Semaine de la francophonie : la directrice de l’IFP optimiste pour l’avenir du français en République tchèque

dny_frankofonie2015.jpg

C’est une rubrique Faits et événements un peu spéciale que nous vous proposons ce mercredi alors que se tient La Semaine de la langue française et de la francophonie. Comme ailleurs dans le monde, un peu partout en République tchèque, et notamment dans les Alliances françaises de Pardubice à Brno, de Plzeň à Ostrava et de Liberec à České Budějovice, diverses animations et manifestations sont organisées tout au long de cette semaine pour célébrer le français langue hospitalière selon la thématique retenue pour cette année. Directrice de l’Institut français de Prague (IFP), Isabelle Guisnel a évoqué cette célébration de la francophonie et la place du français en République tchèque :

« Ce mois de la francophonie est vraiment une grande occasion avec pour partenaires l’ensemble des vingt ambassades francophones. Il sera lancé par le ministère tchèque des Affaires étrangères le 20 mars avec un grand concours d’élèves francophones de République tchèque. Ce mois, qui a commencé de facto avec le nouveau festival du théâtre français, se poursuivra à l’IFP et hors ses murs autour du polar francophone avec des films suisses, luxembourgeois ou marocains. Et puis on convie le public à une grande journée de fête ce samedi 21 mars. »

Nouvelle directrice de l’IFP depuis septembre dernier, Isabelle Guisnel explique dans quel état elle a trouvé la principale institution en République tchèque représentant la culture française et sa langue :

Isabelle Guisnel, photo: Site officiel de l'Ambassade de France à Erevan
« J’ai trouvé un institut qui a encore le panel complet de ses activités, ce qu’on ne trouve pas toujours dans d’autres capitales d’Europe centrale. Il est adossé à un public d’apprenants de français qui est quand même relativement conséquent. 43 à 45 000 apprenants de français, c’est important. Mais de plus en plus, le choix du français ne tient pas au français langue de prestige mais à une anticipation de mobilité lycéenne, étudiante ou de recherche scientifique. C’est un très bon signe et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Entre le lycée français de Prague et les sections bilingues dans le pays, on est en présence d’environ 2 000 élèves. Mais on a aussi chaque année une centaine de lycéens qui font le choix d’une année en France. Je ne vois pas ça ailleurs. Et puis nous sommes la deuxième destination Erasmus pour les étudiants tchèques et les Français fournissent le deuxième contingent Erasmus en République tchèque. Enfin, dans le cadre de la recherche-développement, il y a à peu près 600 projets européens en partenariat France-République tchèque. Je pense donc que c’est cela qui tire véritablement et indique les axes d’avenir pour l’IFP. »

Outre une médiathèque, un cinéma ou encore une galerie relativement bien fréquentés, l’IFP reste d’abord et avant tout le lieu par excellence de l’enseignement du français. Une vocation qui ne s’est jamais démentie, selon sa directrice :

Institut français de Prague (IFP), photo: Google Maps
« Le département des cours a quand même un socle historique. L’institut a été une université. Hubert Beuve-Méry et Vladimir Jankélévitch y ont enseigné. Les cours donnés à l’IFP sont tout simplement les meilleurs. Parce que c’est notre métier depuis cent ans, parce que nous n’enseignons que le français et parce que nous approfondissons continuellement la pédagogie avec les centres référents en France comme le Centre international d’études pédagogique, mais aussi avec l’ensemble des outils numériques qui sont mis à notre disposition. Et enfin parce que nous sommes très attentifs à nous soumettre régulièrement à des audits de qualité. Il y en a eu un en 2012 et je souhaite qu’il y en ait un nouveau en 2015. »

Bien que le français ne soit plus une langue étrangère prioritaire pour beaucoup de Tchèques et ne soit plus étudié aussi massivement qu’à une certaine époque en Tchécoslovaquie où son apprentissage était considéré comme une affaire de prestige, Isabelle Guisnel reste optimiste sur la place de la langue de Molière ou de Voltaire dans le pays :

« Ce qui me rend optimiste, ce sont deux choses : la qualité du français en particulier dans les sections bilingues, la qualité de nos interlocuteurs à Gallica pour les enseignants du supérieur ou à la SUF (Association des enseignants de français en République tchèque) pour les enseignants du secondaire. Et puis il y a la mobilité avec 800 étudiants tchèques qui viennent en France chaque année. Et même si tous parmi eux ne sont pas nécessairement francophones, ils viendront quand même au français. Les projets de recherche scientifique sont aussi un stimulant pour le français, une langue à laquelle on peut accéder au début de sa vie lycéenne comme plus tard. »