Ouverture du procès de quatre radicaux de droite inculpés de tentative de meurtre à motivation raciste

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Le procès de quatre extrémistes de droite, auteurs présumés d’un incendie criminel contre une famille rom, dont une fille de 2 ans brûlée sur 80% du corps, a commencé ce mardi devant le tribunal régional d’Ostrava, sous haute surveillance policière. Inculpés de tentative de meurtre à motivation raciste, les hommes âgés d’environ 25 ans encourent des peines allant de 12 à 15 ans de prison, éventuellement des condamnations à vie.

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Lors d’un incendie criminel commis la nuit du 18 au 19 avril 2009 dans la commune de Vítkov, trois membres d’une famille rom ont été blessés et la petite Natálka, âgée de 2 ans, a subi des brûlures au deuxième et troisième degré sur plus de 80% de son corps. Des cocktails Motolov lancés sur la maison étaient à l’origine de cet incendie. Les quatre extrémistes sont inculpés de tentative de meurtre à motivation raciste. Trois d’entre eux ont avoué, mais ils continuent de rejeter la responsabilité de l’acte l’un sur l’autre.

Ivo Müller et Václav Cojocaru, photo: CTK
Les résultats de l’enquête menée par une équipe de détectives du département de lutte contre le crime organisé ont démontré que Jaromír Lukeš était l’instigateur d’une attaque devant attirer l’attention de la scène néonazie, à la veille du 120e anniversaire de la naissance d’Adolf Hitler. Václav Cojocaru devait confectionner les trois bouteilles de cocktail Molotov lancées ensuite par lui et deux autres complices, Ivo Müller et David Vaculík.

La défense des hommes inculpés est basée sur le fait qu’ils ignoraient qu’il y avait des personnes à l’intérieur de la maison au moment de l’attaque. Ladislav Myšák, avocat de Cojocaru :

David Vaculík et Jaromír Lukeš, photo: CTK
« Václav Cojocaru n’a jamais contesté avoir lancé des bouteilles sur la maison. En ce qui concerne les effets, il dit avoir été surpris par les conséquences que cela avaient provoquées, et pas seulement lui mais aussi les autres. »

Pour Brigita Bilíková, procureur du parquet régional d’Ostrava, le rôle joué par les quatre est assez clair:

« Les preuves réunies, la reconstitution de l’attaque et les dépositions des inculpés permettent de déduire assez univoquement quel était le rôle de chacun d’entre eux. »

Anna Siváková, elle-aussi blessée dans l’attaque, est la mère de la petite Natálka qui a subi et devra subir encore des dizaines d’interventions et dont la survie est qualifiée de miracle par les médecins :

Anna Siváková et Natálka, photo: CTK
« Je souhaiterais qu’ils soient punis d’après les actes commis, que la justice soit rendue, car ma fille en souffrira toute sa vie, tant qu’elle restera en vie. »

L’intérêt du public et des médias pour le procès est exceptionnel. Le drame de la petite Natálka est retransmis hors les frontières du pays, par la chaîne de télévision américaine CNN. Pour son producteur Andrew Tkach, il faut montrer les souffrances de la victime innocente de cet acte ainsi que son contexte social plus large. Le procès doit durer jusqu’à la fin du mois de juin où le verdict devrait être prononcé.