Trois générations de droits humains : retour sur le parcours du juriste tchéco-français Karel Vašák
Né en Tchécoslovaquie en 1929, Karel Vašák a émigré après le coup de Prague en France où il est devenu un juriste spécialisé dans les droits de l'Homme. Dix ans après sa mort et son inhumation dans son pays d'adoption, l'un de ses concepts sur trois générations différentes de droits humains reste une référence en la matière. Trois de ses six enfants (qui portent tous la version francisée - Vasak - du patronyme tchèque) travaillent dans les médias en France et son fils Vladimir, grand reporter à Arte, a bien voulu retracer avec nous le parcours de cet homme, de sa Vysočina natale à l'Alsace en passant par Dijon et Paris.
Extraits de cet entretien à écouter dans son intégralité en appuyant sur Lecture.
Vladimir Vasak : « Mon père Karel Vašák est né dans un petit village qui s’appelle Lhotice, la famille est originaire de la région de Humpolec, Havlíčkův Brod et Jihlava. »
Dans le centre du pays, la région de Vysočina
« Oui, la Vysočina, les plateaux tchéco-moraves. On a compris que c’était une région assez rude. Il était l’aîné d’une famille de quatre enfants, et était plutôt très bon élève, avec un père instituteur dont il a hérité le prénom, Karel, parce que c’est la tradition dans la famille : on donne le prénom du père à l’aîné des garçons - mon frère aîné s’appelle donc aussi Karel. »
« Après l’indépendance en 1918, c’est une période où globalement, il y avait une dynamique à la fois démocratique, économique et intellectuelle, et il est né dans cet environnement-là, le 26 juin 1929. »
À quel moment se fait son premier contact avec la France et le français ?
« Je pense que le premier contact avec la France remonte quasiment au berceau. Il ne faut pas oublier que dans cette période-là, la France était quand même le pays de référence. Ce qui fait que notre père nous a toujours raconté qu’ils avaient vécu en 1938 la conférence de Munich comme une trahison de la France, une trahison incompréhensible. Mais le pays de référence, c’était quand même la France. La culture, c’était la France. Il fallait aller en France, il fallait parler français. En revanche, sa connaissance du français date d’après son arrivée en France après la guerre. Mais si j’ai bien compris, dans la famille, il y a toujours eu cette appétence pour ce qui était français. Et c’est dans ce cadre-là qu’il a intégré ce programme qui permettait aux meilleurs élèves de la Tchécoslovaquie d’aller passer leur baccalauréat en France. Ce programme a été suspendu pendant la guerre, mais il a repris après-guerre. Et c’est là que mon père a pu en profiter. »
Alors, direction Dijon ?
« Dijon, effectivement, et le lycée Carnot à Dijon. Il en parlait toujours avec des trémolos dans la voix. Et on a aussi compris que ce lycée Carnot à Dijon a été un vivier à la fois pour la Tchécoslovaquie, mais aussi globalement pour des gens qui étaient libres d’esprit et qui ont eu des carrières intéressantes. Il est arrivé là en 1946, juste après la guerre, pour passer son baccalauréat. Et puis après, en février 1948, les communistes prennent le pouvoir en Tchécoslovaquie. Et c’est là qu’il prend la décision, finalement, de ne pas revenir. »
« Si tu trouves une solution pour repartir, fais-le et ne reviens pas »
Il n’a pas encore 20 ans au moment du coup de Prague et il prend cette décision dont vous parlez - rester en France. Comment ça se passe à ce moment-là pour lui ?
« De ce que je sais, en juin 1948, il passe son baccalauréat. Il le réussit en France, en langue française. Il a appris le français très vite. Ça, c’est assez impressionnant, avec des ouvrages classiques, du Corneille qui était dans la cave de notre grand-mère en Bohême, ce genre de choses. Et puis, il revient pour l’été en Tchécoslovaquie et son père lui dit : ‘ça va mal tourner. Si tu trouves une solution pour repartir, fais-le et ne reviens pas’. Et donc, c’est cette décision assez radicale qui a été prise. Je pense aussi que c’était peut-être plus facile parce que c’était l’aîné des garçons et qu’ils investissaient sur lui pour un parcours un peu différent. Mais voilà, c’était une décision assez délicate et ils l’ont prise pendant l’été 48. »
Est-ce qu’il prend directement la direction de Strasbourg ou Paris d'abord ? Comment ça se passe ?
