Presse : la viande d'agneau, pas une tradition culinaire tchèque à Pâques

La viande d'agneau

Cette nouvelle revue de presse explique d’abord pourquoi manger de l’agneau ne fait pas partie des traditions culinaires de Pâques en Tchéquie. Au sommaire également : les spécificités de la scène politique locale, le Musée Comenius de Naarden, aux Pays-Bas ou encore la popularité de la coupe de cheveux « low taper fade » chez les jeunes Tchèques.

Si manger de l’agneau fait partie des traditions pascales dans la plupart des pays européens, les Tchèques, eux, préfèrent un agneau fait de beurre, de sucre et de farine. Et si les motifs religieux ont conservé leur importance dans la culture tchèque, ils s’inscrivent toutefois davantage dans un contexte folklorique. Une évolution à laquelle l’animal a certes survécu, mais davantage comme un symbole visuel que comme une incarnation de l’Agneau de Dieu. Le journal Deník N explique ainsi comment ce symbole sacrificiel est devenu une tradition sucrée et pourquoi la viande d’agneau est le plus souvent absente des tables tchèques le dimanche de Pâques :

L’agneau pascal | Photo: Štěpánka Budková,  Radio Prague Int.

« L’agneau pascal sucré est incontournable sur les tables de fête tchèques. Dans chaque foyer ou presque, un biscuit en forme d’agneau, légèrement saupoudré de sucre ou nappé de chocolat, avec ou sans ruban autour du cou, est préparé. S’agissant de la viande de mouton et d’agneau, sa consommation annuelle en Tchéquie, selon les statistiques du ministère de l’Agriculture, est bien inférieure à un kilo par personne puisqu’elle se limite en moyenne à quelque 300 grammes. À titre de comparaison, la consommation de viande de porc dépasse les 40 kilos par personne, tandis que celle de volaille se situe entre 25 et 30 kilos. L’agneau ne représente donc qu’une infime partie du régime alimentaire courant des Tchèques. Une part importante de la production locale de viande d’agneau est même destinée à l’export. »

Ces dernières années, comme l’ajoute le journal, on observe une volonté dans les restaurants et foyers de redonner place à l’agneau, les chiffres n’en restent pas moins faibles. Pour le week-end pascal, les ventes augmentent légèrement, mais les Tchèques restent dans leur très grande majorité fidèles à la pâtisserie en forme d’agneau.

En quoi la scène politique tchèque n’a pas d’équivalent en Europe

Le dernier sondage de l’agence Kantar a confirmé la position dominante sur la scène politique tchèque du mouvement ANO d’Andrej Babiš, propriétaire d’un grand groupe agroalimentaire et chimique. Un leadership qui dure depuis plus de dix ans. Avec ses 80 députés, ANO ne possède pas de réelle concurrence. Le site Seznam Zprávy remarque que seule l’Italie a connu une situation similaire entre 1994 et 2013, quand le pays était dirigé par le magnat des médias Silvio Berlusconi. Ce constat est l’occasion d’évoquer d’autres éléments qui confirment que « la scène politique tchèque n’a pas d’équivalent en Europe » :

Andrej Babiš  (ANO) et Petr Macinka  (Motoristé) | Photo: Zuzana Jarolímková,  iROZHLAS.cz

« STAN, le parti des Maires et Indépendants, formation qui défend les intérêts locaux et prône la décentralisation, se positionne actuellement comme le principal concurrent du mouvement ANO. Seule la Croatie a connu une situation quelque peu similaire avec l’entrée à la Chambre des députés de Most, un parti fondé en 2012 par des maires de Dalmatie. De même, il n’existe nulle part ailleurs qu’en Tchéquie un Parti pirate bénéficiant d’un soutien d’environ 10 %, à l’exception dans une moindre mesure du Luxembourg et de l’Islande. Quant aux ‘Motoristé’ (Les Automobilistes), ils n’ont d’équivalent nulle part ailleurs en Europe. Autrement dit, dans aucune autre démocratie européenne, un projet marketing créé ad hoc ne parvient à entrer aussi facilement à la Chambre des députés. »

Seznam Zprávy rappelle que jusqu’à présent, le principal rival d’ANO était le parti conservateur ODS. Avec la Social-démocratie (SOCDEM, anciennement ČSSD), il a longtemps formé un tandem classique qui, comme dans d’autres pays européens, déterminait l’orientation politique du pays. Mais aujourd’hui, l’ODS ne bénéficie plus que de 15 % d’intentions de vote, tandis que son pendant de gauche est en état de mort clinique.

Toutefois, d’après ce qu’estime le chroniqueur du site, le caractère aléatoire et imprévisible de la scène politique tchèque est peut être la conséquence de coutumes nationales spécifiques, notamment de l’horreur que les Tchèques ressentent traditionnellement à l’égard des partis. Et encore, conclut l’auteur, « davantage que comme une compétition entre partis, les Tchèques envisagent la politique de plus en plus comme un duel de personnalités ».

