Transgenre néonazie multicondamnée, Marla-Svenja Liebich sera bien extradée vers l’Allemagne
Militante néonazie et transgenre allemande arrêtée en Tchéquie en avril dernier après plus de huit mois de cavale pour échapper à son incarcération, Marla-Svenja Liebich sera finalement extradée vers son pays d’origine, a statué la Cour supérieure de Prague, mardi 7 juillet.
Profil complexe, et pour le moins atypique, que celui de Marla-Svenja Liebich. Née homme sous le nom de Sven Liebich, Marla-Svenja, aujourd’hui âgée de 55 ans, se fait d’abord connaître de la justice du Land de Saxe-Anhalt pour son appartenance à des groupuscules néonazis. Ces activités lui valent d’être condamnée à six reprises par la justice allemande, pour injures, diffamation, calomnie ou encore incitation publique à la discrimination raciale. C’est d’ailleurs pour des chefs d’accusation similaires que, en 2023, le tribunal de Halle (Saxe-Anhalt) condamne celle qui s’appelle alors encore Sven Liebich à un an et demi de prison ferme.
Une condamnation qui précède la demande de changement de sexe faite en janvier 2025, à la surprise générale, par le militant néonazi auprès de l’état civil allemand. Une démarche rendue possible suite à l’adoption, en 2024, par le gouvernement de centre-gauche d’Olaf Scholz, d’une loi dite « sur l’autodétermination ». Fini donc l’époque où Sven Liebich perturbait les marches des fiertés dans sa région natale et qualifiait encore les personnes LGBT+ de « parasites de la société ». Sven Liebich se fait désormais appeler Marla-Svenja Liebich. Il troque le brassard rouge pour un imprimé léopard avec lequel il se présentera d’ailleurs quelques mois plus tard devant les juges en Tchéquie. Quant au rouge, Marla-Svenja le réserve dorénavant à ses lèvres.
Dès lors, hors de question pour l’intéressée d’être incarcérée dans une prison pour hommes. La prévenue dit craindre pour sa sécurité et sa dignité. Une requête entendue puisqu’il est décidé de placer Marla-Svenja dans une prison pour femmes.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. En août 2025, alors qu’elle doit se présenter à la maison d’arrêt de Chemnitz (Saxe) pour purger sa peine, Marla-Svenja est aux abonnés absents. Elle sera finalement retrouvée et arrêtée plus de huit mois plus tard, en avril 2026, en vertu d’un mandat d’arrêt européen, dans la bourgade répondant au doux nom – ironie de l’histoire – de Krásná (littéralement « belle », en tchèque), dans la région de Karlovy Vary dans l’ouest de la République tchèque.
Marla-Svenja Liebichová, comme l’appellent les Tchèques, est placée en détention provisoire par le Tribunal régional de Plzeň. Puis, en juin, les juges de première instance ordonnent l’extradition de la ressortissante allemande. Marla-Svenja interjette alors appel.
Un appel rejeté puisque, mardi 7 juillet, la Cour supérieure de Prague, qui est la cour d’appel d’instance supérieure pour la juridiction de la moitié ouest de la République tchèque, a confirmé le précédent verdict. « La Cour supérieure de Prague a statué que, dans les deux cas, la plainte de la personne recherchée n’était pas fondée. Cette décision signifie que la présidente du Tribunal régional de Plzeň n’a pas été récusée dans cette affaire, et que l’extradition de la personne recherchée vers la République fédérale d’Allemagne a été confirmée », a indiqué la porte-parole de la Cour, Eliška Duchková. L’extradition doit avoir lieu dans les dix jours.
De l’autre côté de la frontière, en Allemagne, l’affaire Liebich a relancé le débat autour de la loi sur l’autodétermination. Soucieux d’aider les personnes transgenres et non binaires, le gouvernement d’Olaf Scholz n’avait, au moment de son examen, probablement pas anticipé tous les risques de détournement de ce nouveau texte. Selon l’agence de presse allemande DPA, les Länder de Saxe, de Saxe-Anhalt et de Thuringe envisageraient d’ores et déjà un durcissement de la loi afin d’empêcher tout abus à l’avenir.