« Là, je sais qu’il a fait des petits métiers dont il parlait, avec une certaine fierté. Il a fait souffleur de verre pour gagner de l’argent. Il a fait surveillant dans des collèges, dans des établissements privés. Je pense qu’il a été surveillant aussi à Dijon. Et après, il y a eu la fac, effectivement, de l’université à Strasbourg. Et puis, dès qu’il a pu, ça a été Paris. Je pense que la fac, au début, il l’a faite à Dijon. Et qu’en faisant du droit à Dijon, il avait aussi décidé de faire, parce qu’il avait peur de s’ennuyer à un moment, un diplôme d’œnologie et il était très fier de ce diplôme. »
Les Tchèques ne sont pas réputés pour rester groupés en diaspora à l’étranger. Avait-il cependant des contacts avec d’autres Tchécoslovaques à l’époque ?
« Moi, j’ai l’impression… C’est assez étonnant que vous dites qu’ils n’ont pas la réputation de vivre en diaspora. Et effectivement, je ne suis pas né dans un milieu de la diaspora tchécoslovaque, dans une communauté en exil pour des raisons politiques. Et donc, je n’ai jamais vu beaucoup de Tchèques comme lui en exil qui étaient en France. Je pense avoir compris que son parcours était très individuel et très individualiste, en quelque sorte. Il s’est battu. Vraiment, ça, c’est sûr qu’il s’est battu pour arriver là où il est arrivé. Pour lui, il y avait cette ferme volonté de s’intégrer dans la société française. Et c’est aussi parce qu’il voulait s’intégrer dans la société française, d’ailleurs, que nous, les six enfants, n’avons pas appris le tchèque dans notre jeunesse.
Mais les six enfants ont des prénoms à consonance tchèque - ou slave en tout cas…
« Oui, les six enfants ont tous des prénoms slaves. Moi, je m’appelle Vladimir, mais officiellement, ce n’était pas si simple. Je suis né en 1964 et à l’époque, l’État civil français a refusé Vladimir. Donc, mon premier prénom officiel est Paul. Les prénoms slaves, c’était un choix assez audacieux, assez courageux de la part de notre père et de notre mère, surtout, parce que ce n’était pas gagné pour elle d’accepter ces prénoms-là. »
Votre maman française...
« Maman française, née dans une famille de résistants. Son père était avocat à Paris. C’était une famille beaucoup plus bourgeoise. Avocat à Paris, qui avait été déporté à Buchenwald pour faits de résistance, très pro-européen. La construction européenne, c’est quelque chose que les deux - mon père et ma mère - avaient chevillé au corps quand ils se sont rencontrés dans les années 1950. D’ailleurs, ils se sont rencontrés à La Haye, aux Pays-Bas, au cours d’une formation à la Cour internationale de justice. »
Victime de l'Opération Boléro-Paprika
Et donc, à votre connaissance, pas vraiment de contacts, que ce soit avec la dissidence en France, autour de Pavel Tigrid et tout ce monde, et non plus du côté des services de la Tchécoslovaquie communiste, la StB, suivi ou surveillé par quelques agents placés en France ?
« Alors, certainement suivi et surveillé par la StB, ça, c’est évident. Ils ont fait leur travail. Il y a eu une période aussi, un moment un peu délicat, où il s’est retrouvé accusé d’être un espion à la solde du régime communiste. C’était une opération policière française qui s’appelait Boléro-Paprika. C’est presque un peu comique aujourd’hui. Mais il a été accusé. Il a même été déporté en Algérie pour ça. Et puis, il a réussi à prouver son innocence. Donc, il est revenu… »
Déporté en Algérie ? En quelle année ?
