Porcherie de Lety : une solution avant la présidence tchèque de l’UE ?

Criadero de cerdos en el lugar de un antiguo campo de concentración nazi en Lety

Ce mardi avait lieu la cérémonie annuelle à la mémoire des victimes du camp de concentration rom de Lety, près de Pisek en Bohême du sud, là où une porcherie industrielle a été bâtie sous le régime communiste dans les années 1970. Un problème que les gouvernements successifs tchèques ne sont toujours pas parvenus à résoudre.

C’est la treizième fois qu’une cérémonie à la mémoire des victimes a lieu autour de la modeste stèle inaugurée en 1995 par Vaclav Havel. Force est de constater que les choses évoluent peu d’année en année.

Tous les 13 mai, la ventilation de la porcherie est coupée pour que l’odeur nauséabonde ne trouble pas la cérémonie, mais elle est remise en marche quelques heures plus tard.

Ce mardi, plusieurs politiciens avaient fait le déplacement, dont le député européen Milan Horacek. Deux membres du gouvernement étaient aussi présents, tous du parti des Verts. Et malgré tout la ministre en charge des minorités, Dzamila Stehlikova, tente de rester optimiste.

Elle a indiqué que la commission spéciale chargée du problème de la procherie de Lety allait bientôt présenter un plan pour parvenir à un règlement « global ». Pas seulement à Lety donc, mais aussi à Hodonin en Moravie, où un autre camp de concentration tzigane a existé et où se trouve aujourd’hui un camp… de vacances.

La ministre a souligné que cela devait se faire avant la présidence tchèque de l’UE, qui commence en janvier 2009. Rappelons que le Parlement européen a déjà recommandé expressément, et à deux reprises, aux autorités tchèques de faire en sorte que la porcherie soit déplacée.

Mais il faut également rappeler que dans le même temps ce sont des fonds européens qui ont permis de financer la nouvelle fosse à purin de cet élevage industriel, l’un des principaux du pays avec ses 13 000 porcs.

La cérémonie s’est terminée par une visite du cimetière de la commune voisine où ont été enterrées dans des fosses communes une partie des plus de 300 victimes qui ont trouvé la mort dans le camp de Lety. Des centaines d’autres ont été déportées vers Auschwitz.