Les enfants tchèques ne comprennent pas le sens de Pâques

Распятие Иисуса Христа, автор: Робер Кампен

Cette semaine, l’ensemble des médias tchèques ont remarqué et commenté les départs de plusieurs responsables sociaux-démocrates, qui ont renoncé à leurs fonctions. Ce sera le premier sujet traité dans cette nouvelle revue de presse hebdomadaire. Expliquer aux enfants le sens de la fête de Pâques est parfois difficile. C’est du moins ce qu’affirme une pédagogue au quotidien Lidové noviny. Les séropositifs en Tchéquie sont-ils toujours considérés comme une menace publique ? C’est la question qu’a soulevée l’hebdomadaire Respekt. Nous vous en présenterons les réponses. Et puis quelques mots enfin sur les effets néfastes d’une consommation régulière de bière, la boisson préférée des Tchèques.

Jiří Zimola, photo: Khalil Baalbaki, ČRo
Sauve qui peut pour gagner : tel est le slogan qui résume le mieux la situation actuelle au sein du Parti social-démocrate (ČSSD), le principal parti de l’actuelle coalition gouvernementale. C’est ce qu’estime l’auteur d’un texte publié dans le quotidien économique Hospodářské noviny. Selon lui, à près de six mois des élections législatvies, plusieurs membres chevronnés du parti, et plus particulièrement ceux qui sont très critiques à l’égard de leur chef, le Premier ministre Bohuslav Sobotka, ont récemment abandonné leurs fonctions ou sont en train de les abandonner. Citant les cas de départs les plus spectaculaires, parmi lesquels tout dernièrement celui de Jiří Zimola, président de la région de Bohême du Sud, il écrit :

« La rébellion contre Sobotka qui a éclaté à l’annonce des résultats pas très convaincants pour le ČSSD lors des élections législatives de 2013, rébellion qui est communément appelée le ‘putch de Lány’, s’est progressivement transformée en un véritable exode. Selon le sociologue Jan Herzmann, il n’y a aucun doute que tous ces départs sont motivés par la crainte d’une débâcle des sociaux-démocrates lors des prochaines élections, car les derniers sondages leur donnent moitié moins d’intentions de vote que pour le mouvement ANO d’Andrej Babiš. Il s’agit donc d’une réaction pragmatique aux faibles chances de succès du ČSSD. »

Les experts auxquels le quotidien Hospodářské noviny se réfère sont unanimes pour estimer que les membres sortants du ČSSD perçoivent leur démarche aussi comme une forme de protestation contre Bohuslav Sobotka et sa façon de diriger le parti. En revanche, ils sont moins unanimes sur la question de savoir si ces ‘rebelles’ envisagent un retour aux affaires en cas de la chute présumée de l’actuel chef du gouvernement.

Les enfants peinent à comprendre le sens de la fête de Pâques

Expliquer aux enfants le sens des fêtes pascales est difficile. C’est du moins ce qu’affirme la pédagogue Pavlína Honzíková, du Musée national de Prague. Celle-ci est la responsable d’un projet éducatif intitulé « Connaître ses racines », dont l’objet est d’expliquer aux enfants le sens de quatre événements importants de l’année : le carnaval, Pâques, la fête de la moisson et Noël. Pavlína Honzíková a fait part de sa vision des choses dans le quotidien Lidové noviny :

« Pâques est une fête particulière qu’il est très difficile d’expliquer aux enfants. Ceux-ci comprennent bien Noël, car il y a un bébé, une crèche, des choses qu’ils connaissent intimement. Pendant le carnaval, on s’amuse. La fête de Pâques est amusante elle aussi pour ce qui est des coutumes populaires. Le problème apparaît lorsque l’on veut sensibiliser les enfants à l’histoire de Jésus. Ils comprennent la mort, mais pas sa résurrection. La notion même est incompréhensible, et il est plus difficile encore d’expliquer ce qu’elle signifie. Voilà pourquoi, avec les petits enfants, la résurrection est un sujet que nous évitons, et ce d’autant plus que la majorité des enfants que nous accueillons ne sont pas croyants. Or, même si la dimension chrétienne de la fête est primordiale, nous mettons un grand accent, aussi, sur les traditions et les origines de Pâques. »

Depuis la semaine dernière, le quotidien Lidové noviny consacre quotidiennement une page à la fête de Pâques, une série qui sert en quelque sorte de guide. C’est là l’occasion de décrire, à travers différents articles accompagnés d’un petit lexique, les principaux chapitres de la Passion du Christ, ainsi que de rappeler les diverses traditions et coutumes populaires.

La séropositivité, prévenir plutôt que de criminaliser

Photo illustrative: jscreationzs / FreeDigitalPhotos.net
« Les tribunaux ne devraient plus traiter les séropositifs comme une menace publique » : tel était le titre d’un texte publié dans l’hebdomadaire Respekt en réaction à un verdict rendu récemment contre une jeune femme séropositive. Celle-ci a été condamnée à cinq ans de prison pour avoir eu une relation sexuelle non protégée. Tout en soulignant que la condamnée n’a pas transmis le virus à son partenaire, l’auteur de l’article indique :

« En 2017, la séropositivité constitue un risque très différent de ce qu’il était il y a vingt-cinq ans de cela quand Freddie Mercury mourrait du SIDA. Les traitements anti-virus modernes non seulement arrêtent ou ralentissent considérablement le développement de la maladie, mais ils permettent également à la majorité des malades de mener une vie plus ou moins normale jusqu’à leurs vieux jours. Ainsi, la probabilité de transmission du virus par les personnes sous traitement lors d’un rapport sexuel s’est considérablement réduite jusqu’à devenir pratiquement nulle. Toutefois, les règles et approches qui ont été mises en œuvre en Tchéquie à l’époque où la diffusion du SIDA était redoutée ne tiennent pas compte de cette évolution. Elles interdisent aux personnes séropositives tout contact non protégé, leur ordonnent de faire part de leur maladie lors de chaque consultation médicale ou leur interdisent, par exemple, d’utiliser des serviettes ou des brosses à dents autres que celles qui sont les leurs. »

Ce regard est partagé aussi par certains juges. Le magazine l’illustre avec l’exemple d’un homme séropositif condamné à six ans de prison alors que lui non plus n’a infecté personne. La société tchèque continue de considérer les séropositifs avec dégoût. L’auteur de l’article constate enfin que, dans une grande mesure, cette approche est une réponse à l’augmentation du nombre de nouveaux cas de séropositivité. Et de conclure :

« L’ensemble des organisations mondiales de la santé rappellent régulièrement que la criminalisation des séropositifs ne peut qu’aggraver le problème, car par crainte, les malades négligent souvent les consultations médicales. La prévention, un domaine dans lequel la Tchéquie a un grand retard à rattraper, est la seule solution. »

Le plaisir de boire de la bière tous les jours

Photo: Kristýna Maková
En Tchéquie, la tolérance pour la consommation d’alcool est extrêmement élevée. S’agissant des dépendances, la plus grande attention ces dernières années a été vouée aux stupéfiants, alors que la dépendence à l’alcool est la plus répandue au sein de la population. Selon les statistiques, les trois quarts des dépendances en République tchèque sont liées à l’alcool. Dans un entretien pour le quotidien Mladá fronta Dnes, la psychiatre Jela Hrnčiarová précise à ce propos :

« Pour les Tchèques, il est normal de boire. Beaucoup d’entre eux ont pour habitude de se rendre dans une brasserie une fois leur journée de travail finie pour y boire une ou plusieurs bières. La consommation de bière reste pratiquement inchangée depuis de longues années, mais ce qui est nouveau, c’est que les gens en boivent désormais davantage chez eux. On peut dire qu’être buveur de bière en Tchéquie est presque de bon ton. On a souvent tendance à oublier que même un buveur systématique de bière peut devenir alcoolique ou mourir par exemple d’une cirrhose du foie. »

Le journal rappelle dans ce contexte que les boissons alcoolisées sont facilement accessibles et relativement bon marché en République tchèque.