« Oui, je pense que ça devait être au début des années 1950, quelque chose comme ça. Il faudrait que je vérifie ça. Mais c’est une histoire, celle de cette opération Boléro-Paprika, qu’il faudra que quelqu’un raconte un jour. Ils ont cherché des communistes un peu partout. Ils ont appelé ça l’opération Boléro-Paprika. Cela pourrait presque être un film comique des années 1950 avec des policiers français qui vont chercher des espions un peu partout dans la société française et qui appellent leur opération Boléro-Paprika. C’est un peu bizarre. En tous les cas, les relations avec la communauté tchèque en exil, moi, je n’ai jamais senti ça dans l’univers familial. Donc, je ne sais pas. La présence de la StB... Oui, certainement, mais ils faisaient leur travail. Donc, on ne voyait pas les agents. »
Avez-vous vu son dossier quelque part ?
« Je ne l’ai pas vu, mais il y a une nièce qui a eu accès, je crois, à son dossier. Mais c’est encore une histoire qui serait à raconter, ce genre de parcours. Ce qui est assez étonnant aussi, c’est qu’à la fin des années 1950, il était étudiant à Strasbourg et il a intégré un établissement, le Collège de l’Europe libre, qui était une institution créée à Strasbourg pour former les élites intellectuelles des pays communistes pour qu’ils soient prêts à reprendre le pouvoir une fois que les pays se sont libérés. Et qui était derrière cette institution ? C’était clairement la CIA américaine. Donc, il va, à un moment, suivre des cours dans ce cursus, mais il disait que ce n’était pas sérieux. Mais en tous les cas, ça fait aussi partie des histoires de la guerre froide assez étonnantes où il y a des Tchèques qui sont dans le coup. »
« Et d’ailleurs, je signale qu’avec mon frère Jan Vasak, qui est producteur - on est trois dans les médias dans la famille - , on a réalisé un documentaire qui va être diffusé au mois de mai sur France 3 sur la guerre froide en Alsace. Les services secrets tchécoslovaques ont été très actifs dans cette région de Strasbourg. Il y a notamment l’histoire de l’assassinat de la femme du préfet du Bas-Rhin, l’attentat à la boîte à cigares. Tout ça, ce sont des histoires encore à raconter aujourd’hui. D’ailleurs, je pense que du côté de la Tchéquie, il y a davantage de travail qui est fait dans les archives parce que, le pays étant le premier concerné, je pense qu’il y a un travail qui est fait par pas mal d’historiens pour essayer de raconter cette Guerre froide. »
1968 et l'invasion de la Tchécoslovaquie : « La seule fois que je vois mon père pleurer »
En 1968, vous souvenez-vous de la réaction de votre père après l’invasion de la Tchécoslovaquie ?
« Oui, je me souviens très bien de ce matin-là, malheureusement, puisque je crois que c’est peut-être la seule fois où j’ai vu mon père pleurer. J’ai le souvenir d’un enfant, j’avais 4 ans, je vois mon père pleurer, assis sur son lit, en train de se prendre la tête dans les mains et pleurer. C’est vraiment... À 5 ans, je ne comprends pas ce qui se passe, mais je vois qu’il se passe quelque chose d’un peu particulier. Donc oui, c’est une histoire assez dramatique. Et après, en fait, il y a une forme de normalisation et en même temps, il y a toujours eu chez lui l’idée de ‘je veux oublier la Tchécoslovaquie’. Nous étions nés français et nous sommes devenus des bons petits-enfants de la République française. »
Et il ne vous parlait pas tchèque du tout ?
« Il ne nous parlait pas tchèque, notre mère nous parlait français et lui était un peu comme les hommes de cette génération, pas très présents, toujours au boulot. Ce qui fait qu’au quotidien, c’était la mère qui assurait la transmission. »
Aviez-vous des contacts avec vos grands-parents ou avec le reste de la famille restée en Tchécoslovaquie ?
« Oui. Les contacts avec les grands-parents, c’était paradoxal parce qu’on ne parlait pas la même langue. Et donc moi, j’ai un très fort souvenir de grands-parents à qui je ne pouvais pas parler parce que je ne savais pas comment leur parler. Ils parlaient à peine un peu allemand. Moi, je n’ai pas fait d’allemand à l’école. Notre tante Eva, qui vivait à Havlíčkův Brod, parlait un peu allemand, mais c’était un allemand qu’elle avait appris pendant l’occupation, pendant la guerre... »
Quand est-ce que votre père a pu retourner pour la première fois au pays ?
« Il a pu retourner pour la première fois en Tchécoslovaquie en 1978 à la faveur d’un visa diplomatique qu’il avait puisqu’il était fonctionnaire international à l’UNESCO. Et l’UNESCO l’avait envoyé pour participer à une conférence, je ne sais plus sur quel thème, à Prague. Ce voyage de 1978 est très important dans l’histoire de la famille puisqu’on fait le voyage, je crois que tous les enfants étaient là, six, et on était partis à deux voitures. On se retrouve à partir au mois de décembre vers la Tchécoslovaquie, ce pays qu’on ne connaissait pas. Et moi, je me souviens très bien du passage de la frontière. C’est un moment qu’on n’oublie pas. On n’oublie pas cette image des miradors, des chapkas, des kalachnikovs, du froid. Enfin, là encore, il y a un côté un peu film dans cette histoire. Il fait donc pour la première fois le voyage en 1978. Et là, il revoit ses parents… »
Votre père devient en 1969 le premier secrétaire général de l’histoire d’un nouvel institut qui s’appelle l’Institut international des droits de l’homme. Est-ce que ça a été un moment important dans sa carrière ?
« Derrière l’histoire de l’Institut international des droits de l’homme, il y a une rencontre avec René Cassin, prix Nobel de la paix en 1968, qui était en fait quelqu’un qui avait des contacts avec la famille de notre mère, si j’ai bien compris, et dont il devient très vite assez complice. En 1968, quand René Cassin obtient le prix Nobel de la paix, il consacre l’argent de ce prix Nobel à la création de cet Institut international des droits de l’homme, ici à Strasbourg. Et c’était une période assez dynamique, assez foisonnante et assez audacieuse, puisqu’ils avaient tout de suite décidé de créer quelque chose d’assez étonnant : un festival international du film des droits de l’homme. Et ce festival des droits de l’homme, ici à Strasbourg, c’était assez fort. C’était quelque chose qui rassemblait de plus en plus de monde. Malheureusement, ça s’est arrêté parce qu’il est parti en 1977 à l’UNESCO à Paris. Mais c’était une belle histoire, ce festival.
Les trois générations de droits de l'Homme
Alors, il est parti à l’UNESCO, mais est resté dans ce domaine des droits humains, évidemment. Et il a élaboré des théories sur les droits de l’homme qui sont encore citées aujourd’hui. C’est d’ailleurs, je pense, en raison de ça, que je suis tombé plusieurs fois sur son nom, avec notamment une théorie sur « les trois générations de droits humains », encore citée aujourd’hui, parfois contestée aussi par les experts en droits de l’homme. Une théorie citée également par les environnementalistes ou les juristes spécialistes de l’environnement, citant Karel Vasak en tant que précurseur avec la troisième génération des droits humains liée aux droits environnementaux. Donc son nom est encore cité aujourd’hui et puis la Fondation des Amis de René Cassin avait également créé un prix pour les mémoires qui portait le nom de votre père, le prix Karel Vasak...
« Oui, la Fondation René Cassin existe ici à Strasbourg. Et effectivement, j’avais participé à la remise de ce premier prix il y a quelques années. Alors, cette idée de la troisième génération des droits de l’homme, c’était effectivement assez audacieux. Ce qui était aussi audacieux, c’est qu’il savait communiquer. Il était juriste mais n’était pas un rat de bibliothèque qui s’enfermait dans ses livres. Il était assez flamboyant et plutôt beau-parleur. Et donc, il avait compris qu’il fallait aussi médiatiser, qu’il fallait trouver les outils. C’est aussi pour ça qu’ils avaient créé ce festival du film des droits de l’homme. »
« La troisième génération des droits de l’homme, ce qui est assez génial, c’est que c’est assez simple. C’est-à-dire qu’on explique qu’il y a une première génération de droits humains qui sont des libertés de 1789, héritées de la Révolution française. Et puis, pour faire court, après la Deuxième Guerre mondiale, il y a l’apparition des droits sociaux. Et ensuite, il y a une troisième génération des droits de l’homme, dont, notamment, ce dont on ne parlait jamais à l’époque, le droit à l’environnement. Et ça, c’est effectivement quelque chose de particulièrement précurseur. Et si, au moins, il pouvait rester cela dans l’histoire, dans son legs intellectuel, eh bien, ce serait déjà pas mal. Il a mis une forme d’étiquette sur sa théorie, qui est une théorie très universitaire, mais il a aussi su communiquer là-dessus. »
La citoyenneté tchèque et la concession au Père-Lachaise
Où est votre père en 1989 ?
