Quel avenir pour le deuxième pilier du système des retraites ?

Photo: Štěpánka Budková

Entrée en vigueur en janvier 2013, la réforme des retraites a ajouté un système par capitalisation, le deuxième pilier, au système existant, le premier pilier, par répartition. Cependant, malgré une campagne de publicité importante, peu de Tchèques ont investi leur argent dans des complémentaires retraites auprès de fonds de pensions privés. Dénonçant une réforme destinée seulement aux Tchèques les plus aisés et clientéliste en faveur de ces importants groupes financiers, la social-démocratie avait promis de revenir sur cette privatisation partielle du système de retraite en supprimant le deuxième pilier si elle remportait les élections. C’est chose faite, elle est à présent le parti le plus important de la coalition gouvernementale et la formation de Bohuslav Sobotka a les mains libres pour revoir la copie de son désormais lointain prédécesseur Petr Nečas. La partie ne sera toutefois pas aisée.

Photo: Štěpánka Budková
Un projet de loi, bientôt soumis à l’aval du gouvernement, devrait mettre fin à la possibilité de placer son argent auprès de fonds de retraite privés début 2016 dans le cadre des complémentaires retraites. Cependant, si la nouvelle ministre du Travail et des Affaires sociales, la sociale-démocrate Michaela Marksová-Tominová, a indiqué qu’elle « ne comptait plus sur le deuxième pilier du système des retraites », un certain nombre de questions restent en suspens. Qu’adviendra-t-il par exemple de l’argent jusque-là épargné par les particuliers auprès de ces grands groupes ? Le ministère sus-cité et celui des Finances, qui gèrent le système des retraites, ne répondent pas clairement, jugeant ces interrogations prématurées, et se renvoient la balle.

De la même façon, il y a fort à parier que les six fonds de pension privés, auprès desquels les Tchèques peuvent pour l’heure cotiser, ne se laisseront pas faire si l’Etat leur reprend l’argent épargné. Ces groupes pourraient se tourner vers des arbitrages privés pour réclamer le manque à gagner occasionné par une nouvelle réforme. Cependant, le gouvernement ne craint pas ce scénario et Michaela Marksová-Tominová a souligné que la volonté politique des sociaux-démocrates de supprimer le deuxième pilier est connue depuis longtemps et n’est donc aucunement une surprise pour ces entreprises.