Traitement du coronavirus : la République tchèque entend « chercher sa propre voie »

Photo illustrative: Pete Linforth/Pixabay, CC0

La République tchèque va se ranger parmi les pays qui aspirent à développer un vaccin contre le Covid-19. Bien que plusieurs dizaines d’autres projets soient déjà plus avancés ailleurs dans le monde, le travail qui sera mené vise à permettre à la République tchèque d’être plus indépendante dans la perspective d’une nouvelle épidémie. Trois instituts participeront à cette recherche.

Adam Vojtěch, photo: ČTK/Michal Krumphanzl
La République tchèque et les trois autres pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne et Slovaquie – V4) se sont engagés lundi à participer ensemble, à hauteur de trois millions d'euros, au financement de la recherche et du développement d’un vaccin contre le Covid-19, lors d'une conférence mondiale de donateurs en ligne qui était organisée par la Commission européenne. Si le Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, qui représentait le V4 à cette conférence, s'est dit « très fier » de cet engagement, la somme promise sera toutefois moins importante que celle qui sera consacrée aux mêmes fins à l’échelle nationale.

« La République tchèque a entamé la préparation d’un vaccin contre la maladie Covid-19, a confirmé, lundi, le ministre de la Santé, Adam Vojtěch. Nous sommes confrontés à une pandémie comme le monde moderne n’en a pas connue et de nombreux pays aspirent à développer un vaccin. Je suis heureux que la République tchèque figure dans le peloton de ces pays. Il n’existe actuellement pas de traitement spécifique et c’est pourquoi les yeux de tous sont tournés sur le développement d’un vaccin. L’évolution de la maladie peut être tel qu’une deuxième et peut-être même une trosième vague nous attendent et il convient d’être prêts. »

Věra Adámková, photo: ČTK/Michal Krumphanzl
Placée sous l’aile du ministère, le projet est mené par l’Institut national pour la santé (SZÚ) en coopération avec l’Institut de médecine clinique et expérimentale (IKEM) et l’Institut d’hématologie et de transfusion sanguine (ÚHKT). Tous jouissent d’une excellente réputation à l’international. Ces recherches ont été précédées d’une étude de faisabilité entamée dès la fin du mois de février, avant même donc l’apparition du premier cas de contamination en République tchèque. « Toutes les parties intéressées ont travaillé pendant leur temps libre et gratuitement, cela n’a donc pour l’instant rien coûté à la République tchèque, a précisé la professeure et députée Věra Adámková, responsable de l’équipe de recherches et du département de cardiologie préventive à IKEM. La première phase consiste en un travail de laboratoire, qui sera suivi d’un processus d’évaluation clinique où nous prévoyons toutes les phases de recherche. »

Le ministre a indiqué que les équipes tchèques disposaient désormais de « suffisamment d’informations et d’expériences pour se lancer dans un travail aussi ambitieux », tandis que Věra Adámková a constaté qu’il existe dans les milieux scientifiques « un tel embargo sur les connaissances qu’il est nécessaire de chercher notre propre voie ». Bien que le travail soit quand même mené en coopération avec d’autres pays, la chef de ce projet tchèque estime que la demande d’un éventuel médicament contre le Covid-19 sera si importante qu’il est « important de disposer de son propre vaccin. »

Photo illustrative: Pete Linforth/Pixabay, CC0
Adam Vojtěch affirme qu’il s’agit effectivement d’une question d’autosuffisance et de prévoyance. « Si un vaccin est mis au point avant (nous), la question se pose de savoir dans quelle mesure il sera disponible et pour quels pays. On peut légitimement douter du fait qu’une société étrangère accepte de satisfaire la demande tchèque », et ce alors que quelque quatre-vingt projets de recherches sont menés en Europe, aux Etats-Unis et en Asie.

Avant cela, dimanche, le vice-ministre de la Santé et épidémiologiste Roman Prymula, une des principales figures de la lutte contre la propagation du coronavirus en République tchèque depuis un peu plus de deux mois, avait annoncé qu’aucun essai clinique n’avait encore été lancé et que d’éventuels tests sur des humains réclameraient plus de dix-huit mois, soit la durée nécessaire selon lui pour déterminer les éventuels effets indésirables.

Par ailleurs, indépendamment de ces recherches en cours, certains des vaccins qui seront développés ailleurs dans le monde, devraient être testés également en République tchèque.