Contrôle des certificats de « lustration » des fonctionnaires de la police

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L'affaire du directeur de la centrale tchèque de l'Interpol qui aurait été un collaborateur de la StB, la police d'Etat communiste, a déclanché une réaction immédiate des autorités policières et du ministère de l'Intérieur.

La première chaîne de la télévision publique tchèque, CT 1, a déclenché une nouvelle affaire concernant la collaboration des membres de la police avec l'ancienne police d'Etat communiste, la StB. Elle a diffusé une information selon laquelle l'actuel directeur de la centrale tchèque de l'Interpol, Pavol Mihal, aurait été un agent de la StB entre 1984 et 1988. Comment un haut fonctionnaire de la police, aux services de l'Interpol avec le grade de major en 1992 déjà, a-t-il pu accéder à la direction de la centrale tchèque de cette institution internationale, alors que les anciens collaborateurs de la StB sont absolument exclus des hautes fonctions dans l'appareil d'Etat. Tout simplement en modifiant son prénom. Dans sa demande de lustration, il a inscrit Pavel à la place de Pavol, ce qui lui a valu un certificat attestant qu'il n'avait pas collaboré avec la police d'Etat communiste. A la suite de cela, le directeur des archives des corps de sécurité au ministère de l'Intérieur, Pavel Zacek, a dévoilé que des cas de ce genre existaient certainement en plus grand nombre. Le ministère de l'Intérieur a immédiatement réagi pour découvrir d'autres fraudes éventuelles et redorer aussi le blason de la Police tchèque. Le système serait plus sécurisé depuis l'adoption de la loi sur les fonctionnaires de police, affirme le ministre Ivan Langer, qui précise :

« Dans le cadre de la systématisation des postes, nous avons durci les conditions indispensables pour certaines fonctions dans l'appareil de la police. Les nouveaux fonctionnaires doivent remplir les conditions du niveau secret, alors que jusqu'à maintenant, le niveau confidentiel suffisait. »

Ivan Langer et Vladislav Husak, photo: CTK
Sur l'ordre du ministère de l'Intérieur, la Présidence de la Police tchèque va effectuer le contrôle des certificats de lustration des hauts fonctionnaires. Cela concerne environ mille certificats délivrés aux employés de la Présidence, aux hauts fonctionnaires nationaux, mais aussi régionaux ou départementaux, comme le confirme le président de la Police tchèque, Vladislav Husak :

« Tous les employés ont dû fournir un certificat de lustration lors de leur admission. Nous voulons être certains qu'il n'y a pas eu d'erreurs ou cas du genre de Pavol Mihal. Son certificat a été délivré en 1993 et une erreur a pu être commise. Nous voulons avoir la certitude que la Présidence soit, entre guillemets, propre. »

La police sera-t-elle propre, comme le désire son président ? Peut-être, mais à condition que les documents sur une éventuelle collaboration avec la StB n'aient pas été détruits au début des années quatre-vingt-dix du fait que la personne concernée était entrée dans les rangs de la police, affirme la Télévision tchèque...