« Sa femme ne le trouve pas sous le duvet »

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Salut à tous les tchécophiles de Radio Prague - Ahoj vám všem, milovníkům češtiny Radia Praha ! Après avoir découvert dans nos deux dernières émissions quelques expressions de la langue tchèque relatives au ventre puis aux gros et aux maigres, nous allons poursuivre logiquement en nous intéressant, cette fois, aux expressions évoquant les grands - vysocí, velcí ou dlouzí, et inversement, bien entendu, les petits - malí. Et comme précédemment, l’idée n’est pas de se moquer de quelque façon que ce soit de l’apparence physique de quiconque, mais bien de relever quelques expressions curieuses ou amusantes.

Jan Koller, photo: CTK
Comme vous le savez, l’adjectif « grand » - velký, possède différentes significations, en tchèque comme en français. Mais celle qui nous intéresse plus particulièrement est bien évidemment celle selon laquelle la hauteur, la taille est supérieure à la moyenne, qu’elle dépasse cette moyenne. Pour ces personnes de grande taille, on parle parfois aussi en français de géant, d’asperge, d’échalas ou de perche, même si ces trois dernières comparaisons évoquent également une certaine idée de minceur voire même de maigreur. En tchèque, on parle notamment de « dlouhán », un mot dont la racine est identique à celle de l’adjectif « dlouhý », c'est-à-dire « long », de « obr » - un géant, ou encore de « věž » - une tour. Trois mots qui reviennent, par exemple, régulièrement dans la bouche des journalistes et des supporters de football à l’évocation de l’un des plus célèbres géants tchèques actuels, Jan Koller, l’avant-centre surdimensionné de l’équipe nationale.

Mais certaines expressions imagées toujours relatives aux grands méritent d’être relevées. Ainsi, on entend parfois les Tchèques dire « pánbůh na něho ztratil míru », soit littéralement « le bon Dieu a perdu la mesure de lui », une expression pour le moins amusante selon laquelle le bon Dieu, Créateur et Père selon la Bible, aurait perdu la mesure au moment de créer le grand dont il est question. Autres expressions qui ne manquent pas de sens de l’imagination ou même, dans un certain sens, de poésie, si un Tchèque est vraiment très grand, tellement grand qu’« il n’a pas de bout, de fin, d’extrémité » - « není ho konec », alors « il peut essuyer les étoiles » - « může utírat hvězdy ». Enfin, un peu moins drôle, on peut également dire d’un grand que « celui-là, ils le porteront en deux fois » - « toho odnesou na dvakrát », et on peut supposer qu’il s’agit là de le porter lorsqu’il sera mort, ou même « si on le coupait, on en aurait deux petits » - « kdyby se přerazil, budou z něho dva malí ».

scarabée ». En fait, « není ho nikde ». Les Tchèques peuvent donc alors lui conseiller non pas de boire de la soupe, comme en français, mais plutôt de « se cracher sous les pieds » - « plivni si pod nohy », histoire de prendre quelques centimètres supplémentaires et de grandir un peu. Cette dernière expression peut être employée lorsque l’on s’adresse à un enfant qui ne parvient pas à attraper quelque chose. Toujours en référence à l’enfance et à ce problème de taille insuffisante, il est aussi possible de se moquer et de comparer le petit à un bébé en affirmant « ještě mu kouká košilka », soit quelque chose comme « il a encore la brassière qui dépasse ». Dans le même ordre d’idées, il existe une autre expression selon laquelle « il se fourre encore dans les jambes de son père sous la table » - « ještě strká tatíkovi nohy pod stůl ». Souvent, on entend les adultes tchèques dire des enfants qu’ils sont ce qu’ils appellent un « brouček », un diminutif du mot « brouk », qui signifie « cafard,« dítě jako brouček »équivaut plutôt à ce que l’on connaît en français lorsque l’on s’adresse à une petite fille en l’appelant « ma petite puce ». Bref, quelque chose de très affectueux comme lorsque l’enfant, le bout de chou, est littéralement comparé à une crotte, petite cela va de soi. Les Tchèques disent en effet « malý jako bobek », soit donc « petit comme une crotte ». Et si l’enfant, le marmot, est vraiment « tout petit, petit » on pourra alors même dire que c’est une « petite crotte » - « bobeček », la langue tchèque raffolant, comme vous le savez, des diminutifs.

Enfin, nous avons trouvé une dernière expression qui peut être très amusante, quoique réservée aux adultes, selon la façon dont on la considère et l’interprète : « žena ho nemůže najít pod peřinou », soit « sa femme ne peut pas le trouver sous le duvet, la couette ». Alors, soit l’homme est effectivement si petit que sa femme ne le trouve pas dans le lit, soit elle cherche autre chose, mais là aussi de si petit qu’elle ne parvient pas à le trouver non plus.

C’est ainsi que se referme ce « Tchèque du bout de la langue » consacré aux expressions de la langue tchèque relatives aux grands et aux petits. En attendant de vous retrouver dès la semaine prochaine pour d’autres découvertes, portez-vous du mieux possible - mějte se co nejlíp !, portez le soleil en vous - slunce v duši, salut et à bientôt - zatím ahoj !