Pour le Forum tchéco-allemand, les décrets Beneš appartiennent au passé
A l’occasion du 29ᵉ anniversaire de la signature de la Déclaration tchéco-allemande de 1997, les coprésidents du Forum tchéco-allemand de discussion ont déclaré que le débat sur les décrets Beneš devrait rester une question historique et non un sujet politique contemporain. Selon Rudolf Jindrák et Jörg Nürnberger, bien que des opinions différentes puissent subsister à leur sujet, ces décrets – adoptés en 1945 après la Seconde Guerre mondiale et qui ont notamment entraîné la perte de citoyenneté et la confiscation de biens pour des Allemands et des Hongrois – doivent être considérés comme appartenant au passé, et non comme une source de tensions actuelles.
Les coprésidents ont souligné que grâce à des initiatives de réconciliation comme la Déclaration de 1997, Tchèques et Allemands sont devenus de bons voisins et des partenaires au sein de l’UE et de l’OTAN, et que l’étude de ces épisodes peut servir à tirer des leçons pour l’avenir plutôt qu’à raviver de vieux conflits.
Ils ont également regretté que des disputes historiques refassent surface dans certains contextes politiques en Europe centrale. C’est notamment le cas en Slovaquie voisine où les pressions politiques autour des décrets Beneš ont récemment pris un tour inédit : l’opposition, notamment le parti Progresívne Slovensko, a soulevé la question des confiscations de terres fondées sur ces décrets, ce qui a contribué à une modification du Code pénal visant à punir jusqu’à six mois de prison quiconque remet en question ces textes, selon ses détracteurs. Cette démarche a provoqué de vives critiques de dirigeants de la minorité hongroise et de politiciens en Hongrie, qui accusent Bratislava de discrimination persistante et appellent à une réaction plus ferme, y compris au niveau européen.