Projet « Passé ouvert » : levée du secret des archives de la StB

Le ministre de l’Intérieur Ivan Langer, photo: CTK

L’accès aux informations sur les agents de la StB communiste et leurs victimes sera dorénavant plus rapide et plus facile. L’opération qui devrait le permettre s’appelle « Passé ouvert », et le ministre de l’Intérieur Ivan Langer l’a présentée, vendredi, aux journalistes.

Photo: CTK
« Le projet « Passé ouvert » a été lancé il y a 11 mois, le 14 février 2007, et cette date n’est pas le fait du hasard, car, 17 ans auparavant, le 14 février 1990, la StB a été supprimée. Onze mois après le lancement de l’opération, la mission est accomplie », a déclaré, au cours d’une conférence de presse, le ministre Ivan Langer, en expliquant la philosophie du projet: pour pouvoir s’acquitter du passé communiste, il faut le connaître et le comprendre …

Le premier objectif du projet « Passé ouvert », selon le ministre, est de rassembler sous un seul toit les documents jusqu’ici éparpillés entre plusieurs services : contre-espionnage, renseignement civil et renseignement militaire. La centralisation des documents rendra plus facile l’accès au public, le travail des chercheurs et historiens, ainsi que l’accomplissement de la loi de lustration. Rappelons que cette loi a été adoptée en 1991 afin d’éliminer l’influence des personnes liés à la StB communiste dans un certain nombre d’organes : fonction publique, armée, police, médias, banque centrale, etc.

Le ministre de l’Intérieur Ivan Langer, photo: CTK
L’objectif du projet est donc de centraliser les archives mais aussi de les numériser. Il s’agit de près de 900 000 dossiers établis par la StB sur les citoyens – un chiffre qui, d’après Ivan Langer, permet d’évaluer à deux millions le nombre de citoyens impliqués dans les activités de la StB avant la chute du régime, en tant que complices actifs ou victimes.

L’autre objectif du projet « Passé ouvert » est de lever le secret des archives, à l’exception d’un certain nombre de documents qui resteront confidentiels. Lesquels ? On écoute le ministre de l’Intérieur :

« Le principe est que tout est public, le secret est levé partout à quelques exceptions près et non pas le contraire, que tout est secret, sauf les exceptions. Quelles sont ces exceptions ? C’est moi qui en décide. »

Des exceptions existeront, semble-t-il, également au niveau de la centralisation des documents. Le service de renseignement civil gardera près de 5% des documents de l’ancienne StB dont la publication pourrait menacer les intérêts stratégiques et sécuritaires de la République tchèque. Selon le porte-parole du service, Bohumil Srajer, il s’agit d’informations réunies par la StB, par exemple, sur les alliés actuels de la RT au sein de l’OTAN ou d’informations sensibles de la région du Proche-Orient.

Autre objectif principal de l’opération « Passé ouvert » ayant un lien direct avec la centralisation des documents sous un seul toit: la création de l’Institut d’études des régimes totalitaires dont les activités commenceront le 1er février. L’objectif final sera l’accès on-line des archives : la recherche dans le fichier qui prend aujourd’hui plus de trente minutes ne devrait plus durer que trois minutes et dans un délai de deux à trois ans, les citoyens devraient avoir la possibilité de trouver ces documents dans les terminaux des Czech Point – une nouvelle forme de service destiné à faciliter les formalités administratives.