Presse : le Jour de la Victoire selon des éléments tchèques pro-russes / Espoirs tchèques à Roland Garros
Cette nouvelle revue de presse s’intéresse d’abord à ce comment les éléments tchèques pro-russes entendent célébrer le Jour de la Victoire avant d’expliquer pour quelle raison un emploi « normal » ne garantit plus une vie confortable en Tchéquie. Un mot aussi sur le nouveau Pont Dvorecký, apprécié par les experts et par les Pragois et sur la forte participation de joueurs et joueuses tchèques à l’édition de cette année de Roland Garros.
« Lorsque le BIS (contre-espionnage tchèque, ndlr) a averti, il y a quelques années, que les discours russes qui déforment la vision de l’histoire européenne moderne, en particulier celle de la Seconde Guerre mondiale, trouvaient un écho considérable en Tchéquie, beaucoup ont minimisé ce phénomène. Or, une partie importante des citoyens tchèques, imprégnés par l’histoire communiste, vénère les mensonges russes comme la seule vérité ». C’est ce dont fait part le journal en ligne Forum24.cz qui situe ce constat dans le contexte des célébrations de la fin de la guerre en 1945 telles qu’elles sont envisagées par des éléments pro-russes :
« La Tchéquie célèbre son Jour de la Victoire le 8 mai, tout comme les autres pays européens qui rejettent la réécriture soviéto-russe de l’histoire. Mais, suivant le modèle russe, des éléments pro-russes vont célébrer cette journée le 9 mai, en occupant à cette fin la place de la Vieille Ville à Prague. Le fait que les partenaires du festival soient, par exemple, le journal communiste Naše pravda (Notre vérité), ainsi que l’association nationaliste et anti-européenne Svatopluk, en dit long. Sur la page Facebook du Festival du Jour de la Victoire, on peut lire qu’il s’agit d’un ‘nouveau projet de bénévoles tchèques qui souhaitent, toutes générations confondues, contribuer à ne pas oublier nos héros et nos véritables libérateurs’. »
La Tchéquie est un pays libre et démocratique où nous cultivons la liberté d’expression. Mais cela ne signifie pas, comme le souligne l’éditorialiste du journal, qu’il est possible de mentir librement et en toute impunité :
« Lorsque, le 9 mai, des drapeaux rouges arborant le marteau et la faucille, des étoiles rouges et des rubans de Saint-Georges feront leur apparition au centre de Prague, lorsque l’hymne soviétique y retentira, les autorités policières tchèques devraient intervenir, car la propagande du communisme soviétique est punissable. La Tchéquie, en tant que pays se réclamant de la démocratie et de l’État de droit, ne devrait pas tolérer les déchaînements des éléments pro-russes. Si cela devait tout de même se produire, ce ne serait qu’une nouvelle étape symbolique dans le processus de destruction de notre système démocratique. »
Lorsqu’un emploi « normal » ne garantit plus une vie confortable
« Il ne suffit plus de faire des efforts. Le sentiment que le système est injuste va se répandre parmi la classe moyenne ». Ou encore, « en 2026, le capitalisme démocratique en Tchéquie atteint ses limites naturelles ». Voilà ce qu’indique en introduction un texte publié dans l’hebdomadaire Respekt. Son auteur explique :
« Le mantra du travail acharné, grâce auquel les gens peuvent accéder à une vie de qualité, est profondément ancré en Tchéquie. Point étonnant. Dans un pays qui était et qui est une puissance industrielle, une grande partie de la population a une expérience personnelle du travail pénible dans les usines, voire dans les mines. Sous l’ancien régime, cela s’accompagnait d’une certaine sécurité de l’existence. Après le passage au capitalisme démocratique, l’espace public a été envahi par la conviction que chacun, à force d’efforts, pouvait réussir un peu plus encore, au-delà des certitudes de la vie telles qu’un emploi permanent, un foyer stable et quelques vacances. »
Ce qui s’appliquait dans une certaine mesure sous le socialisme et, sous une forme plus souple, au début du capitalisme, s’applique beaucoup moins aujourd’hui. Et ce en dépit du fait, comme l’indique l’auteur de l’article de Respekt, que le niveau de vie en Tchéquie reste phénoménal :
« Certains aspects de la vie ont évolué au cours des 35 dernières années dans une direction qui explique la frustration d’une partie de la société et, en particulier, des jeunes et des personnes sans ressources. Il suffit de regarder les prix du logement et d’autres garanties sociales, comme les retraites, par exemple. Bien sûr, ceux qui travaillent davantage vivront un peu mieux, mais la probabilité qu’un simple emploi dit normal permette d’avoir une vie confortable a considérablement diminué au cours des trois dernières années. Désormais, le sentiment que le système est injuste va se répandre même parmi les personnes qui se définissent comme appartenant à la classe moyenne, laquelle devrait être le pilier du capitalisme démocratique. Et cela n’augure rien de bon. »