Jan Amos Komenský (Comenius) à Naarden

« Bien que les enfants, en Tchéquie mais aussi dans une grande partie de l’Europe, apprennent que Comenius a profondément influencé les méthodes et la pratique de l’enseignement scolaire, Naarden, ville néarlandaise où repose le Professeur des nations  et où se trouve son musée, ne fait pas partie des lieux qui attirent le plus grand nombre de touristes. Malgré cela, on y ressent la grandeur et l’envergure internationale de cette brillante personnalité. » C’est ce que relate l’hebdomadaire Reflex de retour d’une visite aux Pays-Bas dans cette cité fortifiée  de quelque 17 000 habitants, avant de rappeler que le philosophe et pédagogue morave Jan Amos Komenský est né il y a très précisément 434 ans, le 28 mars 1592, et d’évoquer le mystère qui se rattache à son enterrement :

La statue de Jan Amos Komenský à Naarden | Photo: Ziko van Dijk,  Wikimedia Commons,  CC BY-SA 4.0 DEED

« En effet, on peut se demander pourquoi Comenius est enterré précisément à Naarden, alors qu’il a passé les quatorze dernières années de sa vie dans l’une des plus belles rues d’Amsterdam. C’est là aussi qu’il est décédé le 15 novembre 1670. Après sa mort, Comenius et sa tombe sont tombés dans l’oubli. Au XIXe siècle, alors que l’intérêt pour les grandes figures de l’histoire tchèque grandissait, de vastes recherches ont été menées pour localiser le lieu où repose la dépouille de Comenius. Après s’être rapidement estompé, cet intérêt est réapparu après la fondation de l’État tchécoslovaque indépendant. Une coopération vraiment fructueuse n’a été engagée qu’à l’époque de l’histoire moderne du pays. »

Fondé en 1992, le Musée Comenius, qui depuis 2006 abrite l’exposition permanente « Vivat Comenius », décerne chaque année un prix à diverses personnalités qui, à l’instar du fondateur de la pédagogie, philosophe, écrivain et évêque Komenský, parviennent à relier différents domaines et dont les travaux s’inscrivent dans la continuité de son héritage. Parmi les lauréats figure, par exemple, le théologien et philosophe tchèque Tomáš Halík. Le magazine indique également que le Musée Comenius  collabore avec le musée Jan Amos Komenský à Uherský Brod, la ville de Moravie où il est né, et que de nombreux autres musées et lieux liés à ce grand Tchèque « au rayonnement comme nous en avons peu dans notre histoire », se trouvent précisément en Tchéquie.

La popularité de la coupe de cheveux « low taper fade » en Tchéquie

« Pourquoi tous les garçons ont-ils aujourd’hui une coupe de cheveux ‘low taper fade’ ? Et pourquoi est-il absurde de s’en plaindre ? » Telles sont les deux questions soulevées par une chroniqueuse de l’hebdomadaire libéral Respekt auxquelles elle cherche également une réponse :

Photo: Griffin Wooldridge,  Pexels

« Lorsque l’on se promène aujourd’hui dans les rues de n’importe quelle ville en Tchéquie, on y voit des copies d’Henri V, célèbre souverain anglais qui régna au tournant des XIVe et XVe siècles, les unes à côté des autres. Évidemment, les adolescents d’aujourd’hui seraient profondément offensés si vous leur disiez qu’ils ont une coupe en forme de bol. D’abord parce qu’il ne s’agit pas d’une coiffure, mais d’une coupe qui n’est pas copiée sur les casseroles de leurs grands-mères, mais vient de chez le barbier. Là où ils se rendent régulièrement pour un entretien, certains même pour une permanente, afin que leur coupe ait le volume requis. On donne différents noms à cette coupe : brocoli, lama, alpaga, fluffy hair, c’est-à-dire cheveux bouffants, parfois même, de manière un peu désuète, chou-fleur. Et comme on va chez le coiffeur ou le barbier, on parle aussi de low taper fade. »

Le fait que lamas et brocolis sillonnent vraiment beaucoup le paysage tchèque a conduit certains, et pas seulement issus des générations plus âgées, à se demander ce que cette coupe de cheveux nous dit des jeunes. Son uniformité, comme l’indique l’auteure de l’article, complétée par des pantalons très larges et des vestes matelassées courtes, peut laisser à penser que les jeunes sont tous pareils, une affirmation parfois formulée avec un dédain manifeste. Il est toutefois très délicat, selon elle, de tirer des conclusions sur l’époque actuelle, et surtout des conclusions négatives, à partir d’une coupe de cheveux et de la tenue uniforme des adolescents :

« Les garçons d’aujourd’hui expriment un désir le plus fondamental de leur âge, à savoir s’intégrer parmi leurs pairs, leur ressembler. Et la mode contribue à cela. De tout temps, les gens se sont habillés et coiffés de manière similaire. Or, plus que la vanité de la génération actuelle, les adolescents d’aujourd’hui nous rappellent le caractère cyclique de la mode et de tendances qui s’entremêlent, se répètent et se copient d’une culture ou d’une époque à une autre. »