Report du baccalauréat national à l'an 2010

Après un débat houleux, les députés ont décidé de reporter la réforme du baccalauréat à l'an 2010. Un autre amendement voté facilite l'accès à l'enseignement pour les ressortissants étrangers et même les enfants d'immigrés illégaux.

Les étudiants qui termineront l'année prochaine leurs études secondaires peuvent être tranquilles : la réforme prévoyant l'instauration du baccalauréat national ne les concernera pas. D'ailleurs, ils étaient plus de 5000 à protester, en mai dernier, contre les conditions changées du baccalauréat durant leurs études, sans qu'ils en aient été prévenus et préparés à l'avance. L'examen de maturité unique dans toutes les écoles secondaires ne sera introduit qu'au printemps 2010. Au départ, il devrait être plus simple même, en deux parties, au lieu de quatre actuellement - les étudiants passeraient le baccalauréat de la langue tchèque et d'une langue étrangère. Deux ans plus tard, s'y ajouterait une troisième matière facultative.

La ministre de l'Education nationale, Dana Kuchtova, a promis d'inviter les étudiants aux travaux du groupe chargé des préparatifs du bac national :

Dana Kuchtova, photo: CTK
« Dans ce groupe de travail, nous voulons faire participer les représentants des associations d'enseignants de toutes les régions, les représentants des écoles supérieures qui seront décisifs pour le succès de la réforme du baccalauréat et j'ai négocié également avec les étudiants des écoles secondaires que j'ai invités à la coopération, on verra quelle sera leur réponse, en tout cas je compte sur eux. »

La ministre n'exclut pas l'instauration du baccalauréat national à plusieurs niveaux dont le plus exigeant remplacerait les examens d'admission aux écoles supérieures que les étudiants tchèques sont obligés de passer, actuellement.

Le deuxième changement adopté par les députés créé des conditions égales pour les ressortissants étrangers, non seulement ceux de l'UE qui ont un séjour durable dans notre pays et peuvent d'ores et déjà fréquenter les écoles tchèques, mais aussi pour les ressortissants venant de pays autres que ceux de l'UE qui disposent d'un permis de séjour d'une durée minimale de 90 jours. Nouvellement, même les enfants d'immigrés illégaux devraient avoir accès à l'enseignement primaire en République tchèque. L'objectif est de permettre une meilleure intégration dans la société tchèque et d'empêcher l'exclusion, dit la ministre :

« Cet amendement est très important car l'enseignement préscolaire, primaire et à d'autres degrés facilitera l'intégration de ces groupes de population qui sont le plus menacés d'exclusion. Il s'agit d'un premier pas en vue d'éliminer ce problème. »

Comme l'ajoutent les représentants d'ONG, la législation actuelle, empêchant les enfants d'immigrés illégaux de fréquenter l'école était en contradiction avec le droit des enfants à l'enseignement et donc, avec les documents tels que la Convention sur les droits de l'enfant que la RT s'est engagée à respecter.