Situation orageuse à la Télévision tchèque

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Après la destitution du directeur de la Télévision tchèque, sur une décision du Conseil de la télévision, la situation est plus qu'orageuse au sein de ce média public, mais aussi sur la scène politique tchèque. Un sujet présenté par Alain Slivinsky.

Après avoir limogé le directeur des deux chaînes de la télévision publique, le Conseil de la télévision a lancé le plus court et le plus secret concours dans son histoire. Lundi soir, déjà, il avait choisi six candidats parmi les 33 personnes qui s'étaient présentées ! Rappelons que la Télévision tchèque, institution d'intérêt public, n'est pas financée par l'Etat. Elle vit des redevances des concessionnaires, de la publicité et d'autres activités commerciales. En tant qu'institution publique, elle est, naturellement, limitée dans la publicité et les activités commerciales. Mais revenons à la situation actuelle explosive et des plus suivies dans les médias, les milieux politiques, et l'opinion. D'après le président du Conseil de la télévision, Miroslav Mares, le choix des six candidats qui ont des chances de diriger la Télévision tchèque a été déterminé par les qualités professionnelles. Parmi eux, une seule femme, Katerina Fricova, ancienne directrice de la chaîne privée, Prima, qu'elle a réussi à sortir de l'ombre, en peu de temps. En plus de cela, elle connaît la télévision publique, y ayant travaillé pendant de longues années. Il semble que ce soit elle qui ait le plus de chances, mais n'anticipons pas. Les autres candidats sont aussi des employés expérimentés de la Télévision tchèque, sauf un, Jiri Mejstrik, ancien directeur de la chaîne privée Premiera, devenue Prima. On reproche surtout au Conseil de la télévision de vouloir politiser la nomination du directeur de cette « machine à programme », comme on surnomme souvent la télévision publique. Machine, mais aussi grosse entreprise avec un budget de 5 milliards de couronnes par an. Les deux grands partis politiques tchèques n'ont pas la même position envers cette question. Alors que les sociaux-démocrates, au pouvoir, pensent qu'il est de leur devoir se s'intéresser au problème, mais pas de l'influencer, le Parti civique démocrate, leader de l'opposition, dément toute pression sur le Conseil de la télévision. Force est de constater, pourtant, que le président de ce conseil est un membre du Parti civique démocrate. La destitution du directeur de la télévision publique tchèque, Dusan Chmelicek, a suscité le mécontentement des réalisateurs, créateurs, artistes, qui ont créé un mouvement auteur de la pétition « La TV tchèque - une affaire publique ». Ils ont protesté devant le siège de la télévision et demandé le dialogue avec les membres du Conseil de la télévision... Sans résultat. Le Conseil estime qu'il est dans son droit de nommer et de révoquer le directeur. L'affaire pourrait se radicaliser, mais le Conseil pense nommer le nouveau directeur, d'ici à la fin de l'année. Et le contribuable, ou plutôt le redevancier, celui qui fait vivre la télévision publique en grande partie, dans tout cela ? On ne lui demande pas son avis. Il paie les chaînes publiques sans qu'on lui demande son avis sur la qualité des programmes. Affaire à suivre.