Recrudescence du Sida, une maladie « oubliée » en République tchèque

r_2100x1400_radio_praha.png

En 2006, 93 personnes ont été contaminées par le virus VIH en République tchèque, contre 90 nouveaux cas diagnostiqués en 2005, l'année dont le bilan fut considéré, en Tchéquie et ailleurs, comme particulièrement lourd. Les médecins tchèques s'inquiètent de la propagation de la maladie, due, selon eux, à un manque alarmant de campagnes de prévention.

La République tchèque compte, à ce jour, 920 personnes séropositives. La majorité d'entre-elles a été contaminée à Prague - ville la plus touchée par la maladie, avec deux autres régions du pays : celles de Karlovy Vary et d'Usti nad Labem, à l'ouest et au nord de la République tchèque. Signalons tout de même qu'il ne s'agit que d'un nombre approximatif de cas de VIH : le nombre réel, lui, est évalué à presque 10 000.

Marie Bruckova
Même si les chiffres en République tchèque sont loin de signaler une pandémie du Sida, ils ne rassurent point les spécialistes. Marie Bruckova de l'Institut national de la Santé publique constate : « La jeune génération n'a pas vu mourir Freddie Mercury, ni les autres célébrités des années 60 et 70. Ils n'ont plus peur de cette maladie. » Autre mythe répandu chez les Tchèques : le Sida n'est pas mortel. Ils sont d'ailleurs de moins en moins nombreux à utiliser les préservatifs lors des rapports sexuels. Entre 2003 et 2006, les ventes des préservatifs ont chuté de deux millions environ. Dans une enquête, 54% des Tchèques ont avoué avoir eu, dans leur vie, une relation sexuelle non protégée avec un partenaire inconnu, bien que ce soit justement le mode de transmission du VIH le plus fréquent dans le pays.

« En matière de prévention, nous sommes toujours en retard. Les pays nordiques, par exemple, ont mis en place une campagne retentissante. La publicité contre le Sida y est visible partout », explique Miroslav Hlavaty dans une interview accordée au quotidien Lidove noviny. Il dirige, à Prague, la Maison de la Lumière qui propose une assistance aux malades, à leurs proches et amis. Avec ses deux animateurs séropositifs qui organisent les débats dans les écoles, la Maison de la Lumière tente de relancer la prévention. Tout comme les six autres centres anti-Sida, situé dans les grandes villes de province. Mais ce n'est toujours pas suffisant et les médecins tchèques continuent d'alerter sur la recrudescence de la maladie...