En Tchéquie, ces vendredi et samedi, des élections municipales et sénatoriales aux enjeux multiples
Les Tchèques – et les ressortissants de l’Union européenne résidant en République tchèque - sont appelés aux urnes, ces 9 et 10 octobre, pour les élections municipales, et le premier tour des élections sénatoriales partielles. Comme tous les quatre ans, la plus grande attention, en ce qui concerne les communes, se portera sur Prague et les autres grandes villes du pays. Quant à la Chambre haute du Parlement, le principal enjeu sera de savoir dans quelle mesure l’opposition au gouvernement d’Andrej Babiš restera majoritaire.
Pour la première fois depuis la tenue des élections législatives il y a un an, qui ont abouti à un net succès du mouvement populiste ANO puis à la formation d’une coalition gouvernementale tripartite dans laquelle figurent également une formation d’extrême droite (SPD – Liberté et Démocratie directe) et une autre eurosceptique et anti-écologiste (Les Automobilistes), les Tchèques sont appelés à voter ces vendredi après-midi (de 14h00 à 22h00) et samedi (de 8h00 à 14h00). Pour le cabinet, un peu moins de dix mois après sa nomination, il s’agira donc d’un premier test de popularité, ne serait-ce que dans une certaine mesure tant le caractère des deux scrutins à venir, et l’importance que les Tchèques leur accordent, diffère de celui des législatives.
Trente ans après l’organisation des premières élections sénatoriales dans l’histoire du pays, il leur sera demandé de renouveler un tiers des 81 membres siégeant à la Chambre haute du Parlement. Et dans les circonscriptions où un seul tour ne suffira pas, un second se tiendra la semaine prochaine. Si, traditionnellement, il s’agit là de l’un des scrutins qui, avec les élections européennes et régionales, intéressent le moins les Tchèques (respectivement 30,47 % et 17,54 % de participation pour les premier et deuxième tours en 2024), leurs résultats cette année n’en seront pas moins analysés avec un œil particulièrement attentif par les observateurs de la scène politique tchèque.
La principale raison de cet intérêt est que parmi les 81 membres composant actuellement le Sénat, seuls quinze défendent, sous différentes affiliations, les intérêts de la coalition gouvernementale ; tous les autres (66, donc), esentiellement représentants de l’opposition de centre-droit, luttant, au contraire, pour contrôler au mieux l’action et faire contrepoids à un gouvernement qui, lui, dispose d’une confortable majorité parmi les députés (108 sièges sur 200), soit donc à la Chambre basse du Parlement.
Pour cette fois, les partis STAN (Maires et Indépendants – formation libérale de centre-droit), et conservateurs de l’ODS et de TOP 09, qui se présentent sous une même bannière, défendent pas moins de vingt sièges. Ces trois partis, de même que les chrétiens-démocrates du KDU-ČSL (3 sièges) et la coalition Pirates-SEN 21 (Sénateur 21, parti libéral affilié au Parti démocrate européen - 3 sièges eux aussi), forment tous une opposition à la politique menée par le Premier ministre Andrej Babiš et ses équipes. Inversement, le mouvement ANO, dont le chef du gouvernement est le leader, ne défend, lui, qu’un siège. Ainsi, donc, même en cas de succès dans les urnes moindre cette année que lors des élections précédentes, l’opposition restera majoritaire au Sénat pour encore un certain temps.
Quid des municipales ?
Concernant les municipales, auxquelles peuvent donc participer les citoyens des pays membres de l’Union européenne résidant en République tchèque, elles concerneront, en principe, un peu plus de huit millions d’électeurs. Toutefois, là aussi, seuls quelque 3,8 millions d’entreux s’étaient rendus aux urnes il y a quatre ans pour un taux de participation légèrement inférieur à 46 %.
Dans les grandes villes du pays, où les partis traditionnels présentent une liste de candidats, la satisfaction relative à la politique menée ces derniers mois par le gouvernement ou le mécontentement actuel face, par exemple, aux prix élevés des carburants pourraient influencer le comportement des électeurs. Mais comme dans le cas des sénatoriales, et ce quels qu’en soient les résultats, c’est avec des pincettes qu’il faudra considérer le déroulement de ces municipales.
Au total, à l’échelle de tout le pays, où quelque 190 000 candidats se sont mobilisés pour ces élections, 6 255 communes seront concernées par celles-ci. Faute d’un nombre de candidats suffisants, seuls les habitants de trois communes n’auront pas la possibilité d’exprimer leurs préférences dans les urnes. De même, dans un sixième des communes, la composition du conseil municipal est connue avant même la tenue du vote, le nombre de candidats en lice correspond exactement à celui de conseillers à élire dans pas moins de 1 052 communes, très majoritairement de moins de 500 habitants.
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