Professionnalisation de l'Armée tchèque : la quille pour les derniers appelés

Les derniers appelés du service militaire, photo: CTK
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Finie la corvée de patates et le lit au carré ! Les derniers appelés du service militaire ont quité les casernes ce mercredi. Désormais, la République tchèque est l'un des premiers pays d'Europe centrale et orientale, avec la Hongrie, à disposer d'une armée entièrement professionnelle.

Les derniers appelés du service militaire,  photo: CTK
« Nous ne pouvons pas dire qu'à partir du 1er janvier 2005, nous serons une armée de professionnels et que nous serons complètement prêts. Ce n'est pas vrai. » C'est avec des propos teintés de prudence et de réalisme que le général Josef Sedlak, commandant en chef des Forces Armées, a réagi à la fin effective du service militaire obligatoire. Selon lui, la libération des conscrits de l'Armée tchèque est l'unique raison qui permette d'affirmer que celle-ci est aujourd'hui totalement professionnelle.

146 ans après son introduction ordonnée, en 1858, par l'empereur d'Autriche et roi de Hongrie François-Joseph 1er, et cinq ans après son entrée dans l'OTAN, la République tchèque est cependant le neuvième pays européen, depuis la Grande-Bretagne en 1962, à restructurer son armée pour en faire un corps de métier. Le développement de systèmes technologiques toujours plus pointus, pour l'emploi desquels une formation de douze mois ne suffit plus, la réduction des effectifs pour des raisons budgétaires, et enfin sa spécialisation au sein de l'Alliance atlantique dans la lutte contre les armes de destruction massive, la médecine militaire et les systèmes d'observation et de détection passive sont les trois principales raisons du changement de nature de l'Armée tchèque. Celle-ci sera désormais composée d'environ 22 000 militaires et 20 000 autres employés civils, alors qu'ils ont été jusqu'à 300 000 soldats en pleine période de Guerre froide.

 Karel Kühnl avec les derniers appelés du service militaire,  photo: CTK
Mardi, c'est à Strakonice, en Bohême du sud, que le ministre de la Défense, Karel Kühnl, s'est rendu pour passer en revue et saluer la dernière unité s'apprêtant à rejoindre la vie civile. « Je ne devrais pas ressentir de plaisir que des soldats quittent l'armée, mais pourtant, j'en ressens. Le service national obligatoire, qui avait été instauré sous domination autrichienne, se termine. Et je dois avouer que dans ce sens, je suis satisfait que nous précédions les Autrichiens », a-t-il déclaré pour l'occasion.

Si l'Etat, l'Armée et les jeunes hommes tchèques ont donc toutes les raisons d'être satisfaits de cette évolution, en revanche, certains centres d'aide sociale et autres établissements de santé, comme les hôpitaux, regrettent déjà le précieux travail de fourmi de tous les volontaires qui préféraient effectuer un service civil plutôt que militaire. Car si la fin du service national signifie bien la disparition du service militaire, elle entraîne également celle du service civil.