Fonctionnel et d’un goût raffiné, le nouveau Pont Dvorecký satisfait les experts et les Pragois
Selon le chroniqueur du site Seznam Zprávy, l’inauguration, le 17 avril, du Pont Dvorecký, le 21è à enjamber la Vltava sur le territoire de la métropole, est une bonne nouvelle. D’autant plus que ces dernières années, on a surtout entendu parler du risque d’effondrement de tel ou tel pont de Prague, dont notamment ceux de Libeň, Železniční ou Hlávkův. Cela représente ainsi une nouveauté agréable, d’autant plus que le pont Dvorecký contribue de manière significative à la qualité de vie dans la capitale :
« Il améliorera la circulation, il est fonctionnel, et qui plus est, il est très réussi. Il est plaisant à regarder, même si, pour l’instant, uniquement de l’extérieur. Il mériterait d’être admiré, même lorsque le béton blanc à haute résistance aura pris de la patine. De loin, il semble subtil, voire fragile. Ses accents cubistes lui vont bien et s’harmonisent avec le fait qu’il enjambe l’eau en formant un léger angle. Le pont Dvorecký est intéressant, sans pour autant s’imposer. Il s’inscrit parfaitement dans l’échelle de Prague et donne l’impression d’avoir toujours été là. Qui plus est, cette esthétique fait partie de la qualité de vie souhaitée. La cinquième région la plus riche d’Europe peut, doit et a le droit de se permettre de construire des ouvrages publics qui soient à la fois fonctionnels et d’un goût raffiné. »
L’objectif de ce nouveau pont, comme l’ajoute le chroniqueur, est de relier les rives de la Vltava pour les transports publics, les piétons et les cyclistes. Les voitures, à l’exception des ambulances, des pompiers et de la police, n’y sont pas autorisées. « Il s’agit d’une décision mûrement réfléchie et juste, qui n’est en rien contestable. Le fait qu’elle fasse parfois l’objet de discussions, comme s'il s’agissait d’un sujet controversé, illustre de manière éloquente à quel point nous avons pris l’habitude de concevoir la qualité de vie depuis le volant », observe-t il. Et d’émettre le vœu « que ce pont sans voitures ne devienne pas un nouveau champ de bataille pour des guerres culturelles futiles ».
À l’issue d’un bref sondage, le journal Deník N rapporte que les habitants des deux rives de la Vltava ont globalement une opinion plutôt positive du pont. Ils apprécient la facilité des déplacements et l’esthétique du pont, même si certains ont encore du mal à s'adapter à la nouvelle organisation du trafic.
Les espoirs tchèques pour Roland Garros 2026
« Du point de vue tchèque, l’édition de cette année de Roland-Garros s’annonce à nouveau très animée », prévient à près d’un mois de ce tournoi du Grand Chelem le chroniqueur sportif du journal Mladá fronta Dnes. Il rapporte que treize représentants tchèques, quatre hommes et neuf femmes, sont assurés de participer aux tableaux principaux en simple, dont une débutante :
« En simple féminin, les piliers traditionnels et la nouvelle génération seront au rendez-vous. Karolína Muchová, Linda Nosková, Marie Bouzková, Sára Bejlek, Kateřina Siniaková, Markéta Vondroušová, Barbora Krejčíková, Tereza Valentová et Nikola Bartůňková ont toutes leur place assurée. Cette dernière connaît une saison exceptionnelle et fera ses débuts en Grand Chelem à Roland-Garros, évitant, pour la première fois de sa carrière, les qualifications. En début d’année, elle s’était fait remarquer à l’Open d’Australie, où elle était passée des qualifications jusqu’au troisième tour. Du côté masculin, la Tchéquie sera représentée par quatre joueurs : Jiří Lehečka, Jakub Menšík, Tomáš Macháč et Vít Kopřiva. C’est de Lehečka et du talentueux Menšík que l’on attend une percée significative, même si la concurrence est extrêmement rude. La représentation tchèque ne s’arrêtera peut-être pas à ces noms. D’autres joueurs et joueuses ont une chance de passer les qualifications. »
Le chroniqueur rappelle que l’édition de Roland Garros de l’année dernière n’a pas été très réussie pour les joueuses et joueurs de simple tchèques. Seuls Lehečka, Vondroušová -actuellement sous la menace d'une suspension pour dopage - et Bouzková ont atteint le troisième tour, et aucun Tchèque n’était présent en huitièmes de finale. Mais l’histoire montre, comme il le rappelle, que les Tchèques ont de quoi être confiants sur la terre battue parisienne. En simple féminin, Barbora Krejčíková a triomphé en 2021 et Markéta Vondroušová en 2019, tandis que Karolína Muchová a atteint en 2023 la finale. À noter également la victoire en double du duo Krejčíková-Siniaková ».