« Il se trouve qu’en novembre 1989, mes parents étaient en Tchécoslovaquie. Donc, quelque part, ils étaient un peu au cœur des événements, par hasard, parce que le régime s’était un peu assoupli déjà. Avant la chute du mur, ça a commencé à bouger et ils avaient obtenu le visa pour aller faire un voyage familial en Tchécoslovaquie. »
Voilà de l’eau au moulin de tous les conspirationnistes en herbe, puisque vous parliez d’un institut fondé par la CIA et qu’il est là en novembre 1989, par hasard, à Prague !
« Oui ! Même si je pense que l’histoire du Collège d’Europe à Strasbourg avec la CIA, c’est déjà une vieille histoire complètement passée. Je pense que là, on en est très, très loin. »
Et alors, ils sont sur place et dans les manifestations ?
« Pas dans les manifestations, ils sont plutôt dans la famille, du côté de Humpolec. Et moi, j’étais étudiant à Florence, en Italie. J’avais pris ma voiture comme pas mal d’étudiants. On avait dit, allez, il faut aller à l’Est, il faut aller... Beaucoup de gens sont allés à Berlin à ce moment-là. Donc, moi, j’ai fait le voyage à Prague avec des amis. On était quatre dans ma voiture. On était allés jusqu’à Prague en novembre 1989, un peu comme ça, sur un coup de tête, sans visa, sans rien. Et on avait passé la frontière. Il y avait des affiches partout. On sentait que ça bougeait. Mais j’étais arrivé entre deux vagues de grandes manifestations. Je suis très content d’avoir fait ce voyage-là. À ce moment-là, je revois la statue de la place Wenceslas avec tous les messages pour Jan Palach et tout ça, c’était un beau moment. Il ne faut pas oublier que quelques années plus tôt, mon père n’avait pas obtenu le visa tchécoslovaque pour aller aux obsèques de son père. C’était quand même particulièrement violent. »
Votre père a-t-il récupéré la citoyenneté tchécoslovaque après la révolution de Velours ?
« Oui, il est redevenu tchèque, de mémoire à peu près dans les années 2000. Et c’était à la fois un message un peu symbolique, mais c’était aussi, pour être très terre-à-terre, parce qu’il avait décidé d’acheter un petit appartement à Prague. Je l’avais aidé à ce moment-là. Et c’était avant l’adhésion à l’Union européenne donc il était beaucoup plus simple d’acheter en étant tchèque. »
Il est mort le 1er mai 2015 et a été enterré il y a donc 10 ans au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Est-ce que la question s’est posée de l’enterrer dans son pays natal ou non ?
« En fait, notre mère, qui était très française et très parisienne, aimait beaucoup Paris. Elle avait réussi, un peu dans le dos de son mari, à obtenir une concession au Père Lachaise. Elle est décédée, elle, le 31 juillet 2014. Et donc, c’était pour nous évident de l’enterrer au Père-Lachaise. C’était son choix. Et notre père décédant 10 mois après, on l’a mis avec son épouse. Donc, les deux se retrouvent au Père Lachaise. Moi, ça m’amuse plutôt de penser que c’était un peu un pied de nez de la Française qui dit, 'je pars d’abord, donc c’est toi qui vas me suivre et ce n’est pas moi qui vais te suivre'. »






