Témoignage sur le sort des ouvrières nord-coréennes en République tchèque (suite)

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Retour aujourd'hui sur le problème des ouvrières nord-coréennes en RT, souvent comparées à des esclaves des temps modernes. Hier, Marie Jelinkova, étudiante en politique sociale, nous avait raconté son expérience après la visite d'une des localités où sont hébergées et travaillent des dizaines de jeunes couturières envoyées par le régime de Pyongyang.

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« Ce sont en majorité des entreprises spécialisées dans le textile, qui ne disposent pas assez de main d'oeuvre et peuvent employer des Coréennes du Nord. Il s'agit pour la plupart de petites sociétés tchèques qui emploient de 15 à 200 personnes. Mais la société qui emploie le plus de ces ouvrières nord-coréennes est la société Creata, dont le propriétaire est italien. »

La République tchèque est-elle le seul pays concerné par ce phénomène ?

« En dehors de l'UE, ce type d'emploi d'ouvriers nord-coréens est pratiqué à grande échelle en Russie où il y en a environ 10 000, mais aussi en Angola, en Arabie saoudite, en Lybie, et en Bulgarie. Des autres pays de l'UE, je sais juste que cela existe en Pologne. »

Rares ont été jusqu'à présent les déclarations faites sur le sujet par les hommes politiques tchèques. Au quotidien Respekt, le chef de la diplomatie Cyril Svoboda avait indiqué que selon lui « ces femmes peuvent ici être contaminées par des valeurs démocratiques qu'elles ramèneront dans leur pays ». Pour l'instant, l'un des seuls à avoir critiqué l'exploitation d'ouvrières nord-coréennes en RT reste Vaclav Havel. Selon l'ancien président, « cela devrait être interdit aux Coréens du nord de pouvoir faire de l'argent de cette manière pour le bien du régime de leur pays ». Mais les empêcher de le faire n'est pas une chose aisée. Marie Jelinkova à nouveau :

« Les solutions sont difficiles à trouver, parce que toutes les lois et réglementations nationales sont respectées. Il est donc juridiquement difficile de s'attaquer à ce problème. Une organisation internationale pour la liberté en Corée du nord, appelée LiNK, s'est récemment interessée au problème et a proposé de travailler avec le gouvernement tchèque pour offrir l'asile politique à ces ouvrières nord-coréennes. Mais le problème est que si certaines d'entre elles demandent l'asile politique, cela pourrait avoir des conséquences négatives pour leur famille restée en Corée du nord. »