Nouvelle sombre affaire sur la scène politique

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La police a arrêté, mercredi, trois hauts responsables politiques accusés de chantage, de perception de pots-de-vin, de corruption et de fraude lors du prélèvement d'importantes sommes d'argent en provenance des fonds européens. Parmi ces trois hommes figure notamment Zdenek Dolezel, ancien directeur du cabinet des ex-Premiers ministres sociaux-démocrates Stanislav Gross et Jiri Paroubek. Un nouveau scandale dont l'enquête menée actuellement a permis de découvrir que l'assassinat de Jan Kubice, chef de l'Unité de lutte contre le crime organisé, bien que non réalisé, était également planifié.

Zdenek Dolezel, photo: CTK
Les faits remontent au projet de rénovation du château de Budisov na Trebicsku, en Moravie, dont le coût des travaux avait été estimé à 70 millions de couronnes (près de 2,5 millions d'euros). Une estimation fortement exagérée qui, selon la police, devait permettre à Zdenek Dolezel, ainsi qu'au maire social-démocrate du village, Ladislav Peta, et à un officier du ministère de l'Agriculture, Miloslav Rehulka, de se partager quelque 30 millions de couronnes. Mais c'était sans compter sur l'architecte du projet, initialement impliqué lui aussi dans l'affaire, qui a fait part de ses soupçons à la police. Un témoignage qui, selon la chaîne de télévision Prima, aurait d'ailleurs dû coûter la vie de l'architecte.

Aussitôt la publication de ces informations dans les médias, le Parti social-démocrate, par la voix de son leader Jiri Paroubek, a fait savoir qu'il se distançait de Zdenek Dolezel et avait exclu Ladislav Peta. Quant au Parti civique démocrate de l'actuel Premier ministre démissionnaire Mirek Topolanek, il a nié l'hypothèse selon laquelle l'enquête aurait été lancée sur commande politique.

Reste que les écoutes réalisées pendant plusieurs mois par la police aux dépens des différents acteurs de l'affaire ont permis de découvrir qu'il existait également un plan savamment établi pour la liquidation de Jan Kubice, un personnage bien connu du grand public. En effet, en juin dernier, deux jours avant la tenue des élections législatives, c'est lui, chef de l'unité d'élite de lutte contre le crime organisé, qui avait présenté un rapport devant la commission de défense et de sécurité de la Chambre des députés, rapport dans lequel il affirmait ne pas être en mesure d'exercer son métier convenablement en raison des pressions exercées sur sa personne par les responsables politiques. Le chef du gouvernement Jiri Paroubek, le ministère de l'Intérieur et le chef de la police étaient notamment accusés d'avoir voulu influencer certains dossiers "délicats". En un mot, Jan Kubice prétendait que le crime organisé était présent au sein des plus hautes sphères de l'Etat. Des accusations que pourrait donc confirmer à plus ou moins long terme ce que les médias tchèques appellent "l'affaire Dolezel".