Retrait de la scène politique d'une grande personnalité de la social-démocratie

Milos Zeman, photo: CTK

Milos Zeman, ancien président de la social-démocratie et ancien Premier ministre, vient d'envoyer une lettre à la direction de l'organisation locale du CSSD (parti social-démocrate), à Nove Veseli (Plateau tchéco-morave), dans laquelle il annonce qu'il quitte les rangs de cette formation politique.

Milos Zeman, photo: CTK
C'est dans cette commune que l'une des grandes personnalités de la social-démocratie tchèque s'était retirée, après son échec aux dernières présidentielles de 2004. Le président de l'organisation locale, Miroslav Zita, a également annoncé que Milos Zeman abandonnait définitivement la scène politique et qu'il ne comptait pas devenir membre d'un autre parti. Pourquoi ce retrait d'une personnalité aussi bien admirée que blâmée, très critiquée aussi pour sa jovialité un peu trop « rugueuse » parfois ? Milos Zeman a décidé de quitter immédiatement les rangs de la social-démocratie, mercredi, après avoir appris que, selon lui, la plainte déposée contre lui dans l'affaire de la restitution du siège du parti social-démocrate à Prague, avait été initiée par le président actuel du CSSD, Jiri Paroubek. Cette affaire très ténébreuse intéresse les médias et l'opinion publique depuis un certain temps. Un avocat, Zdenek Altner, revendique la somme de près de 20 milliards de couronnes (27 couronnes l'euro) que le CSSD devrait lui payer selon un accord que Milos Zeman a signé en 1997. Il s'agit des honoraires de l'avocat qui s'élevaient à quelques dix millions de couronnes, mais surtout des pénalisations qui se sont accumulées pendant de longues années, suite au refus de paiement de la social-démocratie. Jiri Paroubek réfute les affirmations de Milos Zeman.
Jiri Paroubek, photo: CTK
Il estime que ce dernier ne veut pas endosser sa responsabilité dans l'affaire et voudrait aussi influencer négativement le congrès de la social-démocratie de ce week-end. Jiri Paroubek est prêt à porter plainte et explique encore :

« Je serais heureux que Zeman reste membre du parti et que nous puissions nous mettre d'accord sur une éventuelle coopération. C'était ma politique, j'ai oublié toutes les offenses de sa part dans le passé. Milos Zeman se présente comme un homme pour qui le charisme est étranger. Je lui ai tendu la main plusieurs fois. C'est vraiment dommage, car Milos Zeman aurait encore pu faire beaucoup pour la République tchèque. »

Dommage aussi pour l'opinion publique, peut-être, qui s'était habituée aux déclarations présentant un certain « piquant », prononcées sur un ton aigre-doux de Milos Zeman, qui avait conduit la social-démocratie à la victoire électorale en 1998 et au pouvoir pour huit années consécutives. Même ses grands adversaires sur la scène politique reconnaissent ses qualités et regrettent qu'un « grand » de la politique tchèque prenne une retraite définitive, comme le maire de Prague, Pavel Bem, par exemple.