Sandra Le Dréan à l’issue de sa deuxième saison à Prague : « Un bilan mitigé mais il faut être patient »

Sandra Le Dréan, photo: www.uskbasketbal.cz

La joueuse française de basket Sandra Le Dréan a achevé en avril dernier sa deuxième saison en République tchèque sous le maillot de l’USK Prague. Après plus de deux cents sélections en équipe de France, marquées notamment par un titre continental en 2001, auquel s’ajoutent deux victoires en Euroligue et cinq titres de championne de France, Sandra Le Dréan a décidé en mars dernier de se consacrer uniquement à sa carrière en club. Mais après une première saison plutôt positive marquée par une intégration réussie dans la capitale tchèque, le bilan de la saison 2007-2008 aura été plus mitigé, comme l’a reconnu l’ailière française de l’USK Prague au micro de Radio Prague.

Sandra Le Dréan, photo: www.uskbasketbal.cz
-Sandra, lorsque nous nous étions rencontrés en fin de saison dernière, il y a un an, vous aviez évoqué les objectifs de votre club pour cette saison. Vous aviez notamment parlé d’une qualification en play-offs en Euroligue et d’inquiéter Brno pour le titre de champion de République tchèque, Brno qui domine outrageusement depuis plusieurs saisons. Or, en Euroligue vous n’êtes pas parvenues à sortir de votre groupe et à vous qualifier pour les huitièmes de finale et en finale du championnat, vous avez été battues trois matches à zéro par Brno. Alors, par rapport à ces résultats, quel bilan faites-vous de la saison 2007-2008 ?

« Le bilan est mitigé parce que c’est vrai que les objectifs fixés n’ont pas été atteints. La déception en Euroligue a été très difficile à digérer parce que j’ai le sentiment que l’équipe progresse, qu’elle se renforce saison après saison et que le club s’efforce de construire quelque chose à Prague. Malgré tout ça, les résultats ne suivent pas, c’était donc un peu décourageant. Ceci dit, il faut quand même noter que nous étions dans un groupe très difficile en Euroligue, la qualification s’est jouée à peu de choses. On a perdu beaucoup de matchs avec 4 ou 5 points d’écart et deux équipes de notre groupe se sont retrouvées au Final four. Même si on ne s’est pas qualifiées, on a quand même gagné plus de matchs que la saison précédente en Euroligue, où nous nous étions pourtant qualifiées pour les huitièmes de finale. Il faut donc s’appuyer sur ces choses positives pour continuer à avancer et poursuivre le travail qui est effectué autour de l’équipe. Pour le championnat, c’est vrai que la volonté de détrôner Brno est assez grande ici. Ca fait très longtemps qu’elles dominent le championnat. Mais cette année encore, on est tombées sur un adversaire très bien rôdé, où les joueuses se connaissent par cœur, avec des éléments nouveaux qui ont su apporter quelque chose à l’équipe. On a perdu de deux points le premier match de la finale, ça a été très dur à encaisser pour nous et très difficile d’enchaîner les deuxième et troisième matchs, ce qui s’est d’ailleurs vu puisqu’on s’est complètement effondrées. Mais encore une fois, même si on n’a pas atteint les objectifs établis en début de saison, il faut rester positif et redoubler d’efforts dans l’optique de la saison prochaine. »

Sandra Le Dréan, photo: www.uskbasketbal.cz
-Cette saison en match de groupe de l’Euroligue, vous êtes parvenues à battre Bourges, qui a participé par la suite au Final Four. Cette victoire a constitué un temps fort de la saison pour l’USK Prague mais ensuite vous avez perdu d’autres matchs contre des équipes qui étaient, à priori, à votre portée avec des écarts de quatre à cinq points. Ce sont certes de faibles écarts mais en même temps, c’est aussi beaucoup et c’est ce qui fait la différence entre un succès et un échec. Que vous a-t-il manqué pour gagner ces matchs-là décisifs ?

« Concrètement, c’est l’expérience d’équipe. Plus une équipe joue des matchs difficiles qui se jouent à peu de choses, plus elle trouve les automatismes rapidement et les solutions par rapport à ce qu’il faut faire en fin de match. On a une équipe qui se construit au fur et à mesure et ça prend du temps. Il ne faut pas oublier que c’est seulement la troisième saison en Euroligue de Prague et il faut être patient pour que les choses se mettent en place et que les joueuses apprennent à jouer ensemble. C’est ce qui fait la différence au plus haut niveau. »

-On y revient souvent mais ne pensez-vous pas que la qualité du championnat tchèque, avec deux équipes de niveau européen largement au-dessus du lot, et le manque par conséquent de matchs de haut niveau sont une explication à vos résultats moyens en Euroligue ?

« Ca peut être une des raisons, c’est sûr. On n’a pas de matchs pour se préparer comme dans le championnat de France, pour parler de ce que j’ai connu, où les matchs du samedi étaient très difficiles et nous permettaient d’arriver prêtes pour le mercredi. Ici, c’est vrai qu’on a un peu tendance à se relâcher le samedi parce qu’on sait que de toute façon on va gagner. Je crois que c’est l’erreur à ne pas faire. Quand on regarde les résultats de Brno sur l’ensemble de la saison dans le championnat tchèque, on s’aperçoit qu’elles ne lâchent rien même contre les équipes les plus faibles. Elles ne prennent jamais plus de 50 points. C’est aussi ce qui fait leur force : savoir s’appliquer à chaque fois et être sérieux à chaque match. Tout ça permet de bien se préparer l’Euroligue. C’est un point sur lequel nous devons nous, à Prague, encore progresser. »

-Après ce bilan collectif, quel est le vôtre sur un plan personnel ?

« Individuellement, il est aussi plutôt mitigé, notamment offensivement. J’aimerais apporter plus de points à l’équipe. Je vais donc m’attacher à progresser dans ce secteur la saison prochaine. »

C’était la première partie de l’entretien avec Sandra Le Dréan, la joueuse française de basket qui vient d’achever sa deuxième saison à Prague. Et pour en savoir plus sur le bilan personnel de la huitième meilleure marqueuse de l’histoire en équipe de France féminine, rendez-vous dans une prochaine rubrique sportive.