Nouvelle Vague surfe sur la « french touch » en anglais, et fait mouche !

Photo: www.nouvellesvagues.com

Nouvelle vague. Il y a quelques temps inconnu en République tchèque, il aura suffit d'une publicité pour un opérateur de téléphonie mobile local pour que la chanson du groupe, « Dance with me », devienne un tube et conquiert également le public tchèque. Jeudi dernier, le groupe a joué dans la salle de l'Akropolis à guichets fermés. Nouvelle Vague, c'est avant tout une aventure de reprises originales, lancée par Marc Collin. La « french touch » y est sans doute un peu pour quelque chose, avec le petit accent français qu'on entend poindre derrière les accords. Avant le concert, je me suis entretenue avec Marc Collin, ainsi qu'avec une des chanteuses, Mélanie Pain, qui m'a expliqué pourquoi Nouvelle Vague est désigné comme un « projet ».

MP : « C'est pas vraiment un groupe car on fait des reprises, donc on n'est pas dans des studios de répétition à travailler des morceaux ensemble. C'est plutôt l'idée géniale de Marc Collin à côté de moi qui s'est dit qu'il allait faire des reprises, et associer des musiciens et des interprètes. En ce sens là, c'est un projet. C'est uniquement des reprises de « new wave » chanté dans un style complètement différent, les personnalités bougent, ce ne sont jamais les mêmes chanteurs sur scène, sur le premier album il y avait huit voix, sur le deuxième cinq. »

MC : « C'est un collectif en fait. »

Cela veut dire que tous à côté vous avez vos propres activités ?

MP : « Tous à côté on a des groupes. »

Et vous, Marc, dites-nous comment est né le projet ? Je suppose que c'est par goût pour les musiques de ces années là, vous avez eu envie de les remixer, de les faire ?

MC : « Voilà, j'étais un grand fan de « new wave » et je suis devenu moi-même musicien. En réécoutant il y a quelques années des morceaux, je me suis rendu compte avec une écoute de compositeur, de musicien, qu'ils avaient écrit des chansons pop classiques. Et quand une chanson est classique on peut l'arranger. J'ai voulu le prouver, par jeu aussi. »

Est- ce qu'on ne vous reproche pas de reprendre des chansons ?

MC : « Franchement, on ne le fait pas du tout avec ironie, on le fait avec de respect car je suis le premier, fan de ces groupes-là. Je pense que cette sincérité s'est ressentie. Du coup, la plupart des gens ont accroché. »

Premier album et tout de suite 200 000 exemplaires vendus. Vous avez été surpris par cet élan soudain ?

MC : « Non ! » (rires)

MP : « Complètement, ça c'est s'est fait très vite, en trois mois l'album était bouclé, on n'avait pas de maison de disque, donc c'était pas un succès planifié, pas de stratégie commerciale etc. C'était un hommage et ça a touché plein de gens, beaucoup par bouche à oreille au début. »

Vous voyagez pas mal à l'étranger, quelles sont les réactions du public selon les pays ?

MP : « Les plus embêtants sont les Français. »

Ils n'apprécient pas que vous chantiez en Anglais ?

MP : « Ils sont un peu snobs par rapport aux reprises en fait. »

MC : « C'est parce qu'on est Français. On n'a pas la même chose si on joue en France, ça n'a pas le côté exotique comme quand on joue ici ou au Brésil. On revient d'une tournée en Amérique du Sud, où les gens ont adoré. Mais parce qu'on représente un petit groupe français branché du moment. On est plus rares. En France, on arrive on peut-être considéré comme tous les groupes qui font des reprises. Il y a forcément un côté péjoratif. Après c'est tout un débat : pourquoi quand on fait des reprises, pour les gens c'est facile ? Mais on a complètement transgressé ce truc-là, on est passés à travers, on est devenu un groupe à part entière pour plein de gens. D'ailleurs il y a plein de gens qui viennent et qui savent même pas qu'on fait des reprises. Mais c'est vrai qu'au départ, pour les gens, les groupes de reprise c'est ceux qui font les bals populaires, les soirées du samedi soir, c'est assez péjoratif. »