Sécheresse : près de 1 000 zones en Tchéquie identifiées comme particulièrement menacées
Des scientifiques de l'Institut hydrométéorologique tchèque (ČHMÚ) ont identifié environ 1 000 territoires cadastraux particulièrement exposés à la sécheresse en Tchéquie. Il s'agit aussi bien de régions régulièrement touchées par le manque d'eau et le ruissellement rapide que de zones situées en altitude, où la sécheresse est habituellement moins fréquente mais qui peuvent elles aussi s'assécher lors des épisodes extrêmes.
« Nous avons identifié environ 1 000 territoires cadastraux qui présentent les conditions les plus défavorables », a déclaré à l’agence ČTK Jan Daňhelka, directeur du département d’hydrologie du ČHMÚ.
Pour identifier ces territoires, les scientifiques ont réalisé une analyse prenant notamment en compte la vitesse à laquelle l’eau s’écoule à la surface du sol au lieu de s’y infiltrer, la pente du terrain et ce que l’on appelle l’indice d’aridité.
Cet indice compare la quantité de précipitations reçue par un territoire à la quantité d’eau qui pourrait potentiellement s’en évaporer. Il permet notamment d’identifier les régions où les sols sont durablement déficitaires en eau, lorsque l’évaporation dépasse largement les précipitations.
Cette première analyse a permis d’identifier les territoires cadastraux présentant les conditions les plus défavorables.
Les spécialistes du ČHMÚ ont ensuite travaillé avec l’Institut de recherche sur la gestion de l’eau T. G. Masaryk afin d’identifier les « surfaces contributives des points critiques ». Il s’agit de zones où, lors de fortes pluies, l’eau risque de dévaler rapidement depuis les champs et de provoquer un important ruissellement de surface.
Les territoires répondant à ces deux critères ont finalement été intégrés à la liste des zones régulièrement menacées par la sécheresse et caractérisées par une évacuation rapide de l’eau.
Mieux prendre en compte les petits réseaux d’eau
Selon Jan Daňhelka, l’analyse pourrait à l’avenir être complétée par une étude des secteurs où le nombre de sources d’eau individuelles et de petits réseaux d’approvisionnement communaux est particulièrement élevé et où ces ressources dépendent davantage de l’état des sols et des paysages.
« Il serait à l’avenir pertinent d’envisager de compléter cette analyse en prenant également en compte les zones où un nombre plus important de sources individuelles et de petits réseaux d’eau communaux dépendent davantage de l’état du paysage », a-t-il expliqué.
La réalisation d’une carte recensant 500 à 1 000 sites problématiques où l’eau disparaît le plus rapidement a été demandée au ČHMÚ ainsi qu’aux ministères de l’Environnement et de l’Agriculture par le Premier ministre Andrej Babiš.
Nouveaux barrages en perspective
Cette mission découle de la première réunion de la Coalition nationale renouvelée de lutte contre la sécheresse, présidée par le chef du gouvernement.
Elle réunit notamment le ministre de l’Agriculture Martin Šebestyán et le ministre de l’Environnement Igor Červený. Parmi les experts participant aux travaux figurent entre autres le bioclimatologue Miroslav Trnka, de l’Institut de recherche sur les changements globaux de l’Académie des sciences tchèque et coordinateur du portail Intersucho, ainsi que Tomáš Fojtík, directeur de l’Institut de recherche sur la gestion de l’eau T. G. Masaryk.
Andrej Babiš a par ailleurs annoncé que la coalition gouvernementale allait négocier pour que le ministère de l’Agriculture dispose, l’année prochaine, de 4 milliards de couronnes (environ 160 millions d’euros) au lieu de 3 milliards, afin de financer des projets destinés à retenir l’eau dans les régions critiques. Il s’agirait notamment de construire les barrages de Nové Heřminovy, dans la région de Bruntál, de Kryry, dans la région de Louny, et de Vlachovice, dans la région de Zlín.
« Kryry se trouve dans les régions de Rakovník et de Louny, c’est-à-dire la région la plus sèche de Tchéquie, où l’eau manque depuis longtemps. Il existe donc des zones déficitaires où les barrages ou les ressources en eau font clairement défaut », précise Jan Daňhelka au micro de la radio publique.




