Presse : Coupe du monde de foot, la Tchéquie sous la canicule, polémique autour du sommet de l’OTAN

Le match Mexique - Tchéquie

Cette nouvelle revue de presse revient sur la présence tchèque (très discrète) à la Coupe du monde de football, ainsi que sur la vague de chaleur jamais vue auparavant qui a accablé la Tchéquie. Elle s’intéresse également à la polémique autour de la participation tchèque au sommet de l’OTAN à Ankara et à des remaniements concernant le domaine des droits de l’homme.

« Nous sommes arrivés à la Coupe du monde de football avec de grandes attentes et nous sommes repartis en sachant que nos performances avaient été vraiment mauvaises. Notre jeu n’était ni moderne, ni audacieux, ni même souvent bien organisé. C’est la description d’une réalité que chaque spectateur a pu remarquer. D’autre part, au lieu de nommer ouvertement les problèmes, on nous a servi des explications totalement invraisemblables. C’est là un reflet assez fidèle du fonctionnement de la société tchèque d’aujourd’hui », lit-on sur le site Aktualne.cz.

« Les Tchèques quittent le Mexique en tant qu’équipe la plus faible du tournoi, dépourvue de tout attrait, si ce n’est peut-être sa capacité à ennuyer. Sa prestation a été un fiasco, inutile de se voiler la face. » C’est ce qu’estime le chroniqueur du site Info.cz, qui se consacre notamment au rôle de Pavel Nedvěd, devenu il y a un an directeur général de l’équipe nationale tchèque. Il s’agissait alors du grand retour d’une légende du sport, mais aussi de la promesse que le football tchèque aille de l’avant :

« Dans le football, après une telle débâcle, on cherche généralement un bouc émissaire en la personne de l’entraîneur. Mais c’est Pavel Nedvěd qui a choisi ce dernier, qui lui a accordé sa confiance et qui a mis sa réputation en jeu avec lui. Il est donc évident que Pavel Nedvěd, un fonctionnaire compétent à en juger par son passage à la Juventus, doit lui aussi partir. Dans son pays, ça n’a pas marché. Il s’avère que son choix était mauvais. Après cette humiliation, les dirigeants du football tchèque ont une occasion unique de contribuer à l’amélioration de la culture politique en Tchéquie, tout simplement en démissionnant. On entend par là des dirigeants au sommet, y compris le directeur, et non pas le sacrifice de l’entraîneur ou de quelques joueurs. »

« Les Tchèques n’ont jamais su s’imposer aux championnats du monde », observe le chroniqueur du journal en ligne Echo24.cz, tandis qu’une note publiée sur le site Seznam Zprávy souligne qu’il est temps de changer. De changer radicalement. Selon son auteur, il n’est pas nécessaire pour autant de licencier le sélectionneur national, comme cela a été le cas en début de semaine,  ou le directeur général, mais il faut absolument changer de mentalité.

« Qu’est-ce qui, ou qui, a été pour vous la plus belle et la plus grande surprise du tournoi jusqu’à présent ? ». Voilà la question que le journal Deník N a posée à plusieurs membres de son équipe à laquelle la majorité d’entre eux a répondu en désignant l’équipe du Cap-Vert. Point étonnant que, s’agissant de la plus grande déception, ils aient mentionné la sélection tchèque. Sinon, pour eux, « le tournoi est dans l’ensemble très réussi jusqu’à présent, avec beaucoup de buts, un jeu attractif et des histoires intéressantes. »

La Tchéquie sous la chaleur étouffante

« Jamais dans l’histoire de la Tchéquie il n’a fait aussi chaud. Une vague de chaleur saharienne de 40 degrés s’est abattue sur le pays », constate l’hebdomadaire Respekt au lendemain de la température qui est montée jusqu’à  41,9°C, battant ainsi tous les records. Le problème, selon l’auteur, est que des épisodes similaires, et parfois même plus longs, seront de plus en plus fréquents et intenses. Et y faire face n’est de loin pas seulement l’affaire des individus :

Photo: Jan Zátorský,  MF DNES,  LN/Profimedia

« C’est un défi pour les communes, les différentes organisations, la société civile et les responsables politiques, qui devraient proposer des solutions, comme c’est le cas pour les inondations et autres situations de crise, tout en s’attaquant aux causes profondes. Il faut commencer à prendre la chaleur très au sérieux et à s’y préparer. »

« Toute l’Europe est en proie à une vague de chaleur et n’y est pas suffisamment préparée. Mais notre gouvernement conteste le changement », indique à ce propos le journal en ligne Forum24.cz. Ainsi, par exemple, la Chambre des députés n’a pas adopté la proposition des Pirates visant à ce qu’elle se penche sur les mesures à prendre à ce sujet :

« On pourrait naïvement s’attendre à ce que, ces jours-ci, le Premier ministre intervienne lors d’une émission spéciale télévisée pour annoncer ce que le gouvernement fait pour la population. Qu’il reconnaisse que la crise climatique existe bel et bien et que nous devons nous protéger, car elle détruit nos vies. Qu’il annonce comment il entend réduire la combustion du charbon et dise ce que son gouvernement a fait et fera pour retenir l’eau dans les sols, alors qu’une sécheresse extrême sévit. Et qu’il fasse savoir que tous les hôpitaux et cabinets médicaux devront être équipés de la climatisation. Par ailleurs, l’Europe, et la Tchéquie aussi, utilise très peu la climatisation. »

Au lieu de cela, comme l’indique le journal, le gouvernement s’occupe de tout autre chose, par exemple, « d’une guerre absurde contre le président. »

Le site Seznam Zprávy rapporte pour sa part que les mesures montrent clairement que le nombre de journées chaudes augmente progressivement dans toutes les capitales régionales tchèques. Le nombre de journées tropicales  a même presque triplé dans plusieurs villes, par rapport aux années 1960. « Il existe bien sûr des cas extrêmes locaux qui s’écartent de cette tendance, mais la tendance générale est claire et se manifeste indépendamment des particularités locales », précise-t-il avant d’ajouter que l’augmentation du nombre de journées chaudes concerne également les villes situées en altitude. A Liberec, par exemple, le nombre de journées où la température dépasse 25° a presque doublé depuis 1960.

Le sommet de l’OTAN à Ankara : la polémique en Tchéquie perdure

Une polémique bizarre sur la question de savoir qui dirigera la délégation tchèque au sommet de l’OTAN à Ankara a accaparé pendant plusieurs mois l’espace médiatique et public. D’après le magazine Reflex, elle occulte toutefois  les questions essentielles qui seront abordées lors de cet événement :

Petr Macinka,  Andrej Babiš,  Petr Pavel | Source: Zuzana Jarolímková,  iROZHLAS.cz

« Le public tchèque, influencé par les querelles absurdes entre le président Petr Pavel, le Premier ministre Andrej Babiš et le ministre des Affaires étrangères Petr Macinka, peut estimer que notre budget fera l’objet d’une attention particulière à Ankara. Ce ne sera pas le cas, car le respect des engagements financiers ne fera l’objet d’une évaluation globale qu’en 2029. Ce ne sera pas le sujet principal de la réunion de cette année. Les discussions porteront surtout sur le renforcement du pilier européen de l’Alliance, sur une aide supplémentaire à l’Ukraine, sur les fonds destinés aux marchés publics militaires, ainsi que sur le renforcement et les changements dans l’industrie de la défense. A l’exception de ce dernier point, la République tchèque dispose d’une position de négociation faible. »

« Quant à la nécessité de renforcer le pilier européen de l’OTAN, que propose exactement la Tchéquie ? », s’interroge la revue avant d’indiquer qu’il y a des années, elle a promis à ses alliés de mettre sur pied une brigade de combat lourde, qui n’existe toujours pas. Ni le président Pavel, ni le Premier ministre Babiš ne peuvent justifier cela. « C’est un échec de plusieurs gouvernements et de l’ensemble de la classe politique », écrit-elle. Et de conclure :

« En réalité, peu importe qui représentera la République tchèque. C’est par notre propre faute que le pays s’est retrouvé, au sein de l’OTAN, à la traîne des alliés. Et dans cette position, il est difficile de justifier quoi que ce soit. »

Lorsque des experts quittent leurs postes

Le journal Deník N rapporte que les remaniements gouvernementaux concernant les agendas relatifs aux droits de l’homme ont provoqué un véritable séisme au sein du personnel. Environ un tiers des experts qui travaillaient bénévolement au sein des différents conseils consultatifs du gouvernement ont annoncé leur démission dans une déclaration commune :

Photo: Zuzana Jarolímková,  iROZHLAS.cz

« Les experts démissionnent en réaction aux mesures prises par le gouvernement, qui a décidé de rattacher les fonctionnaires chargés des questions relatives aux droits de l’homme à différents ministères. Les démissionnaires sont généralement des experts dans des domaines spécifiques des droits de l’homme ou des addictions. Il s’agit notamment de juristes, de sociologues ou d’autres spécialistes qui se consacrent à ces thèmes dans le cadre de leur pratique professionnelle. Dans le cadre de leur participation à ces conseils, ils contribuent à l’élaboration de la politique nationale.»

Les adversaires de cette modification craignent que le transfert de compétences entraîne un émiettement de la politique dans les secteurs concernés. Deník N indique que les fonctionnaires s’y sont même opposés par une grève, ce qui n’a pourtant pas suffi à convaincre le gouvernement de revenir sur sa décision.