Plus de morts sur les routes tchèques – le code de la route doit être modifié

L’année 2007 a, de nouveau, été une année noire sur les routes et autoroutes tchèques avec une augmentation du nombre des victimes des accidents de la route. Comment cela est-il possible, alors que la situation s’était améliorée en 2006, après l’entrée en vigueur du nouveau code de la route ? Faut-il le modifier ? La question est posée après la publication des dernières statistiques.

Dans le second semestre de l’année 2006, après l’entrée en vigueur du nouveau code de la route qui instituait le permis de conduire à points et des sanctions plus sévères pour sa violation, le nombre d’accidents de la route et de leurs victimes avait considérablement diminué. En 2007, ce sont 1123 personnes qui ont trouvé la mort sur les routes tchèques, ce qui représente 17 % de plus qu’en 2006. Ces chiffres obligent les experts, le ministère des Transports et la police à se pencher sur les raisons de cette dangereuse tendance.

Il apparaît que les principaux responsables de graves accidents de la route sont les chauffeurs âgés de 25 à 34 ans qui possèdent leurs permis de conduire depuis moins de deux ans. Les accidents sont le plus souvent le résultat d’un excès de vitesse, de la conduite en état d’ivresse ou sous l’influence de drogues. Comme un peu partout dans les pays de l’Union européenne, les accidents mortels sont les plus fréquents pendant le week-end, lors des rentrées de discothèques, bals ou concerts. Que faire pour remédier à cette situation ? Les experts en trafic routier sont unanimes : renforcer les contrôles de la police et accélérer le règlement des sanctions pour violation du code de la route. D’après le nouveau président de la Police tchèque, Martin Cervicek, les rangs de la police de la route vont être renforcés par les membres de la police des frontières qui n’existe plus, depuis l’entrée de la Tchéquie dans l’espace Schengen.

La police de la route va être dotée de nouveaux moyens techniques, radars statiques et manuels et devrait coopérer plus étroitements avec les mairies. Le code de la route devrait subir d’importantes modifications. A ce propos, le ministre des Transports, Alois Rebicek :

« Il s’agit surtout de la question d’un proche qui aurait commis une infraction au volant de votre véhicule, que nous n’avons pas encore résolue du point de vue législatif, cela concerne aussi la circulation des camions, les dépassements, les limitations. Il existe dans les 800 propositions de modifications, et c’est vraiment beaucoup. »

Parmi ces propositions, citons aussi la modification du système de permis de conduire à points, l’introduction éventuelle d’un permis à l’essai pour les jeunes qui limiterait leurs compétences sur la route, par exemple seulement 110 km/h sur les autoroutes au lieu de 130 km/h, l’interdiction de dépassement aux camions sur certains tronçons d’autoroute, le changement de la priorité sur les passages cloutés.

Dans ce dernier cas il s’agit d’une modification importante : aujourd’hui le piéton a la priorité sur un passage clouté, sauf dans le cas des tramways. Il ne devrait plus en être ainsi, mais le projet est très critiqué, aussi bien par la police que par les sociétés et les conducteurs de transports en commun. Petr Blazek, directeur de la Société des transports en commun pragois :

« Le tram, à la différence des autres véhicules, freine sur une plus longue distance. En effet, il pèse dans les quinze tonnes et ne peut donc s’arrêter immédiatement. Il faut encore prendre en compte que le tram transporte des passagers et que dans le cas d’un brusque freinage pour éventuellement donner la priorité à un piéton, ces passagers pourraient se blesser gravement en tombant. »

En dehors des mesures de répression, la police et le ministère pensent encore intensifier les activités de prévention et de formation. La police a préparé deux campagnes de sécurité routière : « The Action » qui est une série de conférences des policiers et pompiers pour les étudiants des écoles secondaires, orientée sur le caractère horrible des accidents de la route, et « Mettons-nous d’accord » (Domluvme se), incitant les jeunes à choisir celui qui ne consommera pas d’alcool et transportera les autres en sécurité, après une soirée en discothèque par exemple.