Réactions à la suspension des contrôles britanniques

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Après 23 jours, les autorités britanniques ont suspendu les contrôles, à l'aéroport de Prague, qui avaient pour objectif de diminuer le nombre de demandeurs d'asile tchèques, Roms en majorité, arrivant en Grande-Bretagne. Vaclav Richter.

Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Kavan
Près de 120 personnes désirant aller au Royaume-Uni ont été refoulées par les agents britanniques, à l'aéroport de Prague, au cours de ces derniers 23 jours. Selon le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Kavan, les contrôles ont été levés, car le nombre de demandeurs d'asile a considérablement diminué. La mesure s'est montrée, donc, efficace. Les contrôles pourraient reprendre, si le nombre de demandeurs augmente de nouveau. Selon le ministre Kavan, la Grande-Bretagne pourrait aller jusqu'au rétablissement de l'obligation de visas pour les ressortissants tchèques. En Tchéquie, les réactions à la suspension des contrôles ont été positives. Le président de l'Union internationale des Roms, Emil Scuka, estime que les contrôles étaient discriminatoires et critique le gouvernement tchèque qui aurait accepté, à son avis, une mesure illégale. Le président du Sénat, Petr Pithart, est content que les contrôles aient été arrêtés et pense qu'il faut trouver une solution plus juste. Quant au président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des députés, Lubomir Zaoralek, du Parti social-démocrate, il considère la suspension des contrôles comme une solution raisonnable, mais il ne pense pas que les contrôles seraient discriminatoires et contradictoires à la souveraineté tchèque. Le gouvernement britannique accordera 85 000 livres pour aider la minorité rom en République tchèque. Les Roms, eux, continuent à se plaindre de leur situation. Selon un sondage, réalisé pour le journal Mlada fronta Dnes, presque la moitié des Roms vivant en République tchèque vivent dans la peur, et un quart des Roms interrogés envisagent de demander l'asile dans un autre pays. Il est donc évident que leur exode est loin d'être fini. Selon Josef Facuna, de l'Union démocratique des Roms, ceux qui veulent partir cherchent maintenant les voies moins connues. Pour aller en Grande-Bretagne, ils s'embarquent, par exemple, à Francfort sur le Main ou ils prennent le bus. A l'avis de Josef Facuna, cependant, le blocage de ces voies d'accès, par les autorités britanniques, n'est qu'une question de temps.