Un audit dans six ministères révèle des dysfonctionnements pour 590 millions d'euros

Andrej Babiš et Lukáš Wagenknecht, photo: ČTK

Les résultats de l’audit demandé rapidement après la prise de fonction du gouvernement de Bohuslav Sobotka au début de l’année par le ministre des Finances Andrej Babiš ont été dévoilés ce jeudi. Réalisé dans les six ministères dont ont la responsabilité des membres de son mouvement ANO, il révèle un certain nombre d’irrégularités qui aurait fait perdre à l’Etat tchèque plusieurs millions d’euros chaque année.

Andrej Babiš et Lukáš Wagenknecht, photo: ČTK
Andrej Babiš, homme d’affaires milliardaire dans le domaine de l’agroalimentaire, a toujours annoncé sa volonté de conduire les affaires de l’Etat « comme on gère une entreprise », d’où cet audit mené à bien dans son ministère des Finances, mais aussi au Développement régional, aux Transports, à la Justice, à l’Environnement et à la Défense. Un audit qui révèle que, par le passé, de nombreux contrats passés par ces différents portefeuilles ont causé un préjudice au budget de l’Etat, un préjudice évalué à 16 milliards de couronnes (590 millions d'euros).

En conférence de presse jeudi, Lukáš Wagenknecht, l'adjoint du ministre des Finances, a ainsi fait état de nombreux dysfonctionnements. Des contrats publics ont par exemple été signés à des prix inférieurs à ceux du marché. D’autres l’ont été avec des entreprises placées en liquidation judiciaire ou ne dénombrant aucun employé.

Tandis que le ministère de la Défense a dépensé 400 000 couronnes (environ 14 500 euros) pour renouveler son parc de voitures Škoda Octavia, le ministère de l’Environnement a fait l’acquisition des mêmes véhicules, sensiblement à la même période, pour un coût de 600 000 couronnes par engin (près de 21 800 euros). M. Babiš s’est dit choqué que dans son ministère, où sont employées 1500 personnes, il y avait aussi 1500 imprimantes et qu’une centaine d’ordinateurs parfaitement fonctionnels prenaient la poussière dans les sous-sols du bâtiment.

Pour Lukáš Wagenknecht, il serait possible de réaliser jusqu'à 227 millions de couronnes d'économies (environ 8,3 millions d'euros) chaque année en corrigeant les erreurs relevées.