
Dans ce même reportage, Zdeněk Vocásek, dont les experts judiciaires, au moment du procès, avaient déclaré qu’il souffrait de « psychopathie polymorphe accompagnée de traits d’hystérie », et dont le quotient intellectuel avait alors été évalué à 77, affirmait avoir « complètement changé, tant sur le plan moral qu’éthique ».
Mais s’il estimait « se comporter correctement » et « être prêt à sortir » tout en admettant « savoir que c’est un gros risque pour vous » et qu’il s’agissait aussi « d’une question de confiance », psychiatres et psychologues, en revanche, lui reprochaient de ne jamais avoir exprimé le moindre remords.
Ce mercredi, l’audience se tiendra par vidéoconférence et les médias auront accès à la salle spécialement équipée pour l’occasion. Outre Zdeněk Vocásek, quarante-huit autres prisonniers, parmi lesquels trois femmes, purgent actuellement une peine de réclusion à perpétuité dans les prisons tchèques.
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Depuis la fin du régime communiste, seulement trois personnes condamnées à ce qui est plus communément appelé de la prison à vie ont été libérées, la plus « célèbre » d’entre elles étant indéniablement Jiří Kajínek en 2017, qui avait bénéficié d’une grâce du président de la République de l’époque, Miloš Zeman